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 Le journal d'expédition

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Hadrios



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MessageSujet: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeJeu 17 Aoû - 20:22

Journal d'Expédition

L'expédition en terres de feu est une aventure risquée pour ceux qui la vivent, justifiant d'autant plus l'écriture de mémoires permettant de retracer les évènements et d'en garder des traces pour les générations futures.

HRP : Le journal est semi-rp, en ce sens où les rapports des uns et des autres ne sont pas compilés dans un seul livre (sauf si ça vient à changer par la suite). Cette partie sert surtout à rassembler les résumés de partie sous forme narrative.
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Poulpatine
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Poulpatine

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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMer 23 Aoû - 18:30

[Prequel] Le sabotage
par Nerguï

Le 05/03/817

Cellini s’est encore pris une tentative d’assassinat, je ne vais même pas feindre la surprise cette fois. Il avait organisé une réception avec la plupart des « spécialistes » qui ont été retenus pour embarquer avec l’expédition, pour marquer le coup et expliquer le topo selon lui, mais surtout pour bien se montrer en tant qu’armateur en chef de l’expédition je pense … Crétin prévisible ... L’assassin, une fille déguisée en bouffon, le look des gens du coin me laisse toujours aussi perplexe, est passé par les balcons et a essayé de lui tirer une fléchette empoisonnée que j’ai dévié avec un sort de vent mineur. Elle a essayé de fuir par les toits mais c’était inutile, et à l’aide de quelques sorts j’ai pu facilement la rattraper et la mettre à terre. Il y avait un autre type aussi, un elfe noble si les rumeurs concernant la couleur de leurs cheveux sont fondées, ça aussi c’est particulier comme concept, qui était juste derrière moi et qui l’a maîtrisée une fois qu’elle était au sol, je n’ai pas retenu son nom. On pourra noter aussi la grande inefficacité des gardes du baron, qui pourtant sont sensé avoir une certaine habitude des pratiques d’assassinat de la Sérénissime ; peu importe au final, leur incompétence me permet de faire valoir encore davantage mon talent. La tueuse ainsi capturée, moi et l’elfe sommes retournés nous enquérir de la santé du baron pendant que les gardes sauvaient les apparences, ou pas, en emmenant la prisonnière en cellule. Ce dernier allait bien, a priori mon sort l’a protégé efficacement puisqu’il a dévié le projectile empoisonné sur un serviteur qui passait à côté. Il est mort. Peu importe. Cellini nous a remercié, sans blague, et nous a invité à le suivre pour interroger la fille. Peine perdue, cette dernière à la langue coupée, pratique n’est-ce pas ?

Le baron nous a aussi parlé d’une infestation particulièrement importante de rats dans les navires, suffisamment importante pour suggérer une origine non-naturelle, et nous a demandé à moi et à l’elfe de nous en occuper. Pourquoi pas, ça me changera des séances de spiritisme. On s’est rendu sur les bateaux, il y régnait une odeur pestilentielle qui s’intensifiait à mesure que l’on s’enfonçait dans le navire. C’est à fond de cale et avec l’aide d’un sort de Détection de la magie qu’on a trouvé le problème et effectivement, il y avait des rats, BEAUCOUP de rats. À croire que ces derniers avaient décidé de fonder Ratopolis au fond de la cale du bâtiment. Les rats semblaient amassés autour d’un objet dégageant une légère aura magique, un tissu imbibé d’une décoction alchimique à priori. À l’aide d’un sort j’ai pu faire léviter le tissu et l’amener lentement jusqu’à nous. Et là, c’est le drame. Panique à Ratopolis. Les vermines se sont agitées et même si l’elfe a tant bien que mal essayé de les tenir en respect, leur agressivité nous a obligé à opérer une rapide retraite tactique. Arrivé sur le pont, j’ai utilisé ma Main du mage pour tenir le tissu éloigné au-dessus de la mer et les rats ont quitté le navire pour suivre le mouchoir magique. Après examen, du tissu ce dernier était empreint de deux substances, la première étant une sorte de produit légèrement magique provoquant un phénomène d’attraction surnaturelle sur les rats du coin et la seconde étant le produit à l’odeur pestilentielle sensée à priori cacher l’odeur de la première décoction. Nous avons également repéré sur place des traces d’un produit noir et huileux que l’elfe avait déjà remarqué tachant les vêtements de l’assassin. Nous avons réitéré l’opération sur chacun des autres navires et j’ai demandé aux gardes et serviteurs de nettoyer complètement les bateaux afin de s’assurer qu’il ne reste aucune trace des vermines. Nous sommes retournés faire un rapport auprès du baron qui nous a félicités et a insisté pour que nous poursuivions l’enquête au lendemain.

Dès le lendemain nous nous sommes présentés à l’académie de Trotolla armés d’une lettre de recommandation du baron, de notre mouchoir magique et des traces huileuses des vêtements de l’assassin. Demandant à voir des experts, nous avons fait analyser les différentes substances. La décoction devait prendre du temps pour être analysée mais on a pu nous dire rapidement à quoi correspondait les traces noires. Il semblerait que ce soit un produit utilisé par les ingénieurs des dirigeables et on nous a donc aiguillé dans leur direction pour de plus amples renseignements. On s’est donc rendu sur place. On a rencontré là-bas un ingénieur relativement antipathique que j’ai longuement interrogé au sujet de cette huile pendant que l’elfe, je n’arrive vraiment pas à me souvenir de son nom c’est frustrant, a pris en chasse un type louche qui semblait nous suivre et nous espionner. La substance noire est une sorte d’huile utilisé dans la fabrication et l’entretien des moteurs des dirigeables, c’est un produit rare et difficile à obtenir sans les bonnes connexions. L’ingénieur m’a ainsi remis une liste des différentes personnes ayant les compétences pour obtenir ce genre de produit et en qui il n’avait pas une totale confiance. Quand à mon collègue, il a semble-t-il rattrapé l’espion qui lui a révélé le nom d’un contremaître des dirigeables qui aurait trainé près des docks et qui serait donc potentiellement suspect. Après recoupement des informations, on s’est rendu compte, ô surprise, que le type nommé par l’espion était sur la liste de l’ingénieur. Ne perdant pas de temps on a demandé à l’ingénieur de préparer une équipe pour inspecter les moteurs du dirigeable pour éviter une tentative de sabotage qui pourrait s’avérer désastreuse. Quant à nous, nous sommes partis en avant pour appréhender le type au plus vite.

On l’a retrouvé, comme par hasard, près des salles des machines du dirigeable, déguisé lui aussi en espèce de bouffon avec un masque étrange … Faudra vraiment qu’on m’explique ce délire sur les bouffons assassins un jour … Le type a complètement admis qu’il faisait partie d’une guilde d’assassins et qu’il avait été engagé pour tuer les têtes de l’expédition, et que selon lui, saboter l’appareil était un moyen comme un autre d’y parvenir. Il a essayé de nous soudoyer pour que nous fassions le travail à sa place, et si l’idée était intéressante, l’elfe n’était pas franchement chaud. Mieux vaut pas risquer de griller sa couverture sur un truc comme ça. Je pourrais avoir besoin de lui là-bas peut-être. On a donc refusé son offre et un combat s’en est suivi. Ok, si jusqu’à présent j’avais des doutes sur l’utilisé de l’elfe, qui n’est même pas mage au passage, là je n’en ai plus. Il a proprement découpé l’assassin. Ce dernier avait quelques tours dans son sac, notamment une fiole d’acide volatil qu’il a utilisé pour nous menacer et j’ai été blessé mais il semblerait que cet elfe ait des capacités de guérisseur car à peine il m’avait touché que j’étais guéri, un truc en rapport avec une pomme de pin qu’il trimballe de partout. On est finalement sorti du dirigeable un peu avant que les ingénieurs arrivent pour l’inspecter et le réparer, et on est allé faire notre rapport au baron Cellini. Ce dernier a été impressionné et nous a chaleureusement remercié, nous offrant même une place sur le dirigeable au lieu de devoir rester sur le bateau, honnêtement je ne vais pas m’en plaindre vu ce qu’on a trouvé sur ces navires. Une fois l’elfe parti, j’en ai profité pour asseoir un peu plus mon influence sur le baron en lui offrant un « talisman » protecteur et en disant que je demanderai aux esprits de veiller sur lui. Il est con, mais je serai encore plus con de ne pas en profiter. Je n’en tirerai peut-être aucun profit mais sait-on jamais.
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kashal



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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMer 6 Sep - 12:25

Un nouveau départ


par Roderich Trödelmaus


02/03/817 : Mon employeur du moment a évoqué qu'il participe au financement d'une expédition prochaine pour les Terres de Feu. De ce que j'ai pu en comprendre, il s'agit là d'une occasion qui ne se représentera pas avant plusieurs années au mieux. J'ai réussi à le convaincre de me pistonner.

15/03/817 : Grâce à mon contact, j'ai pu faire reconnaître mes compétences et je ferais la traversée dans un des zeppelins plutôt qu'en bateau. Evidemment, je n'ai pas pu disposer d'une cabine personnelle. Je me suis donc retrouvé logé avec 3 autres "étrangers", ce qui semble être la seule caractéristique nous réunissant. Nous avons un elfe, paladin vénérant l'Etranger (dieu du voyage, des étrangers au sens de paria), Nerguï et Nico (dont le nom complet est imprononçable). Je n'ai pas vraiment retenu leur occupations, mais j'imagine que s'ils sont dans cette cabine, ils doivent être au moins aussi compétents que moi. Ou pistonnés. Le voyage devrait durer 2 mois et demi, on aura le temps de faire connaissance. Le capitaine de notre vaisseau, Meneo Piccione, est fort sympathique. Il a l'air d'avoir une certaine passion pour la boisson, comme tant d'autres militaires.

21/03/817 : Nous avons été conviés à une réunion par le chef de l'expédition, le commodore Averardo Del Santo, qui a également le titre de Conquistador. Un type réputé pour ses expéditions "glorieuses" et sa dureté. Malheureusement nous n'étions que sur le zeppelin de moindre qualité, et devons donc opérer une traversée en plein ciel pour rejoindre l'autre zeppelin. Expérience que je ne souhaite pas renouveler si nécessaire. Le chef officiel de l’expédition est un gamin qui est apparemment un baron de la famille di Cellini. Je doute qu'il soit très chanceux pour se retrouver ici dans cette position, j’espère que sa poisse ne se reflétera pas sur l’expédition. On nous a demandé de conseiller une destination finale dans les terres de feu parmi 3 potentielle. J'ai été surpris de voir Nerguï s'adresser comme il l'a fait au baron. C'était du léchage de bottes de qualité, on en voit rarement accompli avec une tel ferveur.

20/04/817 : Nous faisons escale sur l’île de Qarqat. Jamais je n'aurai pensé que la terre ferme pourrait autant manquer à un homme. Je suis encore une fois bien content de ne pas voyager sur les bateaux.

28/05/817 : J'écris ces lignes alors que le zeppelin pique du nez dangereusement vers le sol. Nous avons subi une attaque et n'allons pas tarder à nous écraser. Une sorte de gaz à endormi l'équipage, puis nous avons subi un bombardement. Des lignes sont raturés de manière à les rendre illisibles Au final nous nous sommes écrasés avec fracas. Le zeppelin est détruit, et une partie du matériel sans doute. Heureusement, nous avions stocké des réserves de nourriture dans mon sac sans fond. Plusieurs morts, personne d'importants à priori. J'ai subi l’atterrissage sans blessures. Iovys me sourit !
Après s'être réuni, le capitaine nous envoie à la recherche des survivants de l'autre zeppelin.
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Verbose



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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMar 10 Oct - 22:49

Le Baron retrouvé
par Nico/Iclōocatl


Le 02/06/817

Cher et estimé Grimald,

Je t’écris moins que je m’écris à moi-même, tant il me semble improbable que tu reçoives cette lettre, si même je me décide à l’envoyer.  J’ai vu Roderich écrire dans un calepin, l’autre jour.  Par certains côtés, il te ressemble…  Je me souviens que toi aussi, tu tenais un journal.  Par une activité régulière d’écriture, m’as-tu dit un jour, tu maintenais un esprit clair et ordonné.  Tu as toujours aimé l’ordre, n’est-ce pas ?  Les angles nets, les alignements bien rangés, les justes proportions.  Sur ce point, nous divergions, à l’évidence.  Et pourtant, aujourd’hui…  j’aurais bien besoin de les ranger, mes idées.  Et voilà donc que moi aussi je me mets à écrire.  À t’écrire, toi, Grimald, qui de tous mes guides fus le seul véritablement et entièrement bienveillant, et qui demeures mon seul ancrage par-delà les mers.  J’espère que tu vas bien.  

Je n’ai jamais été aussi libre qu’aujourd’hui.  Que cette liberté soit le fruit d’une condamnation me donne la satisfaction amère et douce que seule peut l’ironie.  Dans la pyramide, puis sous la domination de mon premier maître, je n’ai jamais eu le choix, mon seul horizon était le prochain crépuscule, la mire de mes efforts quotidiens était de voir poindre la prochaine aube sans avoir dansé avec le fouet ni été embrassé par la braise ardente.  Même dans le confort que m’a offert la maison Guidoni, je n’ai jamais poursuivi de dessein que je me serais choisi.  Nos discussions, pour passionnées qu’elles furent – et elles l’étaient, n’est-ce pas ? –, n’en étaient pas moins abstraites, sans réalité tangible, sans but car sans réel objet.  (Elles me manquent néanmoins.  Tu me manques. )  Ici, aujourd’hui, je me suis rendu compte de la chance que j’ai, et que, j’en suis certain, tu m’envierais si tu la savais.  Ici, loin de toutes choses ordonnées que tu appelles civilisation, libres de toute l’inertie poussive des villes obèses – que toi et Ernesto auriez tant voulu réformer – nous allons construire quelque chose.  Peut-être, quelque chose de neuf.  Et, je dois écrire ces mots pour que la permanence de l’encre m’arrache à la stupéfaction en quoi me plonge leur invraisemblance, ici et aujourd’hui, mes choix vont peser.  

Je m’en suis rendu compte tout à l’heure, alors que j’observais le minois fatigué et las du Très Honorable Baron di Cellini, notre Gouverneur en titre au moins autant qu’en acte.  À l’heure où j’écris ces lignes, à la lueur vacillante du feu de camp, il dort.  Il doit se reposer.  Le Baron aux deux poissons est passé bien trop près de les rejoindre pour son propre bien.  
Il a l’air malheureux.  Il a eu du mal à s’endormir, il n’est pas habitué aux bruits d’ici.  J’aurais voulu l’y aider en suscitant quelque son apaisant qui l’eût ramené à des temps plus paisibles, mais je ne puis rien pour reproduire un chant que seule une mère peut charger d’assez d’inconditionnel amour pour ceindre le précieux sommeil de l’enfance d’un rempart infranchissable.  Qu’il le veuille ou non, ici, il devra la quitter, son enfance finissante.  Ma pitié n’est pas ce dont il a besoin, et ce n’est pas ce que je lui offrirai.  Notre naufrage l’a tiré d’un confort où il aurait pu dormir une vie entière.  S’il reste éveillé, et si l’avenir lui prête vie, il pourra devenir, peut-être, un dirigeant de talent.  C’est ce qui m’occupait l’esprit lorsque j’ai décidé d’intervenir, d’intercéder en faveur de cette étrange créature à qui il doit peut-être la vie.  Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas conscience de ce que sa position peut évoluer vers une véritable charge de responsabilités.  Peu importe.  La graine met parfois longtemps à germer, mais semée, elle l’a été.  

Je ferai de mon mieux pour que mes suggestions l’amènent dans la bonne direction…  Mais justement, quelle est-elle, cette bonne direction ?  Je me découvre soudain libre, en même temps que je réalise que je ne sais que faire de cette liberté nouvelle.  Personne pour choisir, c’est à moi qu’échoit de décider pour moi-même de ma conduite.  N’est-ce pas chose étrange que de se sentir orphelin de maître ?  
Comment savoir où porter mes pas lors même que j’ai si peu de certitudes, et si celles que je devine sont floues et confuses ?  Une chose que je perçois, tout de même, est que ta civilisation ordonnée et rangée n’a pas réponse à tout, qu’elle est trop propre pour se rappeler du parfum de l’humus, sans parler même de s’en nourrir.  Le dédain péjoratif dont les gens de Sérénissime chargent le mot « sauvage » est une complaisance dans l’aveuglement.  Au contact de vos villes, j’en ai désappris le sens, je crois qu’il me faut désormais le réapprendre.  Heureusement pour moi, Nature est professoresse d’excellence.  Il y a un fauve qui sommeille en moi.  Il ne s’est pas encore rendu compte que sa laisse a été ôtée, car en demeure une sensation vestigiale, comme celle que laisse sur la peau un vêtement longtemps porté.  L’enseignement des druides de Cauh’Pa aurait dû m’apprendre à comprendre son langage feulant.  Désormais, c’est à moi de trouver le moyen de le réveiller.  Et de l’écouter.  Cette perspective me fait peur, je l’avoue.  À ma propre façon, je dois devenir sauvage.  Quoi que cela signifie.  

Pourtant, j’ai eu une pulsion domesticatrice.  C’était avant-hier, lors de notre première nuit dans cette belle forêt où nous nous sommes échoués.  Une première rencontre avec la faune locale (essentiellement écailleuse).  De petits reptiles volants, de la taille d’un gros rat, pourvus de deux paires d’ailes élégantes, et qui chassent en meute.  Ils ont voulu nous chasser nous, mais ont vite compris qu’il leur en coûterait trop en sang, en souffrance et en vies pour se repaître de nous.  Les trois autres ont été redoutables.  Nerguï et sa dague (je ne serais pas étonné qu’il la manie mieux encore lorsque sa cible va sur deux jambes), Thanéa qui a coupé un de ces ragons en deux (c’est comme ça qu’on les appelle : des dragons de la taille d’un rat ; et n’en déplaise à Roderich, c’est nettement mieux que rat-ornithorynque).  Et puis surtout Roderich, justement.  L’acide dont il a aspergé l’un des volatiles…  Quelle horreur…  Il vaut mieux ne pas avoir l’alchimiste comme ennemi.  D’une part, ce serait se priver d’une source précieuse de connaissances, et d’une autre, il a de quoi faire souffrir qui l’irriterait.  
J’ai écouté les couinements qu’ils émettent en souffrant, et le cri de repli de leur guide.  Je pense pouvoir les reproduire par magie en guise de mesure de dissuasion si le besoin s’en fait sentir à nouveau.  
Ces créatures, bien qu’agressives, sont véritablement magnifiques, et leur vol est très grâcieux, sauf peut-être leur atterrissage sur nos épaules, où ils font un peu trop usage de griffes et dents.  En les voyant, j’ai eu envie de faire de l’un d’eux un familier.  Et d’ailleurs, je le désire toujours.  Est-ce au contact des gens lissés et polissés de Sérénissime que j’ai acquis ces velléités d’assainir la sauvagerie par le dressage ?  Ou bien désiré-je au contraire me rapprocher d’un animal pour apprendre de lui ?  Il faut que je résolve ce conflit en moi entre civilisation et sauvagerie.  

Je contemple à présent les lueurs orangées que projettent les flammes faiblissantes dans ma pierre-soleil.  Est-ce un hasard si le seul souvenir de mon foyer est un symbole de voyage ?  Au final, c’est peut-être en moi que se trouvent les nécessités que je prête au Baron.  Nécessités de renoncer au confort, et de marcher ; de s’éveiller, et d’apprendre.  Vite.  Puissions-nous tous deux connaître fructueuse école, et faire au mieux usage de cette responsabilité que nos épaules n’ont jamais portée.  Jusqu’à présent.  
Je reprendrai l’écriture de ceci plus tard : la flamme agonise, et une longue route nous attend demain encore, vers le site du naufrage.  



« Peut-on les asservir ? »  
Voilà la première question que nous a posée le Capitaine Piccione lorsque nous lui avons parlé de la créature.  
« Peut-on les asservir ? »  
Mon sang bout.  Cela ne compte-t-il pour rien que la créature ait peut-être sauvé le Baron lors de l’attaque des caméliguanes, et se soit abstenue d’ôter la vie aux gardes qui étaient pourtant venus l’attaquer ?  
« Peut-on les asservir ? »  
J’ai du respect pour le Capitaine.  Il ne s’encombre pas outre mesure de protocoles inutiles, n’est pas autoritaire sans raison, et maintenant que la situation l’exige, il sait se montrer à la hauteur de ses responsabilités.  Mais il se fourvoie.  Il se trompe s’il ne voit en eux d’autres ressources que leur main d’œuvre.  
Ce n’est pas tellement son recours à l’esclavage qui me révolte tant.  Encore que je serais peut-être imbécile de refuser d’envisager que ma rancœur n’obscurcisse mon jugement.  Mais après tout, mon peuple aussi asservit.  L’esclavage est sûrement dans l’ordre des choses, bien que tout esclave aspire – légitimement – à quitter sa condition.  
Non, ce n’est pas ça qui me répugne.  C’est la présomption immédiate que nous n’aurions rien à apprendre d’eux.  Cette créature est proche de la Nature.  Elle est toute entière plongée dans une trame complexe de relations avec les êtres qui peuplent ces lieux, et elle a de cette trame une compréhension intime, instinctive, vraie.  Son peuple comprend cet endroit.  Mieux que nous.  Comment espérer construire ici quoi que ce soit sans leur aide ?  Comment connaîtrons-nous les zones inondables, les trajectoires des tempêtes annuelles, les zones à éviter pour ne pas déranger les esprits locaux ?  Mais qu’ils les asservissent donc !  Ils gagneront en muscles écailleux ce qu’ils perdront en précieux savoir !  Un an de gagné peut-être, pour la construction, mais deux siècles de retard en compréhension.  Le peuple écailleux asservi, il ne nous révèlera rien, car les esclaves portent toujours par devers eux leur dernier espace de liberté, et en cette forteresse intérieure, ils mussent le bien dont personne ne les peut dépouiller : les esclaves gardent leurs secrets...  
Je ferai de mon mieux pour éviter pareille tragédie.  Si l’économie de la Sérénissime a à ce point besoin de bras qu’elle soit prête à en sacrifier le savoir, peut-être cette économie ne mérite-t-elle simplement pas de survivre.  Mais il n’est pas encore dit que nous ne construirons pas ici quelque chose de nouveau…  J’en ai encore l’espoir.  Mais quelle chose nouvelle ?  

Je me rends compte, cher Grimald, que mes écrits doivent te paraître confus et décousus…  Parce qu’ils le sont, d’ailleurs.  Je devrais peut-être reprendre le récit de façon plus chronologique.  

Le jour qui a suivi notre confrontation nocturne avec les ragons (les rats-libellules, d’après le Capitaine), nous avons trouvé le site du naufrage de l’autre aéronef.  Ils ont eu moins de chance que nous.  Nous avons pu évaluer qu’un tiers seulement d’entre eux avait survécu, une vingtaine environ.  Nous avons suivi leur piste en longeant une rivière, et découvert qu’ils avaient été confrontés à autrement plus gros que des ragons.  Les autres les appellent des caméliguanes cornus.  Il s’agit de reptiles de grande taille, rouges (encore qu’ils sembleraient être capables de modifier leur couleur pour se fondre dans leur environnement), cornus, l’échine hérissée de pointes osseuses.  Bien qu’ils semblent liés à l’eau, leurs pattes les rendent probablement aptes à escalader rapidement des surfaces abruptes.  Ils sont pourvus d’une queue longue et puissante, nul doute que ce serait un fouet terrible, et d’une langue télescopique, semblable à celle des grenouilles de ma jungle natale.  Et comme elles, peut-être, ils sont venimeux : Roderich a prélevé un flacon de leur salive poisseuse pour étude.  
Si je suis capable de les décrire avec tant de précision, et si Roderich a pu approcher sa main de leur gueule sans la perdre, c’est que nous en avons vu un cadavre, égorgé.  L’autre groupe des survivants en a rencontré un, l’ont mis en fuite, mais il est revenu avec un allié.  L’un des deux a été abattu, et le combat a causé une grande confusion.  Une partie des survivants s’est enfuie dans la jungle.  On ne peut qu’espérer pour eux qu’ils auront réussi à se regrouper avant que les ragons ne leur donnent chasse.  Sur les lieux de cette deuxième confrontation, Roderich a pu remarquer, par une observation attentive des traces, qu’un enfant avait été entraîné dans l’eau par une créature dont les traces suggèrent qu’elle serait presque humaine et pourtant palmée.  Des soldats s’étaient lancés à sa suite dans la rivière-même.  
Nous avons tergiversé un temps.  Fallait-il tenter de rejoindre le gros du groupe des survivants, ou bien poursuivre suivre la rivière pour retrouver la trace de l’enfant, au risque de se retrouver confronté à un caméliguane ?  Le fait que l’autre groupe ait décidé d’envoyer des soldats à sa poursuite, lors même que cela allait les affaiblir en milieu hostile, semblait indiquer que l’enfant était une personne importante, et nous craignions – l’avenir devait nous donner raison – que ce pût-ce être le Baron.  Nous les avons pourchassés au-delà du crépuscule, grâce à la surprenante et merveilleuse nyctalopie de Thanéa.  Nous nous sommes tout de même reposés – qu’aurions-nous valu, épuisés, face à un de ces caméliguanes ?  Le lendemain, après un confluent du cours d’eau et alors que l'eau en devenait plus vive, nous avons trouvé deux gardes plongés dans un sommeil dont nous ne pûmes les tirer, et dont nous ne parvenions pas à identifier la cause.  (Deux seulement ?  Ils voulaient vraiment le retrouver, le Baron ?  En tout cas, si la survie du Très Honorable môme peut casser les pieds de cet ignoble Commodore, c’est toujours ça de pris… )  

C’est alors que Thanéa a aperçu la créature.  Elle appartient à un étrange peuple amphibie, mi-homme, mi-reptile ou grenouille.  (Eux nous considèrent peut-être comme un peuple étrange, mi-eux, mi-singe ou rat…  qui sait…).  
La créature, qui essayait, non sans maladresse, de se dissimuler, tenait l’enfant inanimé dans ses bras, et ne semblait pas constituer une menace immédiate pour lui.  Je pense qu’il s’agissait d’une femelle, car son attitude envers le Baron avait quelque chose de… maternel ?  
Dans une tentative – fort malhabile – de communication, je me suis désigné et ai prononcé mon nom.  Mon vrai nom.  Iclōocatl.  Sur le moment, ça m’a paru évident : elle est tellement différente de nous qu’il n’y ait aucune raison que mes syllabes soient plus ardues pour elle que celles de Nico.  Je n’ai même pas pris la peine de le prononcer, ce nom dont on m’avait affublé.  Libre, te disais-je !  
La créature savait parler, un talent qu’elle a acquis en observant d’autres humains qui lui ont laissé une opinion moins que favorable.  Elle considérait que le Baron était son ami, car il était gentil et propre, disait-elle.  Nerguï a utilisé un sortilège pour la comprendre (un sortilège merveilleux, je me demande si je pourrais l’apprendre).  Enfin, il prétend qu’il a parlé à des esprits.  Je ne comprends pas son besoin d’habiller sa magie d’une parure de mensonges.  Sa magie est belle par elle-même, quel est ce besoin de prétendre qu’il parle à des esprits ?  D’autant plus lorsque l’interlocuteur semble s’y connaître en esprits…  Quoi qu’il en soit, il a réussi à convaincre la créature (je ne connais pas son nom) de rendre l’enfant contre deux breloques (je m’y connais suffisamment en gemmes pour savoir qu’elles ont à peu près autant de valeur que ses esprits d’existence).  
Ses mensonges, bien qu’ils me mettent mal à l’aise, ont au moins sauvé trois vies : celles de l’enfant et des deux gardes, que la créature a accepté de libérer, d’un coup de sa très longue langue, du sommeil où elle les avait plongés.  Je me demande, cependant, si Nerguï aurait utilisé à si bon escient son art de la tromperie, s’il n’y avait pas eu une influence considérable à gagner sur notre Gouverneur.  Mais c’est peut-être le temps passé avec Ernesto qui me rend ainsi cynique ?  En tout cas, le Clairvoyant a fait bon usage du temps qu’il a pu passer avec le Baron.  (Je crois qu’il m’a écouté lorsque je suis intervenu auprès de l’enfant, et j’ignore pourquoi, mais je pense qu’il en a conçu certaine hilarité… )

Nous n’avons pas obtenu la liberté du Baron contre deux babioles seulement, mais aussi grâce à son inquiétude face à la fragilité de l’enfant, et surtout contre une promesse, celle de libérer un sien esprit ami, blanc, que des « méchants rouges » (sûrement des braconniers humains) auraient capturés. Il me semble important d’honorer cette promesse, non seulement pour que le premier contact de notre expédition avec le peuple écailleux lui donne des raisons de nous prêter confiance, mais encore parce que si des braconniers opèrent sur ces terres que nous espérons faire nôtres, il faut que nous les connaissions.  Sans parler, même, de l’esprit dont parlait la créature !  C’est pourquoi nous repartirons, demain, pour chercher les « rouges » et si possible, selon les désirs du Capitaine, les capturer (mieux vaut main d’œuvre braconnière qu’indigène, m’est avis).  

Avant de dormir, je vais invoquer quelque quantité d’eau dans les réserves de notre groupe de naufragés, qui s’apprêtent à se mettre en mouvement.  L’humidité ne fait pas défaut, ici, mais l’eau claire et sûre est rare.  L’humidité pourrait peut-être, d’ailleurs, poser des problèmes, notamment en ce qui concerne la poudre explosive.  Nous avons de la chance d’avoir Roderich, peut-être pourra-t-il modifier la poudre pour la rendre moins sensible à cette moiteur…  

Je termine ici ces lignes, Grimald.  Je comprends mieux désormais ta discipline d’écriture: je discerne un peu plus clairement mon rôle en tout ceci : préserver nos chances d’apprendre des locaux avant de commettre des erreurs irréversibles lors de notre établissement ici.  Je vais maintenant dormir, pourtant, je me sens plus éveillé qu’il y a quelques jours encore.
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Hadrios



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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeVen 17 Nov - 20:05

De bonnes nouvelles
Par le sous-quartier maître Allesandro Corto

Notes du 29/05/817

Ces terres, c'est la folie. On nous envoie fonder une colonie, et nous on s'écrase en pleine forêt, on se fait courser et dévorer par des lézards géants. Déjà que le crash avait pratiquement tué tout le monde...On était mal.
Et pire, on avait même perdu le Baron dans tout ça. Mais Adelchi et Domezio manquent à l'appel, j'espère qu'ils sont parti à sa recherche...Et qu'ils se sont pas fait bouffer par la forêt, comme tout le monde le dit.

Notes du 04/06/817

Y'en a qui ont des couilles dans tout ce merdier, bordel. Le Commodore avait envoyé le Redresseur de torts Yegorovich retrouver et vaincre la créature. Moi, à sa place, j'aurais flippé à mort. Au final on le voit revenir, tout sourire et indemne, en compagnie d'autres membres de l'expédition ! La petite bande a visiblement buté le lézard, sans trop de mal. Et non content de cet exploit, on nous a annoncé qu'ils avaient aussi sauvé le Baron des saloperies qui trainent dans la forêt, et que grace à eux le reste de l'expédition allait nous rejoindre.

Ce soulagement !...J'en aurais bien vidé une bouteille à moi tout seul, tellement j'avais envie de fêter ça. Dommage qu'on les a jeté par dessus bord... Hem.

Notes du 07/06/817

Notre routine a été cassée par le groupe du Redresseur de torts Yegorovich, qui est revenu d'une expédition au nord. Ils ont trouvé plein de matos, en détroussant des brigands et en les prenant en captivité. Mieux encore, ils nous ont ramené un chariot indemne. De quoi alléger un peu notre fardeau, on dit pas non.

Même qu'ils ont aussi trouvé une femme du coin, ou à peu près, et qu'elle pourra nous aider à connaître mieux la région. On dit jamais non au nouveaux visages...Ca se fait pas.
Les malandrins, eux, ils ont été mis aux fers. J'espère qu'ils savent creuser, car une palissade, ça se construit pas tout seul ! Hé hé...

N'empêche ces types, le redresseur et les autres... C'est incroyable ce qu'ils font. Je comprend que le Bureau de l'Amirauté les ait sélectionné pour le voyage. Comme quoi, tout ne fonctionne pas mal au Pays.
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Hadrios



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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeVen 24 Nov - 1:01

La tour du Magnifique

Par Nergui le Clairvoyant

Le 06/06/817

On a retrouvé les brigands et on leur est tombé dessus. Ils ont été maîtrisés mais le redresseur de tord a été blessé dans l’attaque. En même temps, je ne sais pas trop à quoi il s’attendait avec sa stratégie « on fonce dans le tas et on verra » … Faut pas qu’il s’étonne de s’être pris plusieurs carreaux d’arbalètes avant d’avoir la quasi-intégralité du camp qui le charge. A sa décharge, pour une demi-portion attaquée de toutes parts, il s’est bien défendu. Petit détail notable, tous les bandits étaient des tiefflings, j’aimerai bien savoir pourquoi. On les a capturé et ainsi récupéré tout le camp et ce qu’il contenait. Pas grand-chose de grande valeur monétaire, mais du matériel et des fournitures utiles ce qui est nettement plus intéressant.

On a également retrouvé une femme attachée dans une tente. On a évité le bain de sang en lui donnant à manger. Elle s’est présentée sous le nom de Saaja Sakir, un nom du Califat je crois, mieux vaudrait éviter que ça se sache trop au camp, et prétend être une marchande itinérante venue dans la région pour y trouver des reliques à revendre auprès de collectionneurs potentiels. Pour moi ça ressemble un peu à du pillage mais je ne vais certainement pas lui jeter la pierre. Chacun gagne sa vie à sa façon. Elle dit avoir été capturée par des pirates alors qu’elle et l’équipage qu’elle avait engagé faisait route pour les terres de feu, elle serait restée en captivité avant d’avoir l’occasion de s’échapper pour finir par se refaire capturer par les braconniers. C’est quand même vraiment pas de chance. Elle n’est pas moche cela dit, ses geôliers n’ont pas dû uniquement se contenter de la surveiller je parie. Je me demande si je devrai tenter ma chance et essayer de la séduire, en dehors du bénéfice évident, avoir un allié potentiel pourrait s’avérer très utile par la suite. Elle a parlé de ruines anciennes dans la région, il faudra se renseigner davantage à ce sujet, et nous a d’ailleurs parlé d’un sorcier qui vivrait seul dans le coin et qu’elle comptait voir pour en apprendre plus. Un sorcier. Il faut que je rencontre ce type.

Le camp des braconniers entourait une charrette dans laquelle était enfermé l’esprit blanc que la grenouille nous a demandé de retrouver, je doute de plus en plus que ça soit réellement un esprit, probablement plus une créature magique peut-être créée arcaniquement vu qu’elle semble être une sorte de croisement entre un cerf et un grand oiseau ; cela étant, je peux comprendre que des simples d’esprit puisse considérer cette créature comme venant d’un autre monde, force est de constater qu’elle a une présence considérable et est relativement impressionnante. J’aurais souhaité pouvoir l’étudier davantage mais les autres semblaient préférer garder l’espoir que sa libération nous amène la bienveillance d’un hypothétique peuple d’amphibiens … Quelle bande d’idiots … Rien ne nous prouve que la créature qu’on a croisée n’est pas unique en son genre, et même s’il y a d’autres représentants de son espèce, nous n’avons aucune information nous laissant penser qu’ils sont organisés en société. J’ai essayé de leur faire entendre raison mais à trois contre un, j’aurais été idiot d’insister davantage. Je suis néanmoins un peu déçu que l’alchimiste soi-disant venu d’une grande université n’ait pas pris mon parti, j’aurais cru qu’il me rejoindrait sur l’avis que nous aurions dû garder la créature sous notre contrôle au moins le temps de savoir exactement de quoi il s’agit. Mais non, il a préféré se ranger à l’avis de Nico … Lamentable … Bref. On a également retrouvé la bête de somme utilisée par les malfrats pour tirer la charrette et porter le matériel, enfin, c’est plutôt elle qui nous retrouvé, elle a été attirée par la lumière du feu, tant mieux, ça rendra le voyage de retour plus facile.

Le 07/06/817

On a dû voyager de nuit mais on a finalement réussi à rattraper le convoi.
L’avantage d’arriver de nuit, c’est qu’on a une chance de ne pas avoir à se présenter devant cet imbécile fini de commodore pour faire un rapport. On a rapidement parlé avec le capitaine pour lui détailler ce qu’on a trouvé et lui remettre nos « prises », il avait l’air plutôt satisfait. Il a cherché à savoir ce qu’on comptait faire maintenant, on lui a répondu qu’on pensait se reposer pour cette nuit et repartir au matin pour explorer un peu la région. Je me suis bien gardé de dire qu’il y avait potentiellement un sorcier dans les environs, ma position est suffisamment précaire dans l’expédition pour que j’ai besoin de révéler la présence de la concurrence dans la région ; tant que je suis le seul mage en ville, je bénéficie potentiellement d’une certaine latitude. Saaja a eu la présence d’esprit de se faire petite pour éviter d’attirer l’attention, et ça aurait marché si ce crétin de Nico n’avait pas clairement rappelé au capitaine qu’on est parti à quatre et revenu à cinq en indiquant la fille … J’ai tenté de bidouiller une explication vague mais ça ne tiendra pas deux minutes devant quelqu’un qui veut vraiment savoir …

On a été accueilli un peu comme des héros par l’expédition, si j’avais su qu’il suffisait juste de risquer sa vie en s’aventurant dans une forêt inconnue remplie de prédateurs dangereux pour bénéficier de ce genre d’accueil et des bénéfices qui vont avec, j’aurais davantage fréquenté les bordels de Trotolla … Ah, le sarcasme, Tiberius disait souvent que c’était la marque des esprits supérieurs, et ce n’est certainement pas moi qui vais contredire ce charmant personnage. J’ai pas mal repensé à lui ces derniers jours, j’espère vraiment qu’il ne sait pas où je me trouve parce que si dans une grande ville je peux toujours me fondre dans la foule, ici c’est un poil plus compliqué. Et même s’il l’apprend, j’espère qu’il considérera que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Mais si Saaja à raison et qu’il y a effectivement des ruines d’une ancienne civilisation dans la région, liée à l’Empereur avec un peu de chance, j’y trouverai peut-être quelques petites surprises pour lui au cas où je viendrais à le recroiser. Mais si j’ai repensé à Tiberius ces derniers jours, ce n’est pas vraiment à cause de la menace qu’il représente. J’en suis venu à penser que je pourrais peut-être réutiliser ses méthodes. Le petit baron semble fasciné par mes tours de magie peut-être puis-je l’amadouer davantage en lui en montrant plus et en commençant doucement à le diriger vers mon art. Il est encore un peu jeune pour commencer à véritablement apprendre mais d’ici deux ou trois ans …

Le 10/06/817

Dhareef le Magnifique … Dhareef le Magnifique. Ça sonne quand même pas mal. Pas aussi bien que Nergüi le Clairvoyant, mais tout de même. On s’est rendu là où est sensé vivre le mage dont Saaja nous a parlé. Une scène impressionnante, une tour de pierre solitaire érigée sur un piton rocheux situé au milieu d’une immense crevasse qui traverse toute la plaine. On pourra dire ce qu’on voudra, mais le type qui a construit ça avait un sens certain du dramatique. Dire que le sorcier qui vit actuellement à l’intérieur, peut-être un tieffling mais je n’en suis pas tout à fait sûr, est excentrique est un doux euphémisme, mais il s’est montré sympathique et a fait preuve d’hospitalité à notre égard. Je trouve étrange que quelqu’un de sociable qui à l’air d’apprécier d’avoir de la compagnie, ou de l’audience plutôt, vive seul au milieu de nulle part dans une tour qui pourrait tout aussi bien être une prison dorée qu’un véritable lieu d’étude, après je n’ai vu que le rez-de-chaussée, les étage sont peut-être différents. Quoi qu’il en soit je me méfierai de lui tant que je n’en saurais pas plus à son sujet. Mais la présence d’un potentiel mage puissant peut avoir un intérêt pour moi, s’il s’agit bien d’un mage, et peut-être acceptera-t-il le commerce de sorts avec moi.

Dhareef a accepté de nous répondre à certaines de nos questions si on consentait de se soumettre à une petite épreuve histoire de le changer de la monotonie de sa solitude. L’épreuve pouvait être physique ou intellectuelle, fort heureusement, c’est l’épreuve intellectuelle qui a été retenue. Une série d’énigmes ! C’est parfait ! Mes études et surtout les cercles dans lesquels j’évolue habituellement m’ont rendu particulièrement doué pour se genre d’exercice mental. Cinq énigmes, il répondait à nos questions si nous en réussissions trois, et nous offrait un présent dans le cas d’un sans-faute. Bien évidemment, ça a été un défi personnel que nous les réussissions toutes, ce que nous avons fait, les sujets abordés étaient variés et les réponses nécessaires intéressantes ; ce fut un intermède plaisant dans nos dangereuses explorations. J’aurais été bête de ne pas profiter de l’élan que nous offrait notre réussite totale pour proposer à Dhareef de répondre à une de mes énigmes, une façon pour moi de mettre plus subtilement en avant mon intérêt pour les exercices mentaux, tout en faisant valoir la justesse du titre par lequel je me suis présenté. Mes compagnons étant là, ils aussi pu l’entendre et participer aussi en ai-je choisi une intéressante, celle sur la vérité. Délicieuse ironie. Aucun n’a trouvé cependant. Décevant … Prévisible mais décevant.

Dhareef a donc accepté de répondre à ma question et de nous parler des groupes, communautés et organisations qui résidaient dans la région et a loué ma sagesse, c’est toujours plaisant d’entendre quelqu’un vanter vos mérites, surtout devant d’autres gens. Il nous a dit que si son domaine ne s’étendait pas plus loin que le pied de sa tour il connaissait en revanche bien les différents acteurs de la région, il nous a parlé de hardes de centaures agressifs et dangereux dans les plaines au nord, de villages sur la côte qui seraient des repaires de pirates, de communautés itinérantes de razvans dans toute la région, d’un groupuscule religieux qui aurait élu domicile dans les montagnes proches du grand lac, ainsi que d’un village de la Sérénissime niché sur les bords du lac. Que fait un village de la Sérénissime ici ? Très étrange. Bien évidemment, Nico en a profité pour tenter d’assouvir l’obsession qu’il semble avoir pour les grenouilles humanoïdes et l’idée d’une alliance avec leur peuple, ça en deviendrait presque malsain à ce niveau ; et là, petit instant de victoire personnelle, Dhareef nous a expliqué que non, le « peuple des rivières » comme il les appelle, n’a ni organisation ni structure sociale précise, ils sont peu nombreux et semblent s’en tenir aux forêts. Bref, on aurait dû garder ce foutu animal, on en aurait peut-être tiré quelque chose d’utile plutôt que de le relâcher, blessé, pour qu’il se fasse bouffer par le premier caméliguane venu.

Comme promis, Dhareef nous a récompensé pour avoir passé sa petite épreuve, une amulette magique permettant de temporairement de voir, respirer et se déplacer sous l’eau. Quand a moi, j’ai eu droit à une récompense spéciale pour ma petite énigme, un pendentif capable de générer sur commande une vive lumière et qui peut me suivre en flottant, plutôt utile je dois bien l’admettre. Suite à ça, Dhareef nous a gentiment renvoyés sur les routes, il faut croire que la compagnie lui manquait mais pas trop non plus. Je reviendrai le voir, c’est certain, il y a plus à découvrir ici que ce qu’il parait, et je préparerai de nouvelles énigmes. Nous avons décidé de nous diriger vers les montagnes au sud, là où la secte semble s’être établie ; il me semble intéressant d’enquêter sur les mœurs potentielles de nos futurs voisins, s’ils s’amusent à sacrifier des gens aux démons tous les dimanches soir, je veux le savoir.


Dernière édition par Hadrios le Mar 5 Juin - 19:31, édité 2 fois
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Hadrios



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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeSam 3 Fév - 14:16

Des racines et des tentacules
Par Nico/Iclōocatl

Le 11/06/817

Cette faille m’effraie.  Quel genre de forces inimaginables a pu ouvrir cette déchirure au milieu de la plaine ?  Et puis il y a le vent, qui a failli nous rabattre dans le précipice, ce vent vertical et mugissant, puissant, en accord avec les dimensions des lieux.  Ce n’est pas une faille, c’est une gueule.  Affamée et feulante.  Osez passer la tête dessus ses lèvres, et vous l’entendrez rauquer en rafales avides, et le vertige vous prendra.  Vous happera, peut-être.  Personne n’entendra votre cri, ni le fracas de votre chute.  Y a-t-il seulement un fond pour vous fracasser, au-delà de cette brume scintillante ?  

Si l’érudition de Dhareef le Magnifique et la splendeur de sa tour ne suffisaient déjà à lui valoir légitime admiration, sûrement que de vivre au-dessus de cette béance la garantirait.  

Elle n’en finit plus de s’étirer !  

Nous avons aperçu de la fumée au Nord, sûrement un village.  Ils pourront peut-être nous renseigner sur la longueur de ce gouffre.  

Le 12/06/817

Nous avons trouvé les Fermes d’Abrahamanam blessées par une attaque récente de Centaures venus du Nord-Est, encore balafrées par les restes déclinants d’incendies épars.  Le hameau ne faisait pas le poids, ses capacités de défenses sont rudimentaires.  Un petit pont enjambe un ruisselet qui pourrait aisément être franchi à gué, et l’hôtel de ville, unique bâtiment assez haut pour accueillir guetteurs, est connecté par derrière à une sorte de grotte surélevée dans une saillie rocheuse.  

Quand je vois ce qu’une poignée seulement de ces hommes-chevaux a pu infliger à cette petite communauté, je ne peux m’empêcher d’éprouver certaine crainte révérencielle face à eux.  Ils sont probablement des forces de la Nature.  Terribles et destructeurs, en même temps que grandioses et admirables.  Sauvage noblesse.  

Cela dit, les fermiers locaux, Humains pour la plupart avec quelques Tiefflings, pour rossés qu’ils furent, seraient fort injustement décrits comme vaincus.  Nous fûmes de piètre secours face à leur infortune, mais ce sont des gens pugnaces.  Malgré l’épreuve, malgré la privation et ses évidentes conséquences sur leur santé, ils n’attendent nul secours pour se remettre à l’œuvre.  

En particulier, j’ai été impressionné par Abrahamanam, la fondatrice de cette communauté agraire.  Son charisme éclipse jusqu’à la présence-même de son mari – hideusement balafré.  (Je peux parler, de ce côté-là…)  Cette femme est un roc.  Un jour, sûrement, la morsure du sel, la sape de l’océan, la patience du temps auront raison d’elle, mais en attendant, elle se dresse.  Au milieu des pierres qu’elle a dressées, elle se dresse.  Et au milieu de cette âpreté, son existence continuée seule est l’énoncé incontestable et quotidiennement renouvelé de ses victoires.  

Je ne suis pas d’accord avec elle, lorsqu’elle dit que la quête de la Vérité est un luxe.  L’aspiration à la Vérité, je l’ai vue même chez des gens qui ne possédaient rien.  Si même le serviteur le plus démuni et corvéable consacre de l’énergie et du temps à son culte, c’est que la nourriture de l’âme tient davantage de la nécessité que du caprice d’oisif, non ?  

Elle me rappelle certains esclaves que j’ai rencontrés, dont certains d’ailleurs suivaient A’tunsa.  Asservis mais sans abdiquer leur fierté.  Face aux brimades, leur survie tenait du triomphe, et leur échine conservait droiture en dépit du martinet.  Je ne m’entendrais probablement pas avec la maîtresse des lieux, de même que je ne m’entendais pas souvent avec les esclaves fiers.  Ha ! elle détesterait me voir la décrire ainsi !  Elle n’est pas un roc, elle est Abrahamanam, et elle a du travail.  Et son temps est plus utilement consacré au soin des légumes et du blé sorain qu’à celui des fleurs de poésie.  Et puis elle n’est esclave de personne, et soumise à nul maître, ou exposée seulement à la férule du plus sévère et ultime d’entre eux : la rude et très concrète réalité.  (Je me demande d’ailleurs ce qui l’a amenée à vivre ici, et si mon instinct ne me trompe pas, je dirais que son indépendance farouche, et le rejet corrélatif de quelque autorité, y a probablement tenu rôle majeur.)

Mais en dépit de ces divergences, j’éprouve pour elle et pour les siens le respect qui revient naturellement aux opiniâtres gens des labeurs.  

Abrahamanam nous a fourni des renseignements utiles.  Les cultistes du Sud (les « Gens du Kraken » ?) seraient pacifiques, et la Faille s’étirerait loin encore, jusqu’aux Monts Centraux (nous ne sommes peut-être pas obligés de suivre leurs très prosaïques coutumes en matière de toponymie).  La longer par le Nord nous contraindrait à une difficile traversée des montagnes pour atteindre le Temple.  Ceux qui s’y hasardent passent en général par les Fermes d’Abrahamanam pour s’y ravitailler avant de poursuivre leur route.  Nous préférons rebrousser chemin et longer la Faille par le Sud.  

[Une note hâtive dans la marche indique : « Un pont au Sud des Fermes les ferait prospérer et serait un avantage stratégique pour qui le possède ». ]

Le 13/06/817

J’ai commencé à aider Nerguï à tracer une carte de la région.  Ma formation au dessin de plans aide, bien sûr, mais la cartographie n’est pas la même chose que la conception de ville ou d’édifice.  Je fais de mon mieux, et j’essaie de transmettre les quelques techniques que je connais au cartomancien.  

[Suivent des croquis de cartes.  Quelques dessins.  Notamment, le dessin d’un endroit où un ruisselet se jette dans la faille, vu du versant austral de celle-ci, avec une flèche le liant à une carte très approximative de la région, indiquant que cet endroit est au Sud des « F.A. ».  Quelques commentaires, notamment : « Paysage très intéressant.  Grandiose, même.  Arcs-en-ciel dans les panaches.  Cet endroit mérite un nom.  L’Envol des Embruns ?  La profondeur est telle que le ruisseau n’est probablement plus qu’une brume de crachin au fond du gouffre.  En débattre avec les autres.  La Faille mérite aussi un meilleur nom. »] 

[Suivent encore quelques croquis assez vagues, représentant à cet endroit un pont étroit traversant la Faille à plusieurs mètres sous le bord des falaises.  De part et d’autre du pont, deux fortins jumeaux se font face, discrets, creusés dans la paroi-même, munis de guérites à meurtrières.  L’architecture évoque l’élégance de certains ouvrages défensifs de la Sérénissime, mais modifiée pour s’adapter aux contraintes des constructions troglodytiques.  Des traits rapides indiquent des lignes de tirs, tant vers le haut que vers le bas.  Certaines zones au bord de la Faille sont entourées avec en commentaire : « Zone aveugle ?  À évaluer. ».  À côté du pont, cette question : « Réalisable ? ».]

[Un autre dessin se concentre sur le ruisselet.  En commentaire : « Débit suffisant ?  Création de brouillard stratégique par magie ?  Profitable ? ».   ]


Le 16/06/817

Quelle région merveilleuse !  Nous avons découvert une nouvelle plante.  Et ses étranges gardiens.  

La plante, d’abord.  Il s’agit d’une sorte de rose jaune, sans épine, au parfum très agréable mais à la sève empoisonnée. (Si ce poison peut être éliminé, la plante pourrait être utile en parfumerie ? )  Elles recouvrent de vastes étendues, transformant la plaine en Prés d’Or.  (Tiens, ça ferait un bon nom pour cet endroit.  Penser à le proposer aux autres. )  Certaines fleurs plus matures possèdent un pistil unique.  Ce pistil semble être la seule partie de la plante qui ne soit pas vénéneuse.  J’y ai goûté.  Dieux ! que ça brûle !  Lorsque mes larmes ont finalement reflué et que la brûlure a enfin eu fini de saturer mes sens, j’ai cependant pu discerner un goût intéressant.  En petites quantités, très diluées dans un alcool blanc, après quelques mois d’infusion, ce pourrait former une épice intéressante pour relever certaines sauces ?  Malgré la très cuisante première expérience, je serais curieux de découvrir ce qu’un chef talentueux pourrait en faire.  Après la douleur, la volupté de découvrir l’incandescente (nous trouvions – moi en particulier – le nom très approprié) ainsi domptée n’en serait que plus grande.  

Pour ce qui est des toxines dans la sève, à charge de Roderich d’en trouver l’usage.  J’en ai badigeonné le fer de ma lance après notre rencontre avec les gardiens du pré.  Je ne sais toujours pas si ce sont des insectes qui poussent, ou des plantes qui marchent.  On dirait de grosses cosses en écorce solide, pleine d’un fluide acide, et entourées de grandes feuilles ou de grands pétales en chitine (?) souple mais solide.  Quelle que soit cette matière, sa souplesse et sa résistance à la percussion et à l’acide me semblent intéressantes.  

Les créatures sont agressives et vives.  Une gueule disproportionnée, verticale, garnie de multiples rangées de dents, constitue le seul et immonde ornement de leur face aveugle.  Leur morsure est douloureuse, de même que leur bile acide.  Elles crachent, aussi, et vaporisent leurs fluides.  J’en ai fait les frais.  Désagréablement.  Mais elles semblent s’effondrer dès que leur coque est percée.  Sava a été remarquablement efficace durant le combat.  

Je me demande comment elles percevaient notre présence.  Nerguï pense qu’elles sont liées aux incandescentes.  Cela me semble très plausible.  Leurs pattes étaient garnies, en leurs extrémités, de filaments racinaires.  Les incandescentes elles-mêmes semblaient localement connectées par leurs racines.  Peut-être « disent »-elles aux créatures où frapper ?  

La domestication des incandescentes me semble être une entreprise hasardeuse.  D’abord, parce que ces plantes semblent empêcher toute autre de pousser dans leur voisinage.  Nous n’avons pas besoin d’un parasite qui rendrait nos sols impropres aux cultures nourricières.  Ensuite, parce que nous ignorons à quel point elles dépendent des Coques-Voraces Feuillues (Nerguï leur a trouvé ce nom).  Et ces créatures me semblent plus hasardeuses encore à apprivoiser.  
Nous devrions peut-être cependant nous y risquer.  Dans des conditions drastiques de préservation, cela va de soi, conditions que Roderich est le mieux à même de définir parmi nous.  Outre l’épice, qui ferait probablement la richesse de négociants, et les usages alchimiques qui restent à découvrir, je songe à des usages défensifs.  Si nous pouvions apprendre à communiquer avec ces plantes…  Elles pourraient transmettre des informations pour nous.  Nous avertir de la présence d’intrus.  Peut-être même ordonner à leurs gardiens de frapper pour nous.  Mais ce ne sont la que conjectures, bien sûr.  

Ces plantes me fascinent.  

Le 17/06/817

Nerguï avait besoin d’un petit rongeur, apparemment pour un sacrifice à ses esprits.  Je lui en ai fourni un.  

Le 19/06/817

Les Monts Centraux sont impressionnants !  (Et méritent décidément meilleur nom.)  Ils dressent, massifs, leur écrasante verticalité vers le ciel  !  Nous avons aperçu une caravane qui s’y rendait, et l’avons suivie, espérant qu’elle nous mènerait au temple des cultistes.  Des structures sont accrochées au flanc des montagnes, qui nous paraissaient minuscules de loin.  Effectivement, nous sommes arrivés au monastère.  Une architecture intéressante.  La porte du temple, sculptée à l’image d’une bouche dévorante, m’a semblé sinistre.  Le contraste avec la courtoisie de notre hôte, Wasu’Saarma, un prêtre du culte du Kraken, était déconcertant.  

Un escalier s’élance à l’assaut du ciel sur les pentes vertigineuses.  Il longe, sur une partie de son cours babillant, un ruisseau sortant d’une grotte à côté du temple.  Il s’agit probablement ici de la source du fleuve qui se jette dans le grand lac à l’emplacement choisi pour notre futur foyer.  Ce qui place ce temple en un lieu éminemment stratégique pour nous.  Il serait intéressant que nous devinssions alliés.  

Le prêtre Wasu’Saarma nous a brièvement instruits sur le culte d’Hassessi, le Kraken.  Le dieu serait source de sagesse, et révélerait une fois l’an quelque chose de leur destinée à ses disciples.  Nerguï a appelé le Kraken « Seigneur des Profondeurs ».  C’est un nom qui m’évoque la terreur davantage que la sagesse, et c’est un mystère que je ne parviens pas encore à élucider, qu’un hôte des abysses soit vénéré sur une montagne si éloignée des mers.  

Le Grand Parleur du dieu serait disposé à lire notre avenir moyennant rétribution.  J’avoue qu’il m’intéresserait de rencontrer l’homme.  Que ses dons soient véritables ou non, je suppose qu’il ne peut être qu’intéressant de rencontrer si éminent personnage.  Sans compter qu’il vaut toujours mieux connaître ses voisins.  Je ne possède pas grand-chose, et mon médaillon de pierre-soleil m’est beaucoup trop précieux pour que j’en fasse don légèrement, et certainement pas à un autre culte, le Voyageur y pourrait peut-être prendre offense.  J’ai proposé ce que je pouvais : des soins aux malades.  Je ne pense pas que nous ayons le temps de passer plusieurs jours ici à nettoyer des bassins sacrés.  Les autres ont offert un don pécunier.  À contre-cœur je crois.  
Je ne sais pas ce qui a pris Nerguï, il semble avoir été offensé par Wasu’Saarma lorsque celui-ci a suggéré qu’il ait à apprendre du Grand Parleur.  Cela me paraît étrange et inapproprié.  Je ne conçois pas qu’on puisse dénigrer une occasion d’apprendre dans son art, que l’art fût celui de l’architecte, de l’alchimiste ou, comme Nerguï, l’art du prophète.  L’immodestie est aveuglement et entrave.  

Nous sommes donc entrés dans le Temple à la suite de Wasu’Saarma.  Dans le Vestibule, nous avons rencontrés deux personnages singuliers.  J’ai reconnu immédiatement le symbole du Directoire sur leur vêtement.  Des érudits !  En ce lieu reculé !  Hassessi a déjà au moins accompli un prodige !  J’éprouve pour les gens du Directoire une sympathie bien naturelle.  

Le Professeur Arsène Courbis, docte elfe, était assisté de sa protectrice Merel.  Il est venu étudier les civilisations des Terres de Feu.  Idiot que je suis, je lui ai laissé une fort mauvaise impression !  Je lui ai dit le peu que nous avions pu apprendre des populations locales dans le but d’accélérer ses recherches, mais mon absence de maîtrise du vocabulaire approprié et probablement d’une quantité de notions dont j’ignore jusqu’à l’existence, lui a laissé une piètre opinion de moi.  Nerguï a bien tenté de me défendre, en appelant fort diplomatiquement le Professeur à dépasser les carences de mon langage, mais je doute que cela ait suffi à rattraper mes gaffes.  

Merel a semblé compatir à ma maladresse.  En fait, avec son stoïcisme dans l’exaspération, elle m’a immédiatement plu.  Ce duo est, curieusement, bien assorti, je trouve.  Si elle parvient à dégonfler, par la rafraîchissante irrévérence qu’elle se fait grande violence à maintenir discrète, l’infatuation académique que je pense (peut-être à tort) avoir décelée chez son protégé, je pense que celui-ci, plus apte à l’abandon du fardeau des a priori, sera mieux encore à même d’apprendre de ces terres sauvages.  

Oh ! mais voilà que je pèche de la même immodestie que je reprochais tout à l’heure à Nerguï !  Qui suis-je donc pour prétendre savoir comment le Professeur Courbis pourrait mieux apprendre dans un domaine dont j’ignore tout ?  

Nerguï, justement, m’a foudroyé du regard, alors que j’expliquais à Merel les dangers que peuvent représenter les créatures locales.  Le cartomancien finissait à peine d’intercéder en ma faveur auprès du Professeur, que je recommençais probablement à m’enfoncer.  J’en ai perdu ma langue, et je l’ai laissé finir.  Je ne parviens pas à m’expliquer, cela dit, que Nerguï ne les ait pas mis en garde contre la langue extensible, paralysante et puissante du caméliguane.  Ce serait une fort mauvaise surprise pour Merel et le Professeur, s’ils venaient à rencontrer le lézard.  

On nous a invités à attendre l’éventuelle rencontre avec le Grand Parleur dans une autre pièce, et la rencontre s’est terminée, mais mon intuition me dit que nous nous reverrons, et j’espère avoir raison, et pouvoir à l’avenir donner meilleure impression aux membres du Directoire.  Cette rencontre m’a, je dois dire, enthousiasmé, et j’attends désormais la réponse du Grand Parleur avec une excitation fébrile dont je peine à me départir.
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kashal



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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMar 20 Fév - 12:56

Jetés hors du temple

par Roderich Trödelmaus


Le 20/06/817

Le temple a l'air très ancien, et comporte de grandes statues representant des créatures au visage félin. Ces statues sont beaucoup plus vieilles que les nombreux motifs tentaculaires, indiquant que l'endroit n'a potentiellement pas toujours été dédié à Hassessi. Ces félins pourraient être de la race des ajiras/abanis.
Le grand parleur Jo'SHannar Sahani semble faire partie de cette race, même si les grands parleurs passés ne font pas forcément partie de cette race d'après lui. Il parle par l'intermédiaire d'un porte parole.

J'ai interrogé un prêtre sur Hassessi. Ils semblaient tous très heureux d'avoir quelqu'un a leur écoute, souhaitant même me faire rejoindre le culte. Quant à leur divinité, il aurai toujours vécu sur ces terres, pas toujours dans la montagne, où il a été forcé après un glorieux combat face au démon de l'inconscience et de l'abandon (plus ou moins depuis 1000 ans). Il a décidé de transmettre sa connaissance et son savoir au monde et c'est là que cette confrérie est née, après la rencontre entre le premier grand parleur et Hassessi. Depuis il se lie avec un grand parleur a travers qui il diffuse ses connaissances et sa sagesse, c'est également un dieu de la divination. Apparemment il serait physiquement présent dans la montagne. Il semble également que son influence soit limité au temple même, et qu'il ne réponde pas aux prières effectuées hors de ce lieu.

Hassessi n'aurait pas souhaité partir, dans sa grande bonté souhaitant apporté sa connaissance au monde. Malheureusement il est limité par le grand parleur étant le seul a pouvoir comprendre et diffuser sa connaissance. Il semble également qu'il ne se déplace pas de par le monde suite à ses blessures lors de son combat face au démon. Le nom du démon n'est pas prononcé ici, mais au besoin ils l'appelleront l'Accompli.

Nergui a reçu des "visions". Apparemment, dans la zone ou on ne peut aller, il y a une ou plusieurs créatures tentaculaires assez grandes. Je me demande de quel manière est ce qu'il a réellement obtenu ses visions. Peut être communique t'il vraiment avec des esprits locaux ? Dans tout les cas, je l'observerai attentivement à l'avenir, avant de lui poser des questions.

Le 22/06/817

Nous avons reçu nos présages sous la forme de petites poteries contenant un message. Nergui et moi ont brulé les nôtres après lecture.
Ce journal n'étant pas protégé (JE SAIS QUE TU LIS CA NERGUI), je ne noterai pas le message ici.
Clairement, à la lecture du message qui m'était adressé, le culte a accès a des moyens de divinations importants. Je serais curieux d'en savoir plus, mais je pense que dans un premier temps il serait plus intelligent d'entretenir une relation pacifique avec eux. Ils ne semblent pas particulièrement agressifs  ou même dangereux et pourraient faire des alliés utiles.
Mes compagnons décident de s'infiltrer la nuit venu, mais je ne les accompagne pas, je ne pense pas que ce soit la bonne marche à suivre dans l'immédiat.

A leur retour, Sava part se coucher mais Nico reste debout, l'air nerveux, et Nergui n'est pas rentré avec eux. D'après Nico, les prêtres n'avaient pas l'air agressifs et il a du charmé Sava pour éviter le conflit, et ils sont partis. Nergui était resté derrière invisible. Je dois avouer que l'idée du contrôle mental m'est quelque peu inconfortable, mais je salue l'initiative de Nico. Je ne comprends pas pourquoi Sava ce serait mis dans un tel état dans les circonstances présentes. Peut être son présage ne lui a vraiment pas plu ?

Il a observé la communication entre le grand parleur et Hassessi, qui semble être une grosse pieuvre. Apparemment  la pieuvre semblait tenir une lampe dorée. D'après lui, leur réaction montrerait un potentiel danger de leur part par rapport à notre établissement, mais les gérer pacifiquement est tout à fait faisable. Les pouvoirs de divination du culte semblent doublement avérés, ils s'attendaient à la venue de perturbateurs ce soir là. Il est possible que la créature ai vu Nergui au travers de son invisibilité.

Le 23/06/817

Les prêtres nous ont réveillé à l'aube nous faisant savoir que nous n'étions plus les bienvenus, et que les relations avec les nôtres seront déterminées par le parleur et leur divinité. J'espère que nous pourrons restaurer un semblant de confiance envers l'expédition, il faudra surement envoyer une autre équipe pour discuter avec eux dans le futur.

Sava était évidemment très remonté contre Nico et lui a fait savoir qu'il sera puni en conséquence une fois rentré au camp. Alors que Sava dit qu'il était souvent puni par la peine de mort d'user de contrôle mental sur un redresseur de torts, il a vite oublié qu'il a complètement ignoré la loi locale des habitants du temple. De même, je pense que son plan d'action vis à vis du culte n'était clairement pas le bon, et défendrai l'action de Nico comme étant plus bénéfique pour l'expédition à long terme auprès des dirigeants quand viendra le moment du jugement. Néanmoins Nico semble accepter sa future punition, et je pense que ce n'est pas plus mal qu'il réfléchisse à 2 fois avant de refaire ça.
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Hadrios



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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeLun 9 Avr - 10:54

La sirène prise au piège
ET
La chute du Baron-Podestat
par Nerguï

Le 23/06/817

On a fini par quitter la joyeuse bande de cultistes d’Hassessi, qui n’était plus aussi joyeuse lors de notre départ. Si les suivants sont assez risibles, la « divinité » me met un mal à l’aise. Je n’arrive pas à me sortir son regard de la tête lorsqu’elle a tourné les yeux vers moi au moment de ma petite escapade invisible. Je ne peux pas m’empêcher de penser que si cette créature n’est peut-être pas un dieu, elle possède néanmoins des pouvoirs bien réels. Il va falloir se renseigner là-dessus, je ne peux pas m’empêcher de voir une corrélation avec l’Empereur. Sava à l’air d’avoir très mal pris le sort que lui a lancé Nico pour le calmer et l’amener à obtempérer, il ne dit rien pour l’instant mais je suis très curieux de voir comment cette histoire va finir.
On est parti en direction de l’ouest, en suivant la rivière qui traversait le temple, dans le but de rejoindre le grand lac. On va tâcher de reconnaitre la zone où on a prévu de s’installer afin de faciliter l’installation. Je me souviens également que Dhareef nous a prévenu qu’un village de la Sérénissime était installé sur les bord du lac, ça serait bien qu’on sache à quoi s’attendre à ce sujet. Le cours d’eau semble presque orangé doré, je ne sais à quoi c’est dû, peut-être le lit du torrent contiendrait-il des paillettes d’or, où la présence de la pieuvre plus haut sur le cours d’eau à un impact sur la coloration de l’eau. J’ai proposé d’appeler ce fleuve l’Ambré ou l’Ambre, nous verrons si ma proposition à autant de succès que les autres.

Le 25/06/817

En suivant la rivière et en explorant la zone, on est tombé sur un petit lac. Un endroit calme et paisible, on s’y est arrêté quelques temps lorsqu’on a entraperçu une créature étrange nager dans l’étang et chanter dans un coquillage. Vaguement féminine, définitivement pisciforme, elle ressemble aux créatures des contes que ma mère me racontait à propos des montres marins qui se plaisaient à couler les navires pour emporter les marins et les dévorer au fond de la mer. Rien de très enthousiasmant donc. Détail amusant, Nico semblait là encore fasciné par la créature (ça doit être l’eau, il doit avoir un truc avec les bestioles aquatiques en fait), il nous expliquait avec des étoiles dans les yeux que chez lui, son peuple les vénérait et leur offrait des gens en sacrifice. Un détail très intéressant. S’il est fan de sacrifices humains, il y a peut-être moyen d’en tirer profit pour moi. Après moult débats, la décision a été prise de tenter de communiquer avec la créature, on a donc essayé d’attirer son attention. Cette dernière ne semblait pas pouvoir communiquer directement avec nous mais nous a laissé un coquillage qui devait, je suppose, permettre de la comprendre. Sans succès, parce que non, je ne sais pas parler poisson à travers les coquillages, même la magie n’aide pas pour ce genre de conneries.

Pendant qu’on tentait d’entrer en contact avec la sirène, Roderich, quant à lui, avait décidé de détruire une bonne partie de notre stock de pistils d’incandescente. Il les a sniffés ce con. Pourquoi, je ne sais pas, toujours est-il que c’était parfaitement idiot, et vu la difficulté à récupérer ces merdes, on a pas mal perdu au change. Il s’est retrouvé avec les yeux, le nez et la gorge en feu à cause de la poudre, et ce n’est pas pour être méchant mais c’est bien fait pour sa gueule. On aurait pu faire des trucs intéressants avec. Si jamais tu lis ça un jour Rody (ce qui n’arrivera jamais, soyons honnête), merci beaucoup. On est reparti sur la route après ces mésaventures, sans rien de plus mais avec les pistils en moins. Vive l’efficacité …

Le 26/06/817

A la tombée de la nuit, on a fini par arriver à un petit camp de pêcheur. Ces derniers, qui sont sur le pied de guerre d’ailleurs ; ils parlent la langue de la Sérénissime, ce qui aurait tendance à confirmer les soupçons de la présence d’une colonie de la Sérénissime non loin. Les quelques gardes présents (méfiants au début mais on les calme rapidement) sont dirigés par deux types avec de bonnes grosses têtes de malfrats, Cristofo et Romigi, qui nous expliquent qu’ils sont au service du Baron-Podestat de la Nouvelle-Gubio et qu’ils sont là pour faire la chasse et capturer des sirènes, qui seraient responsables de problèmes avec la colonie. D’ailleurs ils disent être les survivants de l’expédition précédente dont on à plus eu aucune nouvelle et qui était censée être installée bien plus au nord. Nico avait l’air assez remonté contre les pêcheurs et les gardes qui avaient « l’audace » d’essayer de tuer les sirènes, moi je peux les comprendre, entre manger et être mangé, je préfère la place de prédateur. Ils ont installé un grand filet en travers de la rivière afin de piéger la sirène qu’on a vu amont, chose qui n’a pas non plus plu à Nico. On a monté le camp avec eux pour la nuit. Pendant la nuit d’ailleurs, les sirènes ont attaqué. Elles ont utilisé leurs pouvoirs sur l’eau pour faire tomber un pêcheur du ponton, on n’a plus jamais revu le bougre. Au matin on est reparti, en conservant une bonne distance avec la rivière au cas où.

Le 28/06/817

Après quelques temps de voyage on a fini par arriver en vue du bourg de la Nouvelle-Gubio, un petit village de pierre et de bois qui doit être installé là depuis quelques temps déjà. Bien organisé, la ville est facilement défendable vu qu’elle est nichée à flanc de montagne et semble construite sur des paliers différents accessibles par divers escaliers. Un petit port au bord du lac qui semble abandonné pour l’instant, sans doute à cause des sirènes ; d’ailleurs les quelques-unes qui sont tombées entre les mains des habitants ont l’air d’être en train de sécher près de la plage, bien en vue de leur congénères, une méthode dissuasive qui déjà fait ses preuves si on me demande mon avis. On s’apprête à descendre prendre contact avec les autorités locales, on verra bien ce que ça donne.

Les gardes et les habitants de la colonie semblaient incrédules et sur la défensive à notre arrivée. Ils ne devaient pas s’attendre à voir d’autres gens de la Sérénissime débarquer. Le contraste entre la « caste dirigeante » incarnée par le Baron-Podestat et ses hommes, et le reste des colons est saisissant, si les gens ici semblent relativement accablés par la faim et le manque, le dirigeant et ses proches quant à eux ne semblent manquer de rien. J’ai pu aussi remarquer une forte présence d’esclaves dans la ville, bien plus que ce à quoi je me serais attendu en temps normal. Après quelques discussions, on a fini par les convaincre de nous permettre de rencontrer le fameux Baron-Podestat, un homme corpulent appelé Benefacio Almana.

Un homme charmant ce Baron-Podestat. Comme prévu, il a passé toute l’entrevue à tenter d’asseoir son autorité sur nous, j’ai pris les choses en main pour le remettre à se place en me présentant comme conseiller spécial du Baron-Marchand envoyé pour diriger la région. Sous ses airs d’hospitalité, il était suffisamment inquiet de notre présence que pour conserver ses hommes dans la pièce ou autour de la maison. Il nous a expliqué que le Baron responsable de l’expédition qu’il servait en tant que Podestat est décédé lors d’un affrontement contre les centaures après l’avoir anobli, affrontement sensé être la raison du déménagement de leur comptoir depuis l’endroit prévu jusqu’ici. Comme c’est pratique. Il nous a montré le document authentifiant son accession au statut de noble signé par Giuseppe di Castellona, le noble en charge initialement ; je n’ai rien remarqué de particulier dessus, mais Roderich nous a confié un peu plus tard qu’il pensé avoir décelé des indices le laissant penser à un faux. Impressionnant, il doit être doué (ou connaitre des gens qui le sont) pour produire un faux de cette qualité. L’alchimiste a gardé ses conclusions pour lui fort heureusement, on serait probablement mort sinon. La réunion s’est terminée de façon tendue, alors que l’usurpateur voulait nous garder prisonnier, nous avons réussi à le convaincre de nous laisser partir en vantant la grande puissance de notre armée … Ses gardes nous ont escorté directement à la sortie, sans escale, parfois de façon assez brusque lorsque nous n’allions pas aussi vite qu’ils l’auraient souhaité.

Le 01/07/817

Une fois parti, nous nous sommes empressés de rejoindre la caravane afin de prévenir les responsables de la situation. Comme attendu de sa part, à la connaissance de ce qui s’est passé, le Commodore s’est montré véhément et tout à fait prêt à partir à l’assaut de la Nouvelle-Gubio si nous pouvions trouver un plan ayant une chance de faire pencher la balance en notre faveur. Nous y avons réfléchi pendant la nuit et avons arrêté notre choix sur un plan relativement hasardeux : nous allons faire en sorte de libérer la sirène chassée par les hommes de la Nouvelle-Gubio en espérant que ça amène les sirènes à nous aider par la suite, c’est un pari sur lequel je ne compte pas trop, en revanche, ce sur quoi je mise davantage, c’est l’infiltration de la Nouvelle-Gubio dans le but de créer une diversion et d’assassiner Benefacio. Les troupes du Commodore devant profiter du chaos pour attaquer. Ça devrait être suffisant pour désorganiser les défenses de la colonie et nous permettre de gagner la bataille je pense, et si ce cher conquistador est aussi efficace que sa réputation le suggère, ça ne devrait pas poser de problème. On a prévenu le Commodore qui a pris ses dispositions et on partira au matin en direction du lac dans lequel on avait vu la sirène, en espérant qu’on puisse communiquer avec elle cette fois-ci, sinon cette histoire sera une véritable perte de temps.

Le 04/07/817

On a contourné la pêcherie et atteint le lac. Nico s’est changé en une espèce de bestiole monstrueuse que je n’avais jamais vu auparavant. Ça ressemblait à un lézard géant de l’enfer avec une gueule en forme de piège à ours … Ce genre de créature n’est pas naturelle, et ça aurait tendance à donner raison à tous ceux qui disent que Cauh’Pa est l’antichambre de l’enfer. Toujours est-il que le monstre écailleux à fini par attirer l’attention de la sirène (j’imagine qu’entre mangeurs d’hommes, ils se comprennent) et j’ai utilisé un sortilège de Langage pour parvenir à comprendre la créature, sans succès, cette dernière ne pouvant à priori pas s’exprimer dans l’air. Bestiole inutile. Fort heureusement, le présent de Dhareef devait nous permettre de respirer sous l’eau pendant un moment, et sans ça, on se serait retrouve le bec dans l’eau sans mauvais jeu de mots. Je me suis donc immergé dans le lac, avec la sensation très déplaisante de me noyer pendant les quelques instants qu’il a fallu à mon corps pour s’adapter au nouvel environnement.

J’ai pu alors commencer à discuter avec la femme-poisson, nommée Halira à priori, qui s’avère avoir le niveau intellectuel d’un enfant … C’est bien parti pour la grande alliance que tu-sais-qui voulait nouer avec leur peuple. Bon d’accord, je suis mauvaise langue, la créature a parlé d’une grande cité habitée par son peuple au plus profond de la mer intérieure. Elle a parlé d’un Ranisat ainsi que d’une chef nommée Kharista qui ne s’adresserait jamais aux étrangers. Avec un peu de chance, libérer Halira nous permettra peut-être d’avoir de bonnes relations avec ce peuple dans l’avenir (à moins que les actions de Benefacio aient d’ores et déjà rendu une coexistence pacifique impossible). Elle a un peu de mal avec les concepts n’impliquant pas un bain de sang, j’ai remarqué qu’à chaque fois qu’on parlait de s’occuper des pêcheurs, elle parlait de les manger. Qu’est-ce que j’expliquais auparavant à propos des sirènes qui entrainent les marins dans les grands fonds pour les dévorer déjà ?

Après les négociations, la gamine a voulu que je joue avec elle, et j’ai bien été obligé d’accepter vu que je voulais que les éventuelles relations qu’on pourrait avoir avec elle et son peuple commence sur un mauvais pas. La prochaine je m’abstiendrais, ou alors je laisserai Nico y aller puisqu’il aime autant l’eau et les écailles, mais hors de question que je me fasse avoir à nouveau par cette saloperie à branchies. Cette folle-furieuse m’a baladé tout le long du lac à une vitesse invraisemblable, J’ai cru que mon épaule allait se détacher de mon corps et que les caillasses sur lesquelles elle m’a trainé au fond du cours d’eau allait avoir raison de moi. Je tenais plus sur mes jambes lorsque je suis revenu à la surface, elle a au moins eu la décence de tenter de me soigner lorsqu’on lui a expliqué que non, les personnes normales ne font ce genre de choses. Elle m’a refilé une sorte de dragée-coquillage qui a atténué la douleur lorsque j’ai croqué dedans. Enfin bref, après un peu de repos, on est reparti en direction de la pêcherie afin de tenir notre engagement et libérer la psychopathe à queue de poisson.

Le 05/07/817

Arrivé sur place, on a revu Cristofo et Romigi, qui avaient l’air nettement moins patibulaire après avoir passé une heure à me prendre un à un chacun des galets de cette foutue rivière à cause de l’autre gamine écailleuse. Après quelques discussions, on les a finalement convaincus que le Baron-Podestat nous avais envoyé pour leur demander de redescendre à la Nouvelle-Gubio à cause d’attaque massive de sirènes. Certes, ça fera quelques hommes supplémentaires lors de l’attaque, mais vu qu’on a prévu une infiltration et un assassinat, ça ne devrait pas changer grand-chose. Ces crétins ne se prennent pas pour de la merde, ils ne sont pas compliqués à manœuvrer. Une fois qu’ils sont partis on en a profité pour trancher le filet ce qui a probablement permis à Halira-la-salope de retourner dans le trou boueux qui lui sert de foyer.

Le 07/07/817

On a finalement repris la route en direction de la colonie, en suivant la rivière discrètement. Arrivé en vue du bourg, on a terminé l’établissement du plan et avons décidé de nous séparer pour l’occasion, Roderich devait partir seul et utiliser ses connaissances en alchimie pour créer un incendie qui devait faire office de diversion, tandis que moi et les autres, sous couvert d’un sort d’invisibilité, devions nous rapprocher au plus près de la maison du Podestat pour pouvoir frapper dès que la diversion attirera une bonne part de ses gardes personnels ailleurs. L’infiltration c’est passé sans aucun problème, ma magie d’invisibilité étant relativement exceptionnelle pour ce genre d’actions.

On est passé à l’action au moment au le plafond du bâtiment attenant à la mine à littéralement explosé ! Je ne sais pas ce qu’à fait l’académicien mais c’était foutrement efficace ! On a attaqué, bien sûr, tous les gardes n’étaient pas sortis, et on est tombé nez à nez avec plusieurs d’entre eux. Nico s’est de nouveau transformé en cet espèce de monstrueux démon reptilien tandis que Sava s’est jeté dans la mêlée. Je peux me moquer d’eux pour leur manie et leurs méthodes mais je dois bien reconnaitre qu’ils sont efficaces dans ce qu’ils font. Il faudra que je pose subtilement la question à Nico un de ces jours pour savoir s’il n’est pas possible de trouver un cadavre de la bestiole en laquelle il se transforme, ça ferait un sujet de choix pour mes expériences. Toujours est-il qu’après un rude combat, Sava puis moi nous sommes lancés à la poursuite de Benefacio. Sava l’a retrouvé à priori caché sur une petite corniche en contrebas de sa demeure. Le Redresseur de torts est resté assez évasif au sujet de ce qui s’est passé, mais depuis ma position surélevée à la fenêtre, j’ai pu tout voir sans qu’ils fassent attention à ma présence. Et il s’est passé quelque chose de TRES intéressant. Le faux Baron était à moitié en train de tomber et semblait demander de l’aide à Sava quand ce dernier l’a poussé dans le vide d’un coup de pied. Voilà qui est bien peu en accord avec ce que je sais des lois de la Sérénissime, le coupable aurait dû être pendu haut et court en place publique. Ça nous aurait permis de bien montrer le gagnant de cette petite échauffourée et d’asseoir notre autorité sur la région, des révoltes potentielles auraient pu être évitées. Mais bon, ce qui est fait est fait, on ne revient pas sur le passé. Je vais couvrir Sava pour l’instant, ça ne me coûte rien et je pourrais toujours faire valoir cette faveur plus tard au cas où.

Les troupes du Commodore ont réussi à prendre le reste de la colonie aidés par des alliés inattendus, aucune trace de l’intervention des sirènes évidemment, mais nous avons été surpris de constater l’arrivée par le lac de plusieurs bateaux et d’un dirigeable arborant les couleurs de la Sérénissime. Il s’agit des navires que nous avons perdu de vue dans le brouillard peu avant de s’écraser dans la forêt. Le dirigeable cependant contenait un invité de marque, le Podestat de Trotolla en personne, Rodrigo Trenari, venu pour s’entretenir d’un sujet important avec le Commodore. Après nous avoir convoqué, ce dernier nous a expliqué qu’il a retrouvé les navires et en l’absence des dirigeables sensés les accompagner il a pris sur lui de les escorter jusqu’ici. Il nous a expliqué également qu’il est venu réquisitionner le Commodore ainsi que ses hommes pour participer à la guerre contre le Despotat, qui ne se passe pas aussi bien que ces chers Princes-Marchands ne le voudraient. Il repartira avec le Commodore et ses troupes d’élite dès que possible avec le dirigeable, il nous laisse les bateaux quelques temps, mais ces derniers devront finir par partir eux-aussi. Il nous prive ainsi de tout support militaire potentiel, il va falloir qu’on se débrouille sans. Cela étant, je ne vais certainement pas me plaindre du départ du conquistador, ça nous fera un problème de conflit d’autorité de moins à gérer (même si ce vieux con nous a dit qu’il finirait par revenir tôt ou tard).

Le 08/07/817

Avec le départ de ces gens, ça fait de nous, des capitaines de navire, et des quelques notables qu’on a pu capturer de la Nouvelle-Gubio, les personnes les plus importantes de l’expédition. C’est parfait. On va peut-être pouvoir commencer à avancer.


Dernière édition par Hadrios le Jeu 17 Mai - 22:12, édité 1 fois
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Hadrios



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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeJeu 17 Mai - 22:11

Nerguï Président
par Nico

Le 26/07/817

Sava est parti battre la campagne.  Si tu as, Grimald, le même goût pour les choses de lettres que feu mon Maître, tu auras probablement repéré la métonymie : en fait, Sava est parti battre les habitants de la campagne.  Officiellement, restaurer l’ordre, c’est-à-dire, dans le jargon de la Sérénissime, distribuer les tartes avec la même libéralité qu’un mécène des arts pâtissiers.  Le tout avec un sens de la justice très … idiosyncratique… pour un redresseur de torts…  (D’aucuns, sûrement, me trouveraient généreux en encre, d’écrire le mot en toute lettres, sans en abréger le -syncratique.)

Je ne peux pas dire que son absence m’attriste, vraiment.  Depuis les événements du Temple, il y a entre moi et Sava une de ces passionnelles amours qui ne se peuvent pleinement épanouir que dans la distance.  
Les activités de reconstruction vont bon train.  J’ai aidé, comme tout le monde ici.  Mais j’ai quand même pu trouver le temps de regarder alentours, notamment en quête de plantes commestibles.  La région produit du blé, l’un qu’Abrahamanam avait appelé blé « sorrain » (je ne suis pas certain de l’orthographe – en fait, je ne suis même pas certain que ça s’écrive), l’autre plus semblable à celui que nous connaissons en Sérénissime.  Il y a aussi de l’amarante et on m’a parlé d’un fruit jaune, vaguement phallique, qui pousse en grandes grappes et serait véritablement succulent.  Il me tarde d’y goûter.  

La dernière récolte venait d’être faite lorsque nous avons pris la ville de Nouvelle-Gubio.  Pardon, le comptoir d’Ondanera.  Il n’était pas question que la ville conservât son nom après la prise.  Ondanera se veut hommage au lac avoisinant et à ses eaux couleur de nuit.  Feu le baron-podestat peut se réjouir : sa sépulture entière aura donné son nom à la ville qu’il nous a léguée.  (Moi aussi, je peux inventer des testaments, hein…)  Bref, une partie de la récolte a été perdue lors de la transition de régime, et si on ne trouve pas de quoi nous sustenter d’ici huit mois, ce sont nos estomacs qui vont subir une transition de régime.  
La chasse pourrait être une option, mais on m’a dit que la forêt au nord-ouest était assez dangereuse pour que les tentatives aient échoué.  Non pas que les chasseurs de Sérénissime soient particulièrement doué, si tu veux mon avis de Cauh’Pan…  Quoi qu’il en soit, ça me donne envie d’aller voir ce qui y pousse et rampe.  

Il y a eu des élections ici.  Nerguï s’est présenté au Baron (et depuis, je trouve que leur relation s’est tendue, c’est à croire que le baron cherche à éviter tout ce qui lui rappelle ses responsabilités, et ce pauvre Nerguï en fait désormais partie).  
À mon grand étonnement, Nerguï m’a demandé de l’aide.  Je n’en avais aucune de pécunière à lui fournir, mais j’ai accepté de lui donner autant d’information que je pouvais en glâner, à condition qu’il intercède en faveur d’une solution diplomatique et pacifique avec le Ranisat des profondeurs, s’il est élu.  Ce qu’il a accepté, à mon soulagement.  

C’est surprenant ce que les gens peuvent parler lorsqu’on leur offre des baies.  Pendant le labeur de la reconstruction, les musclent se tendent, mais les langues se détendent.  J’ai aperçu le Tiefeling de l’autre jour, aussi.  Je suis content qu’il ait survécu aux événements tumultueux de ces derniers temps.  Je l’aime bien, en dépit de ce que nous ayons tenté de nous tuer l’un l’autre.  

J’ai pu abreuver Nerguï d’informations utiles.  Utiles pour lui, et pour la communauté : il importe que ceux qui tiennent les rênes du destin commun soient au courant des problèmes rencontrés par leur peuple.  Nerguï a pu aussi recevoir une aide pécunière de la part de Roderich (j’ignorais qu’il fût si riche !) et de Saaja, en échange, pour cette dernière, d’une place au Conseil en cas d’élections.  Et Ménéo Piccione, a intercédé en faveur de Nerguï auprès de ses hommes, en échange de la promesse d’être – littéralement – arrosé.  Il veut qu’on crée une brasserie.  Et pouvoir boire à l’œil.  Amusant, de voir que même ici où chacun n’avait qu’une pièce à verser au scrutin, une élection reste affaire de liquidités.  

Nerguï a été élu, à notre grande joie, et je ne peux pas croire ce qu’il a fait ensuite. Il a proposé de nommer au Conseil Sava, comme magistrat (je suppose que Nerguï ne partage pas mes doutes quant a sa probité), Roderich comme Procurateur (excellent choix, le docte homme fera merveille), Ménéo comme ambassadeur (sans doute pour son sens de la convivialité), Saaja comme Maîtresse des Guildes (évidemment) et… moi comme Consiliator !  Mais je n’avais rien demandé !  Il surestime mes talents, sûrement, et l’architecte sous écrous aurait sûrement fait meilleur ouvrage que je ne pourrais, si l’on était certain de pouvoir s’y fier.  Nerguï sait-il que la dernière fois que j’ai été mêlé à de la politique, j’ai fini condamné à mort, avant que ta providentielle intercession ne commue ma peine à l’exil en Terres de feu ?  

Bref, les propositions de Nerguï n’ont pas toutes été entendues.  Meneo a décliné le poste d’ambassadeur, mais accepté, bon gré mal gré (surtout mal gré) celui de Proveditiore, et Matéo Oliveira, l’adversaire de Nerguï pendant la campagne, est devenu Maître des Guildes.  Pas étonnant que l’intriguant ait réussi à se frayer un chemin jusqu’au Conseil, avec son influence.  Il était dans l’ancien conseil de Nouvelle-Gubio, et un des premiers à sentir le vent tourner lorsqu’il nous a amené les aéronefs…  Et au moment de la prise, je me souviens que le Podestat de Trotolla lui avait fait de si chaleureuses et ostentatoires accolades qu’on eût dit qu’il voulait annoncer devant les bons citoyens de Sérénissime qu’il comptait faire d’Oliveira le sigisbée de sa docile épouse.  Et par docile épouse, j’entends le Conseil d’Ondanera, bien sûr.  

Oliveira s’est bien vanté, pendant la campagne, de sa connaissance des aspects agricoles de la politique d’Ondanera.  Ce serait grâce à lui que les fermes fonctionnent et que nous mangeons.  Je l’ai moins entendu dire que ce serait grâce à lui si, dans huit mois, nous mourrons de faim.  
Saaja n’a pas fini bredouille.  Grâce à Nerguï, elle a été faite citoyenne de Sérénissime, et bombardée ambassadrice d’Ondanera.  J’y reviendrai dans un instant.  

On m’a convoqué pour assister au premier Conseil d’Ondanera.  Je ne pouvais pas croire qu’ils aient accepté la suggestion de Nerguï.  Il paraît que « mes talents sont reconnus » en Sérénissime.  C’est encore à toi, Grimald, que je dois ce miracle immérité, n’est-ce pas ?  J’ai pour toi une dette que je ne finirai jamais de rembourser.  

Je me rends compte à présent que, maintenant que je suis au Conseil, j’aurai moins de temps pour explorer les alentours en quête de flore inconnue.  J’espère qu’il m’en restera encore un peu.  

Mais revenons à la première réunion.  J’ai détesté Oliveira presque immédiatement.  Il affichait un mépris intolérable pour le peuple du Ranisat, complètement aveugle à ce qu’il pouvait nous apprendre.  Sur ce point, il ne vaut pas mieux que le Baron-Podestat (désormais connu comme le Spoliateur) ou le Commodore.  Enfin, grâce à l’éloquence de Nerguï, il a accepté de ne pas s’opposer à nos « négociations avec des poissons ».   Après que Meneo ait rappelé l’importance d’une brasserie (tiens, je me demande s’il serait possible de faire de la bière d’amarante), Oliveira nous appris qu’il existe une scierie à l’Ouest, dans la forêt, mais qu’elle est inactive depuis qu’elle a été attaquée par un arbre.  Un arbre qui se déplace ?  Il me tarde de voir ça !  

Oliveira nous a aussi recommandé l’architecte sous écrou.  Il l’a décrit comme un homme intègre qui prend de mauvaises décisions.  Je suis à peu près certain que sur sa langue, « intègre » prenait des accents péjoratifs.  
Après le Conseil, nous sommes retournés sur la plage où nous avions rencontré la jeune Halira.  Nous y avons trouvé une autre habitante des profondeurs, l’ambassadrice Leili du Ranisat.  

Leili chantait.  Et quel chant merveilleux !  Il avait la solennité macabre, mélodique et belle des chants sacrificiels de Cauh’Pa.  Pendant un instant, un instant bref mais délicieux, j’ai cru me trouver derechef à l’ombre des pyramides.  

J’ai pu assister, Grimald, à un des échanges les plus passionnants de ma vie.  
L’ambassadrice Leili a mentionné qu’il existe une engeance amphibie sur « Le Pic » (probablement, une île lacustre), dont la survie offense la Rani.  La tuer scellerait peut-être notre alliance avec le Ranisat, si tant est que nous veuillons nous risquer à nous impliquer dans un conflit dont nous ignorons tout.  

Il semblerait que la société de Ranisat soit divisée en strates, et je subodore que les rôles de chacun dépendent de la profondeur à laquelle ils peuvent plonger.  Je trouve cela merveilleux !  Assurément, la société du Ranisat a su maintenir une connexion significative avec la Nature et ses règles.  Nul doute que ce peuple a beaucoup à nous apprendre sur l’endroit où nous espérons nous intégrer.  

Le peuple du Ranisat semble curieux, au moins du point de vue gastronomique.  En échange du droit de pêcher en strate de surface, ils demandent à ce que nous leur fassions découvrir des plats terrestres.  Avec nos voisins gourmets, et Ménéo qui ne jure que par les spiritueux, il va falloir penser à ériger un temple à Laria dans Ondanera.  J’espère bien que notre gastronomie va se développer et devenir réputée.  

Par ailleurs, la curiosité des gens de l’onde me donne espoir.  Si elle s’étend au-delà de la seule gastronomie (et il semble que ce soit le cas, vu que Leili semblait favorable à ce que nous leur contions le récit de nos explorations terrestres), on pourrait peut-être, à terme, envisager une collaboration académique !  Roderich a aussi proposé de faire échange d’objets de métal.

Alors que nous revenions vers Ondanera, et que je m’enthousiasmais de la perspective de nos très prochains échanges, Saaja, qui, pour une raison que je ne m’explique pas, tirait la tête depuis le matin, m’a coupé la parole d’un péremptoire « Ta gueule Nico ! ».  Mais enfin !  Elle est ambassadrice près le Ranisat !  Comment peut-elle bouder alors qu’elle a une mission aussi intéressante ?  Parler avec les gens de l’onde !  Elle est commerçante, non ?  N’a-t-elle pas entendu l’ambassadrice parler des richesses du Ranisat ?  Quand le commerce avec nos voisins sera florissant, et qu’elle sera fournisseuse exclusive d’ustensiles d’opale polie ou qui sait quels trésors se cachent sous le Lac, elle fera encore grise mine ?  Il y a des gens qui ne savent pas apprécier leur chance !  

Suivent quelques croquis hâtifs, notamment une cloche en bois lestée de métal, partiellement plongée sous la surface de l’eau.  À l’intérieur, dans la partie basse, une sorte de corniche parcourt la circonférence de la cloche, sur laquelle sont posées quelques assiettes, préservées de l’eau par l’air emprisonné.  Plusieurs sirènes peuvent rentrer dans la cloche pour accéder au contenu des assiettes.  À côté, un mot : « Réalisable ? ».  D’autres notes hâtives : comment savoir ce qui est toxique pour elles ?  Comment réaliser l’échange ?


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeJeu 17 Mai - 22:12

Dans la forêt

par Roderich Trödelmaus

Le 28/07/817

Nous avons reçu une lettre de Sava, qui quitte la magistrature pour se consacrer au maintien de la stabilité dans les parties éloignés de notre empire bourgeonnant. Nous proposons le poste au Capitaine Robaldo Valeriano, qui accepte à titre temporaire.

Concernant Nico, Sava déclare également dans la lettre que, pour son attaque à l'encontre d'un redresseur de torts, Nico sera placé sous liberté conditionnelle pour 10 ans, avec possibilité de racheter la peine  à hauteur de 600 pièces d'or par année. Il devra également verser 25 pièces d'or à Sava et ne pourra pas quitter l'expédition pour la durée de la peine. Je m'avoue assez déçu de ne pas avoir pu contester cette décision en personne, j'espère que nous pourrons trouver un moyen de l'alléger dans le futur. Pour moi Sava était clairement en tort et cette condamnation est disproportionnée par rapport à la situation.

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Le 29/07/817

Nous décidons ensuite d'aller voir ce qu'il s'était passé à la scierie. Nous partons avec 4 gardes, Georges et 3 autres gardes tous prénommés Jean. Nous avons réussi à trouver les corps des bucherons tués. Une fois sur place, nous trouvons les restes des bucherons qui ont été tués, certains tués par des "troncs" clairement, d'autres trainés jusqu'où ils sont par des animaux, leur corps ayant été partiellement mangé. Les coupables sont probablement des ents. Une mort ironique s'il en est, pour un bucheron, d'être tué par un arbre. Il faudra que je me méfie d'éventuelles fioles errantes à l'avenir.

Avant de s'avancer plus dans la forêt, nous décidons de monter le camp en dehors. J'ai pris le temps d'analyser le bois local. Sa sève semble être empoisonné, mais très faiblement. La qualité du bois comme matériel de construction est assez faible, et il ne peut pas être utilisé pour faire des bateaux à mon avis.

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Le 31/07/817

Une fois la nuit passée, nous nous dirigeons vers la scierie elle même. Je me fais mordre par une sorte de serpent déguisé en fleur, une saloperie qui pullule dans le coin et qui m'a empoisonné. Heureusement nico m'a soigné, j'aurai été bien embarassé sinon.

Un ent assez imposant nous attaque, et nous arrivons à l'abattre, malheureusement celui ci a réussi à tuer Georges, que nous n'oublierons jamais.

La scierie elle même était toujours debout et nous décidons de continuer l'exploration plus loin en suivant le lac. Nous envoyons deux de nos gardes prévenir la ville de ce qu'on a fait et de ce qu'on veut faire. L'exploration reprendra quand ils seront revenus, avec d'autres hommes pour rapatrier les corps des bûcherons et de Georges à la ville.
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Hadrios



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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMar 5 Juin - 19:33

Ils sont violents et ont de grandes dents...

Par Nergui le Clairvoyant

Le 04/08/817

Nous avons rebroussé chemin après notre conflit avec l’homme-arbre, histoire de faire rapatrier les corps des victimes à Ondanera ; la présence de cadavres pourrait nuire à l’efficacité des pauvres bûcherons qui devront travailleront ici, et il ne faudrait pas que du matériel potentiel soit perdu en étant laissé à l’abandon … Nos gardes sont allés chercher de l’aide pour ramener les corps et, dans un élan de témérité inhabituelle et incompréhensible, nous avons décidé de poursuivre notre exploration de la forêt.

Alors qu’on s’enfonçait dans les bois, nous avons commencé à trouver des traces de la présence d’un prédateur assez imposant et capable semble-t-il de se déplacer par les arbres, je commençais déjà à regretter l’absence de nos gardes. Alors que nous nous montrions attentifs, nous avons commencé à trouver des pièces d’or issues de diverses nations de la région, semblant disséminées sur le chemin probablement par d’anciennes victimes du mystérieux prédateur.

Petit détail amusant, le gentil petit Nico, parangon de générosité désintéressée quand il s’agit d’informations et de connaissance, nous a montré un nouvel aspect de sa personnalité : il semblerait que même lui ne soit pas à l’abri des horribles affres de la cupidité. Il a, sans même s’enquérir de mon avis ou de celui de Roderich, demandé à ce que la totalité de l’or trouvé soit consacré au recouvrement de l’amende imposée par le Redresseur de Tort. C’est mignon. Bien évidemment, je lui ai fait comprendre ce qu’il en était et il s’est ravisé, nous avons donc divisé le maigre butin (à peine plus d’une dizaine de pièces d’or) en trois parts.

Alors que nous suivions les pièces d’or abandonnées, nous nous sommes retrouvées dans une petite clairière parsemée de divers cadavres qui devait probablement servir de salle à manger au mystérieux prédateur. Ou je devrais plutôt dire « aux mystérieux prédateurs », parce que ce ne sont pas un mais deux de ses monstres qui nous sont littéralement tombés dessus alors que nous inspections la zone et fouillons les quelques cadavres encore en état. Et bordel de merde quels monstres !

J’ai bien cru qu’on allait y passer ! Des créatures de probablement plus de deux mètres hauts, ressemblant vaguement a des espèces de marsupiaux/rongeurs/primates ou un infâme mélange entre tout ça. Des griffes énormes pour incapaciter leurs proies. Des crocs encore plus énormes qu’ils utilisent pour exsanguiner leurs victimes. Pas forcément très intelligentes, mais avec toute la ruse qu’on peut attendre d’un prédateur très expérimenté. Les trois Jean ne m’ont jamais autant manqué qu’à ce moment-là. J’ai été obligé de recourir à de la nécromancie pas très discrète pour me défendre : j’ai réanimé temporairement le corps d’une des victimes pour l’envoyer attaquer les des bestioles, mais cette dernière ne semble pas avoir été spécialement gênée par l’agression … Il va falloir que j’améliore ma technique, je manque d’entraînement. Les créatures nous ont mis la misère, Roderich et Nico ont été sévèrement blessés, et on a dû fuir dans des directions différentes. Je n’ai pu survivre que grâce à mon sort d’invisibilité, encore lui, décidemment, le temps investi dans son apprentissage n’aura jamais été aussi bien rentabilisé.

Plusieurs heures plus tard, on finit tout de même par se retrouver. On panse nos blessures et on reprend tout doucement nos esprits. Clairement, si on veut retourner là-bas, il va falloir y aller bien préparés. Roderich à les yeux injectés de sang et semble infecté par un truc bizarre, une sorte d’effet magique étrange, une malédiction peut-être, il va falloir garder ça à l’œil. On décide de boucler rapidement la cartographie de la zone et de rentrer à la ville, pour prévenir du danger de la région. Cette mésaventure nous aura un peu refroidi, mais j’espère bien qu’on aura l’occasion de revenir à terme, j’ai bien l’intention de récupérer un spécimen pour mon usage personnel, et je déteste rester sur un échec.

09/08/817

De retour en ville, on a appris que le Magistrat par intérim, Robaldo Valeriano, s’était bien mis au travail. Trop bien même. Cet idiot de militaire bas du front s’est mis en tête de faire respecter la loi de la Sérénissime au pied de la lettre, sans aucune nuance ni réflexion. J’aurais cru qu’un type ayant grandi parmi des marchands aurait un minimum de sens commun. Il veut faire exécuter tous les partisans de Benefacio qui ne se sont pas encore rallié à nous, à commencer par l’architecte qui est détenu dans les geôles. Ce qui est débile. Profondément débile même. Et dangereux. Et court-termiste. Je dois continuer ? Après réunion du Conseil, j’ai réussi à le convaincre du surseoir à son jugement pour l’instant. Si Ondanera doit prospérer, et je veux qu’elle prospère, on doit se montrer malin et gagner un maximum d’atouts à notre cause, et clairement l’architecte en fait partie. Hors de question de le perdre parce que notre Magistrat fait de l’excès de zèle.

15/08/817

Aujourd’hui, on a encore eu des problèmes de Magistrat. A croire que ce poste est maudit. Résumé de la situation : notre cher Robaldo a fait pendre sans avertissement un noble de la colonie ce qui est techniquement dans ses attributions mais étant donné la conversation qui avait eu lieu peu avant au Conseil, une telle prise de position m’a un peu surpris, j’ai donc immédiatement réagi en faisant interdire toute exécution qui n’aurait pas été validée préalablement par le Conseil.

Il semble l’avoir mal pris et a fait exécuter quelqu’un d’autre en réponse. Juste avant de s’enfuir lorsqu’on a cherché à le faire arrêter. Après enquête, on a retrouvé le véritable Robaldo, gravement blessé et ligoté sous son lit. Quelqu’un a donc imité son apparence, avec suffisamment de précision pour tromper les assistants du Magistrat qui plus est. Très intéressant. Il va falloir se renseigner et faire mener une enquête plus approfondie, ce genre de subterfuge m’intéresse. Le Magistrat va s’en tirer parait-il, tant mieux j’imagine, mais il va avoir besoin de temps pour se remettre.


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeJeu 7 Juin - 22:02

Les Echos du Sultanat

par Roderich Trödelmaus

Même si ce n'était pas dans mes objectifs lorsque je me suis engagé dans l'expédition, gérer les comptes et l'avancée de la brasserie simultanément se trouve être un défi interessant. Mon éxperience du brassage étant essentiellement théorique, je doute que les premieres boissons produites soient d'une quelconque qualité. Malgré tout, au rythme de nos progrès, je pense que nous pouvons viser une production convenable pour la ville, autant en terme de qualité que de quantité, d'ici une année. Je travaille également à la mise au point d'une cruche alchimique, pour générer une petite quantité de liquides divers plus simplement.

Notre enquête sur le double du magistrat n'a pas encore rencontré de succès, elle. J'ai essayé de trouver des sources de magie dans la maison de Valeriano, mais n'est rien trouvé.

Mon état de santé ne s'améliore pas, mais ne s'aggrave pas. J'ai toujours les yeux rouges et j'ai entendu certains se moquer, disant que je continue à "jouer" avec de l'incandescente. Je n'en prend pas ombrage mais note les noms de ceux qui souffriront d'un rationnement d'alcool une fois la production mise en marche. Ca leur apprendra.


Le groupe décide d'aller explorer les terres directement au sud, que ne nous ne connaissons pas encore. A notre grande surprise, nous trouvons un camp gardé par des morts vivants. Ceux ci obéissent aux ordres d'une forte charmante jeune femme du nom de Balqis. N'étant pas aggressifs, nous discutons avec elle, et son frère Muslih.

Ils viennent tout deux de l'est du Sultannat de Nékhéara, loin au sud ouest d'Ondanera, d'une région qui s'appelle Anuké et est fortement désertique. Ils sont issus d'une famille prospère, et disposaient d'un précepteur du Négusat Trégénide, un signe d'une éducation de qualité. Ils ont quitté le sultannat pour s'installer au Califat Hadursha, à l'est de notre position, étant attirés par ce qu'ils en ont entendu : la possibilité de vivre une vie paisible pour ceux qui en ont les moyens.
Par rapport aux morts vivants, ils nous informent que la plupart des nations proches pratiquent la nécromancie, mis à part le Despotat de Maadba , loin au nord ouest de chez nous, cette différence culturelle motivant des guerres fréquentes entre le déspotat et le reste. Par ailleurs, toutes ces nations nécromanciennes ne pratiquent par cet art de la même façon. Au sultanat, être relevé est un honneur et potentiellement un signe de statut (en fonction du rituel utilisé pour l'acte), alors qu'au califat les morts vivants ne sont rien de plus que de la main d'oeuvre. Je soupçonne que les deux voyageurs sont nécrommancien, une supposition que n'importe qui aurait faite. Je tiens à noter ici l'interet particulier que porte Nergui à nos hotes et leurs pratiques.

Après avoir passé la nuit sur place, nous décidons de les inviter à venir travailler à notre service à Ondanera, invitation qu'ils acceptent.

A notre retour, nous remarquons une tension assez importante régnant dans la ville. Une enquête rapide nous indique qu'il s'agit du trop grand nombre d'esclave qui menacent de se révolter. Un problème que nous gèrerons en temps voulu, après un bon repos suite à notre dernier voyage.


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeJeu 7 Juin - 22:15

Le premier Cataclysme

Par Parwaaze

21/08/817

Laissez-moi vous raconter l’histoire de mon arrivée à Ondanera, et sa destruction partielle par le Premier Cataclysme.

C’est arrivé peu de temps après la Séparation. Après avoir quitté les limites du Califat Hadursha, j’errai sans but. Petit à petit, je formai en moi-même le projet de découvrir un nouveau Sanctuaire, et priai le Fils de m’y guider. Je parti donc en direction du Despotat de Maabda, au travers de terres non cartographiées.

Ce ne fut pas un trajet aisé, je fatiguai plus vite que de coutume et rationnai ma nourriture sévèrement. Au bout de quelques jours de marche seul, je tombai sur des corps sans vie. Le plus frappant chez eux, outre le fait qu’ils avaient rejoint Notre Mère dans l’illusion de l’au-delà, était leur peau blanche, plus blanche que bien des fleurs des jardins du Calife. Ils portaient sur eux une carte, sommaire et sans échelle, de la région, qui me permit de trouver le point d’eau le plus proche pour m’abreuver.

Ce que je pensais au premier abord être un lac s’avéra bien vite être une véritable mer intérieure. La Mère m’a bien eu, j’ai eu du mal à croire qu’une étendue d’eau de cette taille soit cise si loin au cœur des terres. Je formai instantanément le projet d’en faire le tour, car une telle étendue d’eau doit mener à vénération par certains peuples, et qui sait, peut être le Fils est-il passé là auparavant ?

En approchant de la rive, je rencontre un chemin. En suivant ce chemin, je découvre une ville… Enfin, les prémices d’une ville. Un groupe de tentes, dont seulement quelques bâtiments sont en dur, la plupart de bois, et un ou deux de pierre, sur des hauteurs. L’ensemble est peuplé de gens tout aussi blanc que ma rencontre précédente, avec quelques cousins cornus parmi eux. Mais les quelques Tiefling présents portent chaines et entraves, comme le font d’autres hommes.

J’attire très vite l’attention. Ces gens n’ont de toute évidence jamais rencontré de Rasvan, et leur pratique de l’esclavagisme n’y est certainement pas étrangère… Je profite de cette attention pour leur présenter mon meilleur visage, et me dirige vers l’auberge, qui s’identifie rapidement par les bruits habituels de conversation et de beuverie, les paroles des rares consommateurs étant portées par le vent au travers des murs de toile. On y sert une bière forte, apparemment à base d’Amaranthe, et qui n’a rien à voir avec tout ce que j’avais pu goûter jusqu’à présent. Très forte, et un goût acre en arrière bouche… Somme toute à l’image de la tavernière, dont l’austérité va de pair avec sa capacité à tenir son établissement.

Pendant que je fais descendre le contenu de ma chope à petites gorgées parcimonieuses en observant les gens alentours, deux hommes s’assoient à ma table. Le premier, homme au teint allé qui tranche agréablement avec la pâleur environnante, se présente comme Nerguï. Le second, Roderich, est un petit homme laconique au regard fou et aux cheveux de feu. Après quelques minutes de conversation, ils s’avèrent être respectivement podestat et procurateur de la cité en développement, avec le baron marchand. Avant que je puisse m’enquérir des possibilités que pouvait m’offrir cet endroit avant de reprendre mon pèlerinage, nous sommes interrompus, et mes interlocuteurs s’en retournent à leurs occupations… du moins, essaient.

Tous les regards se tournent bientôt en direction du Nord. Un nuage pointe à l’horizon, menaçant. On ordonne de mettre les vivres et les affaire à l’abris, et chacun s’y affaire. Peu après, le bruit suit. Une sorte de vrombissement, assourdissant. Et qui vite s’abat sur la ville en construction. Des insectes gros comme le poing, à la carapace lisse et aux dents voraces s’attaquent à tout ce qu’ils trouvent à manger… à savoir tout, mis à part la pierre. Les villageois et les soldats sont bien vite dépassés par l’ampleur de l’essaim d’insectes vautours qui fond sur nous. Le podestat se fait engloutir, et ne doit la vie sauve qu’à ses gardes. L’instant après être débarrassé de l’amas de moustiques-vautours qui l’engloutissaient, il disparait.

Dans un état d’effarement provoqué par les créatures, je m’empresse de suivre Roderich à la recherche d’un abri, et je ne suis pas la seule personne à partir à sa suite. Nous nous fuyons en direction du promontoire, sur lequel se dresse une petite bâtisse en pierre. Occupés à préserver nos vies en arrachant le moindre insecte destructeur qui se pose sur nous, nous ne remarquons qu’au dernier moment la créature qui chasse fiévreusement sur notre chemin. De la stature d’un petit cheval, elle a l’allure d’une mante religieuse. Noire et recouverte d’une carapace protectrice, elle déjoue les attaques des gardes qui essaient de la tuer à coup de lance. C’est à peine avec un regard que Roderich lui jette une fiole d’un produit abrasif qui siffle en touchant sa cible, et s’enfile à travers la porte du manoir, déjà ouverte. Sans la moindre hésitation je suis, accompagné de quelques compagnons d’infortune.

Nous retrouvons Nerguï à l’intérieur, dans un état proprement hystérique. L’approche de la mort fait perdre leur sang froid à bien des personnes, et le savant politicien n’y était en rien immunisé. Je m’empresse d’éliminer les quelques bestioles qui nous ont suivi en lieu sûr, et guette l’évolution de la situation à l’extérieur.

Bientôt, une nouvelle ombre emplit le ciel, et un cri suraigu retentit. A ce signal, les insectes laissent les cadavres dont ils se nourrissaient voracement et rejoignent le ciel. Des gardes viennent nous sortir de notre torpeur sonnée pour demander des ordres aux dirigeants bien secoués dans leur refuge.

L’extérieur est un bain de sang. Quiconque n’était pas assez vif pour arracher les assaillants s’est vu dévoré vivant, et de nombreux blessés naviguent dans les rues, hagards, à la recherche d’une personne ou d’un objet. Le cadavre de la créature qui se trouvait sur notre chemin atteste de la mortalité du genre, dans un réconfort bien mince. La plupart des morts sont méconnaissables, et la blancheur des os tranche bien plus sur la noirceur du sang que la peau des vivants. J’assiste Roderich dans les soins aux blessés pendant que le Podestat de la désormais bien réduite colonie d’Ondanera fait l’inventaire. Hélas, les nouvelles sont bien sombres, et la réserve de nourriture a disparu… ainsi qu’une partie du trésor, mais certainement pas à cause des insectes. Un sentiment de tristesse pour les morts et de peur pour le retour des créatures emplit la ville, et le départ de l’ambassadrice en négociations auprès des puissances environnantes n’est qu’un bien maigre espoir pour la colonie.

Ainsi survint le Premier Cataclysme, qui s’annonçait l’apogée d’une période de troubles pour l’avant-poste Sérénissien sur les berges du Lac Insondable…
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Hadrios



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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMar 26 Juin - 18:30

Qui sème la guerre...

Par Nergui le Clairvoyant

Putain de merde, rien ne va plus. Rien ne va plus du tout. Depuis que cet essaim de l’enfer nous est tombé dessus, et que je suis passé à deux doigts d’être boulotté vivant par des espèces de sauterelles démoniaques géantes, tout part en couille ici. Plusieurs dizaines de morts, au moins autant de blessés, nos réserves de nourriture englouties, les quelques fonds qu’il nous restait mystérieusement envolés … Et je n’ai même pas pensé à profiter de la catastrophe pour pousser Oliveira dans le nuage de bestioles, l’occasion était pourtant parfaite. Quel imbécile je fais, il va falloir trouver une autre occasion mais ça lui laisse le temps de consolider davantage sa position et de tirer la situation a son avantage. Merde.

Evidemment, j’ai convoqué un conseil d’urgence. Sava est toujours en train de tabasser des gens aux bordures du territoire ; Nico est parti chercher une solution à notre problème de nourriture, il a intérêt à trouver une solution rapidement, sinon on va crever de faim rapidement ; et Saaja enfin, est partie avec une petite escorte en direction du Califat, soi-disant pour essayer de ramener de l’aide, je n’y crois qu’à moitié, y a des chances qu’elle ait juste décidé de partir de son côté en voyant le vent tourner. Les autres membres du conseil étaient tous là, même notre petit baron à pointé le bout de son nez, il a juste fait acte de présence certes mais il était là. On a longuement débattu de ce qu’il fallait faire maintenant, on est dans une sale situation, oscillant dangereusement entre le « catastrophique » et le « mortelle ». On avait déjà des problèmes d’agitation auparavant, et la perte des vivres ne va rien arranger, d’autant plus que des réfugiés semblent commencer à affluer vers nous et qu’il va falloir les gérer. Compte tenu de la situation, plusieurs solutions ont été abordées et rejetées, et il a été finalement décidé de se rendre au temple du poulpe des montagnes, pour « demander » de l’aide. D’abord gentiment bien sûr, on est des gens civilisés quand même, mais s’ils refusent, on prendra ce dont on a besoin par la force si nécessaire. Et si on doit buter ces crétins prétentieux de prêtres d’Hassessi, disons juste que ça sera un bonus appréciable.

J’ai également demandé que soient assouplies les lois et les règles de la Sérénissime jusqu’à ce que la situation revienne à une forme de normalité. Je n’ai pas l’impression que le reste du conseil ai compris que je parlais de nécromancie, pourtant j’avais eu l’impression d’être assez transparent en parlant des invités originaires du Sultanat qu’on a ici et de leurs coutumes et méthodes. Ils ont considéré que je parlais des droits de naturalisation pour les étrangers. Quelle bande de cons sérieusement. On est de l’autre côté de la mer, à plusieurs mois de voyage dans des transports qu’on n’a pas, sans espoir de soutien de Trotolla, sans même savoir si on survivra jusqu’au mois prochain ; et cette bande d’imbéciles finis s’inquiète de savoir que des étrangers pourraient entrer sur le territoire de la Sérénissime. J’en rirai bien si je n’étais pas aussi atterré par cette réaction. Mais soit, s’ils veulent se draper dans leurs règles idiotes et leurs coutumes inadéquates, qu’ils le fassent, je veux bien faire des efforts pour sauver ce qui peut l’être, mais je ne ferai rien pour aider une bande de crétins décidés à se suicider pour quelque chose d’aussi ridicule que ce genre d’opinions.

Je suis parti en direction du temple le lendemain, accompagné de Roderich, de quelques gardes et d’une Rasvan nommée Parwaaze, qui était arrivée à Ondanera quelques heures avant l’attaque des insectes (elle pourrait les avoir attirés ici ? Peu probable mais à surveiller). Après un trajet sans trop d’embuches, on en a profité pour tenter de faire connaissance avec la nouvelle, mais elle semble rester assez vague dans ses réponses tout en essayant d’en apprendre plus sur nous, si son but est de se faire accepter, ce n’est probablement pas la meilleure méthode, là elle parait juste suspecte. J’ai quand même réussi à comprendre qu’elle était une fidèle de Sarabdim, sa foi pour la défunte Tisseuse de Mensonges explique peut-être ses réponses mais je vais rester sur mes gardes.

Arrivé sur place, on a été accueilli « chaleureusement » par les locaux qui nous ont refusé l’entrée comme prévu. Je me suis au départ montré aussi courtois et diplomate que possible vu la situation, mais vu que c’était à sens unique, ça a tourné en un court échange d’insultes avec ce charmant Wasu’saarma, il nous a renouvelé son vœu de nous voir quitter les environs du temple, alors qu’il accordait le bénéfice du doute à Parwaaze et la laissait entrer si elle acceptait de payer la taxe, pardon, l’offrande à la Très Sainte Eglise d’Hassessi. Quant à nous, j’ai décrété que puisque notre présence n’était pas souhaitée dans l’enceinte de l’édifice, nous installerions notre camp devant l’entrée. C’est dangereux, ils pourraient nous flécher pendant la nuit, mais je doute qu’ils le fassent, ça irait à l’encontre de leur philosophie d’aide, je serai bien allé pisser les portes, mais je me suis dit que c’était peut-être trop. La Rasvan a passé la nuit au temple, mon petit serpent au venin hallucinatoire, réanimé depuis notre passage dans la forêt des Longues-dents, aussi. La tentation de lui faire mordre cette espèce de connard de prêtre était forte, mais ça aurait été du gâchis, je n’ai qu’une dose de venin, si je peux j’aimerais la garder pour l’homme-chat qui leur sert de chef. Au matin, Parwaaze est revenue, surprise que nous l’ayons attendue, pour nous dire qu’après négociations avec les prêtres, ces derniers acceptaient de recueillir et aider ceux qui viendraient ramper jusqu’à leurs portes mais qu’en dehors de ça, ils ne bougeront pas le petit doigt pour nous. Eh bien soit, s’ils veulent la jouer comme ça, nous allons prendre leur temple, vider leurs réserves, réduire leurs prêtres en esclavage et saler l’espèce de monstruosité tentaculaire qui leur sert de dieu s’il faut en aller jusque-là. Tu vois ça Hassessi ? Si c’est le cas, les choix de tes servants montrent les limites de ton pouvoir, faux-dieu. Les choses auraient pu tourner autrement. Mais je n’aurais pas plus de pitié pour toi et tes fidèles que l’Oublié n’en a eu pour les autres dieux.


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeJeu 5 Juil - 22:24

...Récolte la tempête

Par Roderich

Nous faisons route pour Ondanera. La ville est désormais pleine d'individus de diverses races, qui n'étaient pas là à notre départ. Apparemment, les réfugiés dont on avait parlé avant notre départ. Sans attendre, Nergui convoque le conseil. Nous discutons de la marche à suivre par rapport au temple, mais Parwaaze nous interromps, proposant ses informations sur le temple. Mais un papillon bleu étrange l'interrompit, prenant la forme astrale de Dharif le Magnifique, notre vieil ami de la tour du gouffre. Il nous propose d'envoyer un groupe pour aller chercher un artefact qui empêcherai un retour des insectes, en échange des autres artefacts qu'ils trouveraient dans l'expedition.

Evidemment, Mateo est choqué d'apprendre son existence et notre rapport avec lui, suggérant de même que ses cadeaux devraient être mis à disposition du conseil. Ce rat m'est de plus en plus antipathique, et j'espère que la degradation générale d'Ondanera finira par le toucher lui aussi, ayant au moins un effet positif... Il suggère d'ailleurs d'envoyer une partie des esclaves comme avant garde, histoire de faire d'une pierre deux coups. Evidemment cette contribution des marchands sera repayé par une partie des ressources reprises au temple. Même si la suggestion ne manque pas de sens, il en fait aucun doute qu'il compte en profiter pour prendre plus que sa juste part. Heureusement Meneo partage mon doute et en tant que Procurateur je superviserai le pillage du temple.

Au final on envoi Parwaaze, qui a déjà ses entrées, avec d'autres réfugiés, pour qu'ils ouvrent les portes ou créent de l'agitation, mettre en défaut les prêtres. Puis nos troupes rajouteront une part de pression par l'extérieur. Alors que nous sommes en route, je me rends compte que personne n'a pensé à mettre au point un signal pour nous prévenir de l'intérieur que nos alliés ont mis le boxon. J'espère que cela ne posera pas de problème plus tard. Peu de chances que ce soit le cas malheureusement. Vu que notre Podestat a finalement décidé d'infiltrer le temple avec le groupe de Parwaaze, j'estime que leur objectif pourra être rempli sans trop de soucis.

La nuit avant l'assaut, ce cher Meneo m'extorque le vin de ma cruche alchimique, en échange de quoi j'obtiens sa complète coopération vis à vis de l'exploitation des ressources du temple (ses hommes les récupèreront sans discernement et je me chargerai de la repartition).

Le siège est lancé, dans la panique, plusieurs esclaves tentent bêtement d'escalader les murs, et se font tirer dessus par mégarde pas nos hommes, un bon nombre d'entre eux se retournent contre nous. Je note les visages de ceux qui sont restés loyaux, peut être leur liberté pourra être discuté s'ils survivent. A l'intérieur du temple, le chaos règne déjà, nous assurant une progression rapide. Les hommes du capitaine sont diablement efficaces et exécute tout les prêtres qui se tiennent sur leur chemin.

Je finis par arriver à la grotte où résident le grand parleur et Hassessi. Je suis plutôt satisfait de voir qu'il est relativement ouvert à la négociation, j'aurai préféré évité de tuer un dieu, bien que ce genre d'acte pourrait tenter l'ego de plus d'un homme. Le grand parleur m'indique qu'il sait pourquoi je tiens à épargner son dieu, et m'indique également que mon objectif sera accompli, sans éviter les habituelles lignes dans le style "Mais est ce que ce que tu trouveras sera ce que tu veux trouver ?". J'imagine qu'on ne devient pas "Grand Parleur" sans un minimum de talent pour le dramatique et les paroles obscures...

Au final, avec Nergui (que je retrouve dans la grotte, déguisé), nous imposons une annexion au temple, et nous leur promettons l'inviolabilité de la chambre d'Hassessi ainsi que de leur laisser quelques ressources pour qu'ils puissent survivre. De même, des prêtres d'Hassessi pourront venir à Ondanera. J'espère qu'avec le temps les tensions diminueront entre nous, et que nous finirons par pouvoir bénéficier des pouvoirs d'Hassessi pour le bien de la région. Si on avait pu prévoir le cataclysme volant nos pertes auraient été bien moindres...


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMer 29 Aoû - 21:34

Partie à compléter : pillage du temple, mort de Sava, ...
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MessageSujet: L'Avènement des Archontes   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMer 29 Aoû - 21:43

L'avènement des Archontes

par Meneo Piccione

03/09/817

Voilà que le mois de Septembre débute. Je fête mon anniversaire avec un grand verre de vin. C’est une bénédiction que l’alchimiste du directoire ait eu le bon goût de pouvoir produire ce nectar. Cela fait maintenant plusieurs jours que j’attends ici, au temple d’Hassessi, pendant que Tibor s’assure de la sécurité à Ondanera. Les rapports sont calamiteux, et je crains que tôt ou tard le Conseil soit la proie d’une révolte généralisée.

Même ici, on commence à crever de faim. J’ose à peine imaginer ce qu’il en est à Ondanera et dans les régions touchées par l’Essaim. Nos réserves d’or sont au plus bas, et j’entends parfois grogner les mercenaires de la compagnie du taureau. Le Capitaine Tibor les calme à grand coup de promesses…On verra combien de temps il parviendra à les tenir en respect.

Ce n’est pas mon anniversaire aujourd’hui. Mais qui va bien pouvoir me le reprocher ? Je profite du moment avec mes hommes, confortablement installé sur la terrasse de l’ancienne maison du Grand Parleur. De là, on peut voit l’Ambrée refléter le soleil couchant, ce qui me rappelle évidemment les contrées d’où je viens.

06/10/817

Je suis rentré à Ondanera pour le conseil du mois d’Octobre. Les rapports des dépenses sont alarmants, de même que ceux de nos récoltes. Il devient très clair que personne ne va prendre de poids dans les mois à venir. Moi qui les préfère avec des formes, je vais devoir prendre mon mal en patience.

La mort du redresseur de torts laisse Ondanera dans une situation délicate ; sans personne pour s’occuper des marches, on voit chaque jour naître des groupes dissidents. Certains s’adonnent au brigandage ou refusent purement et simplement de donner des vivres à la baronnie. Quelque part, je les comprends…Il est difficile de séparer de sa croute lorsqu’on a plus que ça à se mettre sous la dent. Il est de toute façon hors de question d’organiser des sorties punitives alors qu’on peine déjà à assurer l’ordre à Ondanera.

La fin de ce conseil va très certainement rester gravée dans ma mémoire. Voyez la scène : ce rat de Mateo Oliveira annonçant sans honte qu’il va mener une expédition hors d’Ondanera pour commercer avec les nations avoisinantes. De nombreux prétextes aussi stupides que fallacieux nous sont servis avec une délicatesse infinie. Pendant ce temps, j’observe avec insistance mon « ami » Robaldo, lequel reste muté dans un silence assourdissant. Le lendemain, Ondanera verra le départ de Mateo accompagné de la plupart des marchands de la ville, d’une poignée de nobliaux, du Capitaine Valeriano et de ses troupes. L’enfoiré ne m’aura même pas dit au revoir. Naître avec une cuillère en argent dans la bouche ne vous apprend pas les bonnes manières…

A peine les rats quittent le navire que l’on voit déjà sortir des brèches les missionnaires d’Hassessi. Décidément… Nous avons dû froisser des dieux locaux, pour bénéficier d’une malchance pareille. Ca va mal finir, reste à savoir pour qui.

10/11/817

Nous voilà en Novembre. Au moment où j’écris ces quelques lignes, je fuis la pluie qui n’a pas cessé de tomber aujourd’hui. Des orages à n’en plus finir qui sont considérés comme normaux par les gens du cru.

La météo est parfaite pour illustrer la semaine pourrie que j’ai vécue au fin fond du monde connu. Le Conseil, en présence du jeune Baron, aura vu le Podestat prendre une décision audacieuse : il renonce à son poste et invite chaque membre du conseil à en faire de même. La situation est effectivement suffisamment dramatique pour reconnaître que nous perdons face au chaos croissant.

Hier, le Baron a fait annoncer à tous qu’il renonçait à son titre de Gouverneur de la Baronnie-marchande des Terres de Feu. Ce n’est pas une grande surprise pour moi, puisque j’étais dans la confidence. Des discussions ont été tenues entre lui et des représentants du culte d’Hassessi, et ce sont ces derniers qui ont finalement décidé de reprendre la gestion de la ville. Le Grand Parleur a envoyé trois de ses Initiés, avec des noms à coucher dehors, pour gérer les choses à sa place.

Très rapidement, les bigots ont fait main basse sur les maigres richesses de la ville…Je parle de celles que Meneo n’a pas pu emporter avec lui. Les Initiés ont évidemment décidé de les renvoyer au temple, sous bonne garde. Par « bonne garde », comprenez que je ne fais plus trop partie du tableau… et ce même si mes hommes et moi assurons la sécurité du temple et d’Ondanera.

Je ne sais pas si c’est un détail ou non, mais je n’oublie pas que quelques jours avant leur démission Nergui et Roderich m’ont demandé une escorte pour Balqis Torres. Je pense qu’ils prévoient une solution à long terme pour nous sortir de notre merdier. Il me reste à leur faire confiance, et surtout à protéger le jeune Baron…Je ne sais pas quel est le connard qui a envoyé cet enfant dans cet enfer, mais il mérite un bon gros coup de poing dans les dents.

14/02/818

Les Initiés gèrent la ville depuis un bon mois maintenant. La vie ici est ponctuée par…pas grand-chose. J’ai l’impression de me retrouver dans un de ces vieux romans présentant des contrées perdues du Duché de Merkal, où des prêtres vivent ensemble pour s’adonner à je ne sais quelle bigoterie de mauvais aloi…

Je ne dirai qu’une chose pour présenter l’horreur : PAS. DE. VIN !
Pas de vin, bordel de merde !

Ces gens sont fous, j’ai tenté par tous les moyens de leur dire que cela va pouvoir rendre mes hommes plus dociles, mais ils s’en foutent. Heureusement, j’arrive encore à inciter Roderich à m’en produire un peu de temps à autre avec sa cruche magique (je devrais sans doute prévoir de la lui piquer, un jour). Bordel, que les coteaux de Roccadura -et ses vins corsés- me manquent…

Pour l’essentiel, il faut admettre que les Initiés font de leur mieux pour éviter les esclandres. La ville n’évolue pas, mais tous ont le minimum de survie pour le lendemain, et c’est déjà un luxe lorsque l’on regarde derrière nous.
Pour autant, je ne suis pas sûr que ce mode de vie plaira longtemps à tout le monde. A commencer par moi… Reste à voir si je vais prendre les devants.

02/03/818

Voilà…Honnêtement, je me sens mal aujourd’hui. Je suis pris d’une honte profonde, d’une rancœur tenace et d’un sentiment étrange me disant que j’ai eu raison d’agir comme je l’ai fait. Ou plutôt, de ne rien faire…

Tibor Sedlak, le capitaine de la Compagnie du Taureau, a assemblé ses hommes pour attaquer le Temple d’Hassessi. Je me doutais bien que tôt ou tard le mercenaire aurait envie de se frotter aux autochtones bigots. Le Hic, c’est que ces derniers ont su se faire une grosse masse d’alliés depuis qu’ils sont à la tête d’Ondanera.

Pour ce que j’ai appris de la manœuvre, la compagnie a perdu 6 bons membres, sur la trentaine qu’elle comptait avant l’assaut. L’attaque frontale s’est opposée à une féroce défiance générale et les hommes de Tibor sont tombés sous la masse… J’ai honte, car il m’a demandé la veille de prendre les armes à ses côtés pour remettre de l’ordre à Ondanera et virer les cultistes de l’échiquier. J’ai préféré refuser, en espérant qu’il se ressaisisse et fasse comme moi. J’avais oublié que la fierté était le moteur principal des hommes des Franches-Seigneuries.

Ou alors, j’ai simplement préféré me mentir à moi-même, en croyant qu’il reviendrait à la raison. C’est dingue…Voilà que le mercenaire enseigne la loyauté à un officier des armées podestales. J’espère qu’il sera libéré, et pourra me pardonner.

20/05/818

Quel enfoiré de rat ! Je le savais qu’il était occupé à nous entuber… Des lettres circulent à travers toute la ville au sujet de Mateo Oliveira et du Grand Parleur. Les deux semblaient au courant de l’arrivée de l’Essaim, et se sont arrangés pour le partage des gains une fois que le Conseil d’Ondanera sera déstabilisé. Si je recroise cette enflure, je lui ferai goûter de mon sabre !
Parfois, je rêve que le Commodore revienne avec une armée, et que l’on puisse battre la campagne à la recherche de ces traitres. Et puis je me souviens qu’en ce moment, le Comodore est peut-être en train de crever sur une île déserte, après un assaut raté sur ces emmerdeurs du despotat.
Finalement je ne suis peut-être pas si mal ici, à bouffer un demi pain plat par jour avec un bouillon de rien… Vie de merde. En attendant, ça gronde autant dans la rue que dans mon ventre… Je sens que les choses se mettent à changer avec le retour de l’été.

15/06/818

Mes hommes m’ont rapporté aujourd’hui l’existence de plusieurs groupuscules préparant une offensive contre les Initiés. Après enquête, je me rends rapidement compte qu’elle mène directement aux anciens dirigeants de la ville. En soi, je ne suis pas surpris. Je me doutais bien qu’ils avaient des projets pour le futur.

Pendant qu’ils font tout ça, je m’occupe de la sécurité de la ville. Je saurai bien de quel côté me ranger lorsque la situation se présentera à moi. Je fais confiance à la chance pour me guider…Et au fait que les Initiés ne me donnent aucunement envie de les aider.

06/07/818

Voilà, ils m’ont enfin approché pour poser leurs cartes. Nergui, Roderich, Nico et Parwaaze veulent renverser les Initiés et s’en sont donnés les moyens pendant ces derniers mois. Plusieurs groupes travaillent de concert avec eux pour démolir l’influence d’Hassessi sur Ondanera, et inviter à la révolte.

De mon côté, je leur ai répondu que j’agirai de leurs côté. Je me suis déjà déshonoré une fois en n’aidant pas un ami. Je ne réitèrerai pas cette erreur en ne soutenant pas les personnes avec qui j’ai traversé le ciel de la Sérénissime à ces terres maudites.
Moi et mes hommes nous tenons prêts. Gloire à Ondanera !

12/07/818

J’écris ces quelques lignées alors que la révolte se termine peu à peu… Les groupuscules formés par les anciens dirigeants ont fait un étonnant travail de…persuasion générale, et tout le monde craint désormais les Archontes d’Ondanera qui ont remplacé les initiés du culte d’Hassessi.

Quand je dis remplacer, je vais être un peu plus clair… Au troisième jour de l’avènement, Nergui a rassemblé les Initiés et les missionnaires d’Hassessi au sommet du promontoire en leur demandant de se jeter dans la mer. Les récifs apparents et la houle promettant une mort certaine a de toute évidence eu du mal à motiver les concernés… Des zombies sont alors apparus, maîtrisés par l’ancien podestat et ses nouveaux alliés et acolytes. Sur ses ordres, on a fait agenouiller un premier initié, qui s’est fait dévorer vivant devant ses comparses. Face à l’horreur de la scène, plusieurs missionnaires ont tenté de fuir, ce qui a mené à leur exécution sommaire par mes hommes. D’autres ont préféré le grand saut pour s’écraser sur les récifs en contrebas. Au final tous, qu’ils soient vivants ou morts, ont étés jetés à l’endroit précis où l’usurpateur a fini ses jours. Mes gardes et moi-même gardons un souvenir assez troublé de la violence de Nergui, maintenant connu comme l’Archonte de la Mort.

Dans son genre, Roderich, notre Archonte des Flammes, n’est pas mal non plus. Le premier jour de l’avènement, plusieurs adeptes d’Hassessi se sont réfugiés dans l’ancienne mine pour fuir les combats qui avaient lieu dans la ville. Les portes de la mine se sont fermées sur eux, sur ordre de l’alchimiste, avant qu’un feu de paille ne soit allumé pour asphyxier tous ceux qui s’y étaient réfugiés. Quand je dis tous, pesez bien le poids de mes mots… Tous.

Le second jour, c’est Nico qui a donné de sa personne. Il s’est changé en crocodile pour attaquer et dévorer vivant plusieurs prêtres tentant de fuir Ondanera par la côte. Son action a permis à mes hommes d’attraper les quelques citoyens aidant les cultistes d’Hassessi à fuir, et à les passer sous le fil de l’épée. Mes hommes ont renommé Nico, l’Archonte des Crocs », pour ce qu’ils ont vu ce jour-là. De mon côté, je reste dérangé à l’idée de lui parler, après ce que j’ai vu.

Enfin, on me signale aujourd’hui que le temple a été empoisonné. J’imagine qu’il s’agit là d’une action complémentaire menée par les Archontes pour déstabiliser définitivement le culte d’Hassessi. Sans aucune certitude, je suspecte que Parwaaze a utilisé ses nombreux contacts auprès du temple et du peuple pour empoisonner les bassins sacrés. Le résultat est fameux, à en croire mes rapports, puisque tout le monde serait mort dans la manœuvre. J’espère que Tibor n’a pas été affecté et qu’il va pouvoir être sauvé… Même si je crains sa réaction à me revoyant.

Toujours est-il que nos nouveaux dirigeants se sont montrés assez largement capables des pires atrocités pour remettre Ondanera dans le droit chemin. Je ne sais pas si c’est la meilleure solution pour amener l’ordre…Mais par la force des choses, et car j’ai été au service du Commodore Averardo pendant plusieurs années, je me vois mal dire que la peur n’est pas un bon moyen d’inciter à la loyauté et à la fascination.

Reste à savoir s’ils manieront aussi bien la peur que pouvait le faire le Conquistadore. J'admets qu'ils commencent déjà à me donner des frissons.
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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMer 26 Sep - 13:12

Ondanera la Nékhéarite ?
Roderich Trödelmaus

17/07/817

Un convoi du Sultanat est arrivé, apportant de la nourriture et des ressources. Il était composé de soldats accompagnés de momies et de zombies. Également un énorme chariot portant une grande statue.

4 personnes notables menaient le convoi : Le premier scribe Nep-ra, qui s'est présenté et adressé à nous, un vieillard à l'air sympathique. Moins sympathique mais premier scribe aussi, Katesh, une jeune femme. Enfin un guerrier relativement effrayant au vu de sa posture, le Bashari Abubakar (un général en gros). Les premiers scribes font office d'assistant pour la dirigeante de tout ce beau monde  : la nomarque Nefersut dont on a aperçu qu'un bout de main lors de son transfert du chariot à la maison du gouverneur où elle logera. Elle avait l'air soit très vieille soit morte, pas improbable au vu du sultanat.
J'ai cru comprendre que nomarque était un titre anormalement élevé par rapport à l'importance d'Ondanera... Clairement ils comptent regarder de très près l'évolution de notre foyer.

Une fois que les choses sont posés, les gens se tournent quelques peu vers notre groupe pour assurer une direction. Il va falloir capitaliser sur l'arrivée du sultanat pour pouvoir remonter en grade. Profiter de la liesse, aussi brève soit elle.

Je me suis fait attrapé par Ronda, l'ogresse qui tient l'auberge. Sans me demander mon avis sur la question, elle m'a gracieusement offert quelques sacs de grains évidemment volés au sultanat, pour pouvoir brasser un alcool au minimum décent. C'est toujours beaucoup mieux que ce sur quoi je me reposais avant, et je ne compte m'attirer la rage de Ronda. Les mois d'expérimentations sur les mauvaises herbes locales me permettront peut être de sortir quelque chose de goûtu.

*dans le journal figure également des croquis et diagramme qui indiquerait à un oeil averti des schémas pour un automate*

19/07/817

Pour continuer à reprendre la main sur la ville,  nous nous décidons d'aller reprendre la scierie qui avait fait sécession. Là bas, je me fais agresser par un villageois (du nom de Bartolo) qui m'en voulait pour avoir, apparemment , tué son frère et son fils (son neveu ?). Mes excuses les plus sincères ne lui suffisent pas et il m'attaque, après quoi on le maitrise et je décide de l'exiler plutôt que l'exécuter.  En partant, il jure de m'immoler, même si je doute qu'il survive assez longtemps dans la forêt pour mener à bien son projet. Après cette altercation, les bucherons acceptent de revenir dans le giron de la ville sans soucis.


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMer 26 Sep - 13:13

La proclamation des Archontes
Par Parwaaze

[Extraits de notes officielles]

Le 21/07/818

Le Concile des Archontes fut proclamé peu de temps après l’arrivée en majesté de la Nomarque dans Ondanera. Les dirigeants profitèrent de l’état de liesse populaire provoqué par l’affusion de nourriture en ville pour organiser une célébration instituant leur pouvoir.

Une trace du discours pris en notes par un scribe Bahariyan est analysé en Figure 12. Les traductions successives ont certainement altéré la prose mais on peut analyser l’esprit général du texte. Les Archontes montrent très clairement patte blanche, en ne faisant aucune allusion à leur prise de pouvoir sanglante et en montrant un visage tourné vers l’avenir, tout en s’appuyant sur le Sultanat pour la stabilité de leur gouvernement. Une position assez instable, qu’il leur a fallu affermir avant le retour des Bahariyan dans leur Nome.

L’affermissement de leur position est d’abord passé par une visite des parties dissidentes de l’espace ondanéran pour les remettre dans le rang. En particulier, le Grand Temple, anciennement dédié au culte d’Hassessi, était tenu par des mercenaires, et ce n’est que dans un combat singulier avec leur chef que les Archontes purent en reprendre le contrôle.
[…]

Figure 12. a écrit:
Les personnes Ondaner sont flexibles. En tant que Phoenix, nous serons ressuscités de notre poussière pour illuminer le ciel. Ce n'est pas un processus rapide, mais parce que nous sommes flexibles, nous sommes têtus. Rien ne peut arrêter notre volonté collective dans cette affaire.

Nous avons envoyé des pasteurs et seulement eux, et maintenant nous déclarons la liberté de religion. Même si nous sommes flexibles et forts, nous sommes fidèles. Laissez Dieu prier et laissez-les nous conduire à ce bel avenir.

Ils nous ont envoyé comme allié. Nous avons été appelés le grand Nomark, priant Weretheket, ses grands écrivains Nep-Ra et Katesch et les Bashari Abubakar, annonceur de Ranouket. Nous sommes honorés d'être ici        pour nous aider à revenir et à recommencer.

Les habitants d'Odarara sont magnifiques et dans le ciel!


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMer 26 Sep - 13:16

[Partie secondaire] Des Dhareef et des ailes

22/07/817 :
Observations, 3ème lune, dernier croissant depuis l'arrivée à Ondanera


Ce matin, il a fait doux. Voir le règne végétal reprendre après la catastrophe est rassurant.

Dommage que les autres ne le voient pas si bien que moi: ça leur mettrait du baume au cœur.

Ce qui m'inquiète, néanmoins, c'est le manque de récoltes pour Ondanera et les environs. Je n'ai pas besoin de grand-chose pour me sustenter, mais les grands risquent d'avoir très faim pour encore plusieurs mois si rien ne se fait.

Heureusement, on m'a confié un travail aujourd'hui, dont le fruit pourrait en théorie aider à revitaliser la région. Ou au moins prévenir d'autres catastrophes.

Vu l'état des réserves, une autre catastrophe signifierait la mort de la ville.

La mission me mets en équipe avec le lieutenant Demetrios Calliari, militaire de la ville, un peu hautain, mais autrement sympathique, et Giovanni, un collègue de la compagnie.

Un mage, à 3 jours de marche, aurait proposé d'aider la ville il y a un an.

POURQUOI C'EST TOUJOURS UN MAGE!?

Faire confiance à un mage pour assurer la sécurité et la stabilité de quoi que ce soit, je n'ai jamais compris, ça finit toujours mal (peut-être pour ça que sa proposition a été ignorée si longtemps). Mais soit, si Ondanera veut mettre sa sécurité entre les mains d'un mage...

On nous a donné des rations pour 10 jours, à contrecœur. J'espère qu'on en rapportera autant que possible.


23/07/817 :
Troisième nouvelle lune, premier jour de voyage.


On a vu quelques fermiers le long du chemin. Rachitiques, affamés, déprimés. Combien de gens mourront de faim avant la fin de l'année, je ne sais pas. J'espère que cette mission apportera ce qu'elle promet, même si ce qu'elle promet est assez vague....

24/07/817 :
Quatrième lune, premier croissant, second jour de voyage.


Cette chaleur est difficile à supporter, mais j’ai remarqué que mes compagnons, de par leur tailles, font d'excellentes ombrelles.

En plus, il est amusant de voir leur visages circonspects quand je me déplace dans des positions étranges tantôt droit comme un boulot tantôt courbé comme un chat, en fonction du temps, en les regardant sans doute de manière inhabituelle pour en fait trouver le meilleur emplacement.

On passe le temps comme on peut je suppose, et vu que mes compagnons sont la seule vie intéressante à portée de vue...

J'ai remarqué par exemple que Giovanni était réglé comme une horloge pour faire ses besoins.

Demetrios semblait quant à lui ne pas être gêné par le port de son armure sous le soleil brûlant.

À vue, j'aurais pourtant cru qu'on pourrait y faire cuire un œuf en quelques instants.

Demetrios se croit obligé de nous ordonner la moindre chose pour le campement, comme si on était des recrues sortis de la ville pour la première fois. Je comprends ses habitudes, mais Giovanni et moi étant des randonneurs aguerris, avec certainement plus d'expérience que lui, je trouve cela insultant.

25/07/817 :
Quatrième lune, premier croissant, troisième jour de voyage.


Giovanni semble ne pas être moins habitué à ce genre de voyages que moi. Demetrios, par contre, bien que clairement entraîné à des marches longues par l'armée, ne semble pas être habitué à ce genre d'exercices moins organisés

Cela n'a de toute façon que peu d'importance: je vois déjà une tour au loin, et il y a peu de chances que ce ne soit pas celle du mage.

Arrivée au niveau de la tour, elle s'élève au milieu d'une immense crevasse, et le seul pont qui y mène se trouve de l'autre côté. On croyait y être, mais il nous faudra encore une heure au moins pour contourner.

Je n'ai pas envie de rencontrer ce mage. Je déteste les mages. Ils ont tendance à chambouler des écosystèmes entiers en dommage collatéral pour allumer une bougie.

***Le reste de la page est laissé vierge.***


28/07/817 :

Je ne sais pas quel jour on est, saloperies de mages.

Ce qui vient de m'arriver est ridicule.

D'abord, arrivés chez Dhareef, le mage, d'ailleurs auto-proclamé "le magnifique", on nous pose une question:
"Qu'est-ce qui est bleu et vert et roule en un jour"
J'ai proposé la terre, qui du point de vue du soleil ou de la lune, doit rouler en un jour. Il nous a ouvert, il ne connaissait pas la réponse mais semblait surpris de l'idée, pourtant courante chez les érudits, que la terre soit ronde. Bizarre pour un mage.

Des verres volaient, il produit un très bon vin, complètement mégalo par contre.
Bref, il bredouille des explications incohérentes sur la mission, nous donne deux fioles à briser dans des conditions qu'il nous donne, et nous téléporte ailleurs. Giovanni semblait non perturbé par cette magie, mais Demetrios en est ressorti si retourné, nauséeux et même vomissant que j'ai dû lui offrir de quoi calmer son estomac. Je n'ai moi-même que peu apprécié le voyage, l'espace et le temps se tordaient de manière très malaisantes, avec le visage de darif partout.

À l'arrivée, nous nous sommes retrouvés devant l'entrée d'un immense labyrinthe s'étendant à perte de vue, parsemé de temples, et foudroyé fréquemment mais semble-t-il aléatoirement d'une tempête éthérique alarmante.

Nos seules instructions étaient d'entrer, aller à gauche, puis se perdre, trouver et tuer "le gardien" et trouver le trésor et en particulier une pyramide de cristal, et briser la fiole bleue. En cas de danger au-delà de nos forces, briser la fiole rouge. La magie déformait toute notion de nature dans le temps ou l'espace. Le labyrinthe se transformait au fil de notre progression, et des squelettes l'entretenaient pour s'assurer que personne n'y laisse de traces pour en sortir.

Nous nous sommes faits attaquer par une gelée ocre suintant à travers les murs (note: cette créature craint le feu) Et y avons fait connaissance d'une demi-orc amenée dans le labyrinthe comme sacrifice. En étudiant les squelettes, il nous est apparu qu'ils dépossédaient les intrus et amenaient les objets de valeur vers un lieu jusqu’au quel nous les avons suivis plus en hauteur. Nous sommes alors arrivés aux portes d'un temple, où deux squelettes montaient la garde. Il suffit de leur dire que nous avions une audience pour passer. Bonjour l'efficacité.

À l'intérieur se trouvait un immense minotaure gardant une montagne de trésors en tous genres, dont la pyramide de cristal, squelette animé aussi, avec qui nous avons tenté de négocier, sans succès. Nous l'avons donc détruit, ce qui semble avoir provoqué la maitresse des lieux. Nous avons alors rassemblé tous les objets de valeur, quand est arrivée une gynosphinx tricéphale qui m'a lancé une malédiction qui a failli me tuer.

Je ne me souviens plus trop de ce qui a suivi, étant agonisant, vomissant mes entrailles sous ce sort, je dois donc me fier aux explications de mes compagnons: Demetrios aurait brisé la fiole rouge, libérant des liens magiques ornés de la tête de Dhareef, qui auraient immobilisés la sphinx, puis aurait brisé la bleue, ce qui nous aurait téléporté avec le trésor dans le sac de Dhareef, où se trouvaient des soldats porcins. Cela n'a pas beaucoup de sens, mais vu Dhareef, c'est crédible...

Dhareef m'aurait ensuite soigné d'un claquement de doigts, nous a proposé une récompense (j'ai ainsi obtenu un court bestiaire exotique fort intéressant). Demetrios a su négocier plus d'aide pour ondanera sous forme de vivres de la part de Dhareef. C'est vraiment un homme bien, demetrios. Dhareef nous a aussi donné un cadeau pour les archontes. On dirait un vase canope. Je ne sais pas ce qu'il y a dedans, mais je paierais pour voir la tête des gens qui l'ouvriront, je ne ferais jamais confiance à ce personnage.

Nous sommes alors mis en route avec la pyramide, flottant grâce à un sort de Dhareef, une bouteille de son vin, et nos trésors, ne sachant même quel jour il était, le temps s'étant apparemment écoulé différemment dans le labyrinthe. Bien que Dhareef se soit montré sympathique et efficace, il était aussi imprévisible et à la limite du dangereux à chaque étape, comme je le craignais. Et si la sphinx souhaite se venger sur Ondanera, je ne parierais pas sur la ville.

29/07/817 :

Premier jour du retour de chez Dhareef, je récupère encore de mes maux. J'ai l'impression que mes entrailles sont emmélées, sans doute parce que c'est le cas...

30/07/817 :

Second jour du retour de chez Dhareef Je commence à aller correctement à nouveau, le chemin du retour ne réserve aucune surprise, j'ai tout le temps de penser à ce que je viens de vivre. Plus jamais je ne ferais confiance à un mage.

31/07/817 :

Troisième jour du retojr de chez Dhareef, Mes rêves sont des cauchemars remplis de visages du mage riant, et de sphinx me torturant. Mon sommeil est de piètre qualité.

Nous sommes arrivés à ondanera, la pyramide remise au militaire qui nous a commandité. Vu qu'il semblait être un amateur de bon vin, je lui ai échangé la bouteille de Dhareef contre 40 PO et son amitié. Meneos est donc maintenant un bon ami, il me faudra l'inviter à boire un verre un jour.


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMer 26 Sep - 13:16

Comment tuer un Taureau
Par Nergui

Le 22/07/818

Encore une fois, on se dirige vers le temple d’Hassessi. Décidément, ce temple se trouve au nœud de bien des affaires dans la région. Si tout se passe bien, on récupère Tibor et la Compagnie du Taureau, et on occupe le Temple en prime ; si ça se passe mal … Espérons juste que tout se passe bien. Je me demande quand même comment les choses se sont déroulées là-bas depuis « la mystérieuse affaire des bassins sacrés empoisonnés », grandiose je dois bien l’avouer, j’espère juste trouver le cadavre de Wasu’Saarma sur place, on réussira peut-être à mieux s’entendre cette fois.

Le 24/07/818

On arrive en vue des portes, et on dirait que les mercenaires n’ont pas l’air de nous empêcher de passer, c’est plutôt bon signe, j’imagine. Parwaaze préfère rester à l’extérieur au cas où, je vais laisser mon zombie avec elle, il ne présente pas très bien celui-ci de toute façon.

Bordel de merde, les choses ont tourné au vinaigre d’une force, c’est impressionnant. Cet enfoiré de Sedlak a voulu nous racketter, et genre pas juste un peu, du vrai bon gros racket des familles. Il acceptait de nous laisser le temple « en l’état » mais lui et ses hommes rompaient leur contrat avec la Sérénissime et embarquaient avec eux tout ce qui avait de la valeur et n’était pas cloué au sol pour partir vers de plus verts horizons … Comme si j’allais les laisser faire. J’ai essayé de négocier, sans succès, cette brute était aussi têtue que l’animal qui donne son nom à sa Compagnie. Finalement, il a décidé d’attaquer, demandant à ses hommes de ne pas intervenir, plus ou moins une sorte de duel, je nous aurais tellement fait flécher à sa place, mais bon, n’a pas un cerveau qui veut (si tant est qu’il sache ce que c’est). Honnêtement, je ne le dirais jamais assez, l’invisibilité ça sauve la vie. C’est qu’il était violent le bougre, heureusement que j’avais Roderich avec moi pour faire office de bouclier, parce que vu les mandales qu’il mettait, je n’aurais pas survécu à deux d’entre elles. Mais, à sa grande surprise, je ne suis pas le faible petit lèche-cul qu’il s’imaginait sans doute, et mon sort de foudre à fait son travail à la perfection. L’expression sur son visage lorsqu’il s’est pris le premier éclair, ça valait son pesant d’or. C’est pendant le combat que j’ai senti que quelque chose commençait à partir en couille, vu que mon zombie planqué à l’extérieur s’est fait détruire, ces gens n’ont aucun respect pour les morts. Bref, après un combat difficile, Roderich et moi avons finalement abattu le taureau (je me réserve son cadavre pour un usage ultérieur, lui et moi allons faire de grandes choses ensemble), mais c’est à ce moment-là que deux types lourdement armés et clairement pas de la compagnie ont débarqué en exigeant de parler à Tibor (ils étaient trois mais l’un d’entre eux s’est fait suriner aux portes par une entité inconnue … L’efficacité de Parwaaze n’est plus à démontrer).

Encore penchés sur le cadavre dudit Tibor, on a demandé à savoir de quoi il s’agissait et le leader de ce duo a demandé qu’on désigne un coupable dans la compagnie pour la mort de son collègue. En temps normal, j’aurais peut-être réfléchi davantage mais entre le racket de Tibor, l’adrénaline du combat et les menaces non-voilées de ces types, j’avais pas du tout la tête à ça. Je l’ai envoyé se faire foutre, en lui suggérant avec autant de tact qu’il en a mis dans ses menaces, que pour autant que je le sache, ça pouvait être lui qui l’avait tué son pote. Il l’a mal pris, évidemment. Les deux nous ont attaqués, évidemment. Roderich et moi étions déjà fatigués du précédent combat, j’ai bien cru qu’on allait y passer cette fois. Mais non, c’était très tendu, et on est passé à un cheveu d’elfe de la mort, mais on a finalement triomphé. On a appris par la suite, en interrogeant les mercenaires, que Tibor avait passé ses quelques mois de cellule ici en compagnie d’un dignitaire du Despotat et qu’il comptait les rejoindre avec la Compagnie après nous avoir dépouillé ici. Cet « Inquisiteur ? » je me souviens plus très bien du titre, aurait monté un camp au nord du lac d’Ondanera et il avait envoyé les trois types pour faire la jonction avec Tibor et ses hommes.

Après discussion avec les officiers restant de la Compagnie, la plupart ont décidé de retourner à Ondanera, seule une poignée a décidé de tenter sa chance avec le Califat. On a laissé les mercenaires se servir un peu mais pas trop dans les réserves du Temple, pas comme si on avait le choix de toute façon, ils étaient quand même une vingtaine et on était trois dont deux totalement épuisés. On en a profité pour fouiller le Temple, après avoir traversé le monticule de cadavres des victimes de l’empoisonnement et de l’évasion des Taureaux. Je ne pourrais jamais tous les conserver en état, ça m’attriste de laisser une telle source de main d’œuvre disparaitre, encore une preuve que ces types n’ont aucun respect pour les morts. Après avoir tout fouillé, on a pu retrouver le butin que les Initiés avaient ramené au Temple lors de leur prise de pouvoir à Ondanera, pas grand-chose de changé de ce côté, éventuellement quelques babioles de plus mais guère plus (j’avais mis mon serpent en surveillance discrète de la Razvan, elle semble très intéressée par les reliques, je ne veux pas qu’elle en vole une sans qu’on le sache). En revanche, on a trouvé une urne à prophétie dans les chambres d’Hassessi, un avertissement et une menace de la part du Grand Parleur, nous disant qu’Hassessi avait tout vu venir (ben tiens, c’est facile d’écrire ça et de l’enfermer dans une urne, moi aussi je peux le faire) et que si on s’établit dans le Temple, on subira les catastrophes engendrées par la malédiction du dieu à l’encontre des profanateurs de son sanctuaire. Et alors, on enchaine les catastrophes depuis notre arrivée, ça ne nous changera pas trop. On a également trouvé une faille partant du bassin dans lequel barbotait la pieuvre géante et s’enfonçant dans les profondeurs de la montagne. Tout semble indiquer que les survivants du Temple, avec l’Abhani et Wasu’Saarma, se sont enfuis par là. Maintenant que la situation est réglée ici (pour l’instant, on verra bien si les calamités promises par le poulpe des montagnes se produisent réellement, en même temps, toute la région semble maudite, c’est comme annoncer qu’il va pleuvoir quand on est en automne, tu ne prends pas un gros risque en faisant ce genre de prédiction, et je m’y connais) on peut tranquillement rapatrier tout ça vers la cité. On décidera après de si on doit ou pas occuper le Temple, personnellement je suis pour, ça ferait un siège du pouvoir parfait pour notre petite théocratie naissante. On va avoir du pain sur la planche pour en faire quelque chose de convenable, mais Tibor va nous aider maintenant. Pas vrai Tibor ? Il est d’accord.


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeDim 30 Sep - 9:05

[Partie secondaire] Les masques tombent


02/08/818
Observations, Xième lune depuis l’arrivée à ondanera, dernier croissant


Une nouvelle mission m’a été confiée !
Visite chez Meneos, qui n’avait pas l’air content de me voir (il s’en voulait probablement de n’avoir pas eu le temps de boire un verre avec moi)

Apparemment, une ferme (dont l'appartenance à Ondanera est ambigüe) ne donne plus de nouvelles.
L’armée souhaite que nous y fassions un tour, pour rappeler notre présence et voir ce qu’il s’y passe.
L’équipe sera composée de démétrios, Bron (un collègue mercenaire), et moi.

Ceci pourrait être intéressant : explorer une ferme de la région pourrait m’en apprendre beaucoup sur la faune et la flore locale, ainsi que les méthodes des gens ici.

En route pour de nouvelles contrées !


03/08/818
1er jour de voyage


Rien de surprenant, nous reprenons la même route que pour aller chez Darif (le « magnifique »), mais dévions un peu avant.
La végétation n’a pas beaucoup changé, et en repassant devant la maison du fermier vu la dernière fois. Désertée…

J’ai demandé, et Démétrios a refusé de passer par chez Darif pour du vin en chemin.
Dommage.

04/08/818
2ème jour de voyage


Je vois la tour de Dhareef au loin, terribles souvenirs, mais excellent vin…

Les jours sont doux, pas d’intempéries en vue.
Le trajet se passe sans encombres jusqu’ici.

08/08/818
5ème jour de voyage


Nous ne devrions pas prendre trop de temps à atteindre la ferme d’abraraman abrahamama Abrahamana (j’ai du demander à Démétrios de me l’écrire, quel nom horrible !)

Je vois la ferme au loin, les champs ont l’air fertiles, les récoltes n’ont pas l’air abondantes, mais suffisamment pour nourrir le personnel.

Nous avons rencontrés des membres de la ferme. Il s’agit d’une communauté vivant en autarcie, quitter la ferme est interdit, et tout le monde est forcé de porter les mêmes vêtements.
Il y a vraiment quelque chose de bizarre.

Apparemment, la ferme est régulièrement pillée par des centaures, mais lors du dernier raid, un fermier aurait tué un centaure. Nous allons enquêter sur tout ceci…
Nous avons rencontré abrabamamam abrammama abrarar la chef de la communauté. Très sèche, quel caractère.

Nous avons pu étudier le cadavre du centaure : la blessure est chirurgicale, aucun fermier n’aurait su faire ça, l’affaire est de plus en plus suspecte.
J’ai pu discuter discrètement avec un membre de la communauté, à l’abri des regards :
Depuis la mort du mari d’Abra, de la chef, elle n’est plus la même. Ce serait aussi vers cette période que les membres ont dû commencer à porter l’uniforme. Elle avait l’air prise au piège, j’espère que nous saurons les aider…

Il a été décidé que nous irions, avec un villageois en guide, essayer de rattraper les deux centaures qui sont ressortis vivants du raid. L’un d’eux serait blessé, et les villageois pensent qu’ils se seront réfugiés dans une grotte plus loin.

09/08/818

Bon, c’était un piège, Démétrios a failli y passer.
Il semblerait que notre guide ait en fait été un « Dopplegänger », horrible créature changeforme, d’une rapidité à couper le souffle. Littéralement en fait, puisqu’il a failli égorger notre leader. Si ce n’était pour mes soins druidiques, il y aurait laissé la peau.

Bran a coupé la créature en deux ! Quel monstre au combat, celui-là.
La grotte est équipée d’un affreux piège à pieux apparemment régulièrement activé par de malheureux innocents, puisque beaucoup y étaient encore empalés.
L’odeur est épouvantable.
Il y a des escaliers et une porte qui permettent d’accéder au niveau du sol du piège, sans doute pour dépouiller les victimes, puisque celles-ci ne présentent aucun objet de valeur…
Nous allons loger ici, il se fait tard. L’odeur est gênante, mais supportable si la trappe est fermée.

10/08/818

Le cadavre de la créature a disparu durant la nuit. Je déduis du fait qu’en plus je l’avais empalée au sol que quelqu’un ou quelque chose a du s’en emparer.

Nous allons rentrer à la ferme et confronter ces créatures, puisque nous sommes maintenant persuadés qu’il y en a plusieurs.

11/08/818

Journée fort chargée en rebondissements :

Je me suis fait manipuler : l’âme en détresse rencontrées à notre arrivée était en fait une des créatures. Elle m’a attiré dans une ruelle, a tenté de me manipuler, mais j’ai vu au travers de la mascarade.
Elle devait être apeurée par la possibilité que je puisse lui tenir tête en combat singulier, car elle ne m’a pas attaqué.

Un peu plus tard, alors que nous nous dirigions vers le bâtiment central, quatre centaures sont sortis des bois, chargeant à la fois abradsq..., la chef, et nous.
Le combat fut sanglant, la chef du village était bel et bien un Dopplegänger, nous avons tenté de raisonner les centaures, en vain. J’en ai abattu deux, bran un et Démétrios leur chef. Mais Bran a perdu la tête et a commencé à attaquer les fermiers, persuadés qu’ils étaient tous changelins.

Nous avons réussi à garder le faux-chef en vie, nous le ramènerons à Ondanera pour qu’il y soit jugé.

En attendant, les locaux ont retrouvé la vraie chef en vie et ligotée lorsqu’ils se sont réfugiés dans ses quartiers par peur du combat. Elle est affaiblie, mais s’en sortira.

Il a été convenu que je resterais ici en cas de récidive des centaures et pour aider à la ferme jusqu’à nouvel ordre, pendant que mes compagnons ramèneront la créature à Ondanera.


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeLun 22 Oct - 18:41

L'improbable fanfare
Par Parwaaze

15/08/818

Je vous ai déjà dit qu’après la révolution sanglante qui amena le concile au pouvoir, il y eut une brève période d’accalmie dans la province Ondanerane naissante. Mais cette accalmie n’était pas toute aussi lisse que j’ai pu le laisser entendre.

Car après la prise de la ville elle-même, et son renforcement par les troupes Nékhéari, il fallut aux nouveaux dirigeants pacifier les environs, où des dissidents ne souhaitaient pas rétrocéder leur pouvoir à la ville. Quelques phases de négociation plus ou moins musclées s’ensuivirent, qui permirent au concile balbutiant d’asseoir sa notoriété auprès de son peuple et de ses alliés-occupants.

Un événement singulier, bien que positif celui-ci, vint pimenter le quotidien des citadins : un cortège de cochons d’élevage, bien gras et gros, vint de lui-même en fanfare s’ébaudir aux portes de la ville. Et quelle fanfare ! Ils jouaient de curieuses flutes en bois et en métaux diverses, dont personne ici n’avait jamais vu la pareille. Ils donnèrent lieu à la première célébration officielle du concile nouvellement instauré, un acte de partage et de communion populaire.

Cette paix de façade fut cependant rapidement troublée par l’arrivée dans la région d’une troupe de reconnaissance Mahabdienne. Un contingent léger, mais qui laissait à penser que la puissance belliqueuse œillait la région de près, et risquait à tout moment de préférer grignoter la jungle peu accueillante qui la composait plutôt que de s’user les dents sur le Nékhérat.

La moralité de cet interlude, mes amis, est que, quelque soit l’état apparent de félicité que vous traversez, la prochaine tempête vous guette à la périphérie de votre champ de vision, et n’attend que le moindre pour mouvement de tête dans la direction opposée pour commencer à étendre ses vents ravageurs sur vous…
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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMer 21 Nov - 23:32

La grande fête du cochon
Roderich Trödelmaus

18/08/817

Après analyse, il se trouve que les cochons ont été fait bipède et musicien par enchantement, et sont désormais revenu à leur état normal de cochon docile (et délicieux). Nous en sacrifirons un à la gloire de Laria, dans un rituel rappelant ses fêtes estivales. Le cochon est tué puis rôti sur un feu, et tout ceux qui le veulent se voient offert un petit morceau avec une bénédiction. Je doute que nous ayons d'autres occasions de récupérer un tel trésor, j'insisterai auprès du conseil pour faire en sorte qu'ils soient réservés majoritairement à l'élevage. Nous déclarons également ce jour, le 18 aout, un jour de fête pour Ondanera.

Je suis allé à la mine pour inspecter l'état des caisses et estimer plus précisément le trésor que nous avons ramené du temple. 3 adorateurs de Bessufekad m'attendaient devant, Farzine, Azaad et Urmoz, probablement originaires du Califat. Comme je connais cette divinité sous son nom de Cernardi, dieu de l'administration, de la gestion et des procédures, je décide de les engager comme subordonnés. Les autres archontes sont bien en train de former leurs propres factions, il n'y a pas de raisons pour que j'en profite pas un peu ! Si mes souvenirs sont bons, les acolytes de ce culte sont généralement excessivement honnêtes, quitte à être parfois insultant. Je leur ai demandé un inventaire précis du trésor pour les "tester" et ai trouvé le résultat plus que satisfaisant.

Avec les autres archontes, nous sommes allés voir les prisonniers. Beaucoup trop de monde a été emprisonné pendant que le temple contrôlait la ville. Surtout des braconniers en fait, nous verrons à libérer ceux qui sont le moins dangereux ou qui ont été emprisonnés à tort.

19/08/817

Meneo nous a convoqué pour que nous assistions au rapport du Lieutenant Machin, qui avait rapporté l'artefact du magnifique. Il était en mission chez Abrahamanam. La ferme se portait bien mais ils demandaient assistance depuis un temps. Les travailleurs portaient un uniforme étrange et les centaures attaquaient toujours, mais était repoussés. En en poursuivant un, le groupe de Truc ont été trahi par le bras droit du gérant, qui était un Doppelganger, qu'ils ont abattu. Ils ont aussi débusquer celui qui avait pris la forme d'Abrahamanam et ont pu le ramener vivant à Ondanera. La vraie Abrahamanam était séquestré, c'était surement un Doppelganger qui avait pris la forme du Magistrat par le passé... Grace à Bidule, on pourra étudier le doppelganger en détail. Ils ont en plus ramené du blé de la ferme.

Pour son service le lieutenant Mach Demetrios (je savais que ca me reviendrait) sera promu Capitaine et aura une prime, j'ai confié à mes gens le soin de gérer ça."


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMer 21 Nov - 23:33

Le Premier Concile des Archontes
Par Nico

19/08/817

J’ai finalement fini mon tour des fermes…  Je me suis démené pour leur permettre de se relever des désastres qui nous ont frappés.  Pour prodiguer mon savoir lorsqu’on voulait l’accueillir.  Pour apprendre, aussi, des fermiers qui cultivent ici depuis assez longtemps pour avoir déjà appris de la professoresse Nature.  J’ai été accueilli avec certaine froidure.  Archonte des Boisseaux, je demeure encore souvent celui des Crocs.  Les paysans m’abordent avec la prudence et la circonspection qu’on réserverait à un fauve…  je peux difficilement leur donner tort, à vrai dire, mais je regrette que ça rende plus difficile l’apprentissage mutuel.

De retour à Ondanera, que je commence enfin à considérer comme mon foyer, j’ai découvert que mes autres compagnons n’ont pas failli à leur efficacité désormais sinistrement réputée.  Fallait-il que je sois sot pour ne pas imaginer que pendant mon absence, ils allaient pas prodigalement répandre sang, cendres et chaos à l’entour…  Bref…  Tibor est mort, les reliques sont récupérées, Hassessi, son Grand Parleur et cet avaricieux de Wasu Saarma sont en fuite, et nos soldats ont capturé un Doppelganger et tué sa compagne/sœur/cousine/peu importe.

Rien ne pouvait me préparer à la rencontre avec cette créature.  
Le Doppelganger est un humanoïde à la peau grise, légèrement bleutée, aux yeux jaunâtres et opaques, sans visage clairement défini, ce qui est assez… perturbant… à contempler.  Il est capable de prendre, très rapidement, l’apparence d’autrui.  Nous avons préféré l’interroger masqués pour ne pas lui faciliter une future imposture.  

J’ai d’abord cru, d’après les descriptions qu’on m’en avait faites, que son aptitude à la métamorphose serait similaire à ma magie bestiale, mais il n’en est rien.  Après l’avoir vu se transfigurer en Abrahamanam et en Valériano en l’espace de quelques instants, je pense que son don, certes magique, tient davantage des talents du caméléon que des miens propres.  Noter que l’imposture n’est pas parfaite : sa taille n’a pas changé.  Nous ignorons comment les Doppelganger se reconnaissent entre eux.  M’est avis que des sens autres que la vue, peut-être autres qu’humains, sont impliqués.  Je devrais penser à lui rendre visite sous forme animale de temps à autres, peut-être que des sens animaux m’aideraient à le mieux discerner.  

La créature semble également capable de lire dans les pensées.  Ou en tout cas dans les émotions.  Ou les souvenirs.  Ce n’est pas très clair.  En tout cas, il s’agit d’une aptitude utile pour singer la personnalité de ceux dont les Doppelganger revêtent le visage, et pour percevoir à temps une erreur d’interprétation qu’il s’agit de corriger.  La créature ne semble cependant pas avoir été capable de comprendre, ou n’a pas souhaité réagir aux sollicitations mentales que je lui ai envoyées.

Nous n’avons pas été capables de recevoir les informations que nous espérions.  En fait, plus la conversation avançait, plus il… ou elle…  après tout il a pris la forme d’Abrahamanam…  bref, plus il rendait inéluctable une issue funeste pour lui-même.  
Il semble agir selon son propre chef (qu’il a changeant, d’ailleurs).  Il semble d’ailleurs tirer certain orgueil de ne pas être utilisé comme nombre des siens.  Ses objectifs, prétend-il, étaient la liberté, le pouvoir, et le maintien à l’écart des soucis, la sécurité.  Je crois que sur ces points, il a été sincère, et je pense que là est l’origine première et tragique de sa chute.  C’est faire preuve d’un cruel manque de sagesse que de penser ces objectifs conciliables.  Pour l’exercer modestement depuis peu, je perçois que le pouvoir, avec la responsabilité qu’il fait porter, enferme.  Quant à la liberté, elle n’est qu’aptitude au changement et acceptation consciente des risques qui en découlent naturellement.  La sécurité et le confort étouffent la liberté.  Mais je m’égare.

Au début, la créature m’inspirait certaine sympathie, notamment lorsqu’elle a mentionné que nourrir la terre requérait des sacrifices (serait-ce là indice de quelque foi que suivraient les Doppelgangers ?)…  mais la discussion me laisse l’impression qu’il n’y a rien de sacré dans ses crimes, et qu’il ne cherchait à nourrir que lui-même.  Je l’ai interrogé sur son sens de la justice, pour savoir si l’exécution frauduleuse perpétrée sous les traits de Valériano pouvait être motivée par quelque tort commis par la victime, et il m’a répondu que le concept de justice n’était pas étranger aux Doppelganger…  Il y avait dans cette phrase quelque chose de … désagréablement… faux.

Il y a encore beaucoup de choses que nous ignorons.  D’où viennent-ils ?  Comment et quand sont-ils arrivés dans la région ?  Font-ils partie des habitants originels comme (supposé-je) le peuple ranon ou le Ranisat ?  (À noter que le Doppelganger n’a pas dit s’il serait capable de prendre la forme d’un membre du Ranisat, seulement qu’il n’en avait pas envie.)  Et surtout, combien sont-ils ?  À ce propos, le Doppelganger ne nous a donné qu’une réponse vague et funeste : « Moins que je n’aimerais mais plus que vous ne souhaiteriez ».

À vrai dire, l’interrogatoire n’a pas donné grand chose.  Prévisible, sans doute, venant de quelqu’un qui devine sans doute son destin inéluctable, qui peut scruter l’âme de ses interrogateurs, et qui n’a probablement plus rien au monde à perdre pour lui-même, et tout à perdre pour les siens.  La seule autre information potentiellement utile que notre invité ait laissé échapper ne concerne d’ailleurs pas les siens, mais notre voisine, Abrahamanam, qui connaîtrait des recoins assez insoupçonnés.  « Vous auriez beaucoup à apprendre d’elle, sachant d’où elle vient», a-t-il glissé.  Je me demande quelles sont donc les origines de la rude fermière.  

À l’issue de cette rencontre singulière, j’ai été assez décontenancé, et j’ai probablement eu une poussée de paranoïa.  Les Doppelgangers pouvaient revêtir n’importe quel visage, être n’importe où, même aux postes de décision ; ils pouvaient frapper à tout moment.  J’ai proposé d’utiliser la coupe de Naema à l’entame de tout Conseil.  Ma proposition a été rejetée, au motif que la ponction de sang serait trop importante, ce que je puis comprendre.  Nerguï a pris une mesure plus utile et efficace que cette histoire de coupe ; je ne peux que saluer son pragmatisme : personne ne peut visiter le Doppelganger seul.  Deux doivent entrer, deux doivent sortir.  Cela rendra plus difficile à ses complices de le libérer.

Il nous a paru utile de consulter les Torres quant aux décisions à prendre concernant notre invité.  Il semble que Balqis n’ait pas apporté à Nerguï une réponse satisfaisante concernant la possibilité de maintenir en vie ses utiles aptitudes dans la mort.  Quant à Muslih, il a réglé la question de son destin judiciaire : pour banditisme, le Doppelganger sera condamné à mort.  Mais il a différé la sentence pour nous laisser le temps de décider de mesures additionnelles éventuelles, notamment en termes de publicité de la sentence.  Demeure cependant une autre question, concernant cette fois un mercenaire dont le sang s’est un peu trop échaudé et qui s’est mis à voir des Doppelganger partout et à les couper en morceaux jusqu’à ce que mort s’ensuive.  

J’ai rendu visite à notre prisonnier en compagnie de Parwaaze.  Il m’a semblé juste de lui communiquer la sentence à laquelle il serait exposé.  Je ne suis pas certain que Parwaaze ait approuvé ; il m’est toujours difficile de discerner ses intentions et sentiments.  Elle est indéchiffrable.  Le Doppelganger a mentionné que sa race était supérieure à la mienne.  Ce qui a quelque peu alléger le fardeau de remords anticipés que son inéluctable exécution m’avait placé sur le ventre.  Il ne vaut peut-être pas mieux qu’un Commodore, finalement.  

D’autres soucis nous attendaient.  Il semble qu’il y ait un camp maadbien sur nos terres, une menace que le Conseil ne saurait tolérer, surtout considérant le peu d’estime en quoi ces brutes tiennent la nécromancie dont nous sommes venus à tant dépendre.  Il a été décidé d’envoyer des éclaireurs (Parwaaze et Nerguï s’en sont chargés) en repérage.

24/08/817

D’après le rapport des éclaireurs de Parwaaze et Nergui, le camp Maadbien est bien défendu ; ils ont des chevaux et peut-être des chiens (qui seraient une addition utile à notre ménagerie si jamais ils venaient à les égarer lors d’une malencontreuse effusion de sang).  Ils seraient apparemment une trentaine dont un Inquisiteur, qui rechignent à entrer dans la forêt (ce qui prouve qu’ils ne sont pas complètement idiots, contrairement à nous qui avons goûté à l’hospitalité très contestable des résidents locaux).  Des mesures seront très bientôt prises à l’encontre des importuns.  Du genre qui mettra en doute le sens de la courtoisie d’Ondanera.  

Cette première séance du Conseil des Archontes a aussi été l’opportunité de revenir sur quelques points non résolus, et, à l’initiative heureuse de Muslih, d’aborder certaines questions délicates mais cruciales.  

Ont été clarifiées les suites à donner au problème des Doppelgangers.  L’expérimentation a été autorisée sur notre invité.  J’y ai consenti.  Je crois que Balqis n’est pas à l’aise avec cette décision.  Moi non plus pour être honnête.  Il serait bon que je passe quelque temps à méditer.  L’agitation incessante de ces derniers temps me laisse peu de temps pour réfléchir en profondeur sur les situations.  Pour un druide, c’est très mauvais.  Quant au mercenaire qui a eu un coup de sang ou de bile, son amende et sa réhabilitation passeront par une période de travail forcé.

De nombreuses décisions ont été prises qui ont dessiné les contours d’un destin pour Ondanera.  L’esclavagisme a été autorisé.  Seuls s’y sont opposés Parwaaze et Roderich.  Parwaaze me semble éprise de liberté, sa décision éclaire d’ailleurs cet aspect de sa personnalité et laisse deviner les valeurs qu’elle poursuit – je pense deviner en elle une certaine part d’idéalisme.  Comme quoi l’opportunisme et l’idéalisme ne sont pas immiscibles.  Peut-être a-t-elle elle-même été esclave ?  Le Doppelganger s’est demandé, à un moment, « mais qui, ici, n’a pas été esclave ? », suggérant que je n’étais pas le seul dans cette pièce à en avoir subi l’abjecte condition.  Je n’ai pas compris ce qu’il voulait dire, mais vu la décision de l’Archonte des Voix, je me dis que nous avons peut-être plus en commun que je ne le pensais.  Par contre, la voix de Roderich m’a grandement étonné.  Je ne pense pas que notre Cité naissante puisse se passer d’esclaves pour l’heure.  Nous sommes trop près de choir encore.  Nous avons trop besoin de leur travail.  Mais l’Archonte de la Dîme est sans doute le mieux placé pour en avoir une idée précise.  Cela m’a troublé.  Et ma propre décision m’a étonné plus encore.  J’avais, peut-être, l’opportunité de débarrasser Ondanera de cette abomination.  Je ne l’ai pas saisie.  Parce que cela aurait mis en cause notre survie, d’une part.  Ensuite, parce que je me suis dit qu’en l’absence d’esclavage, seule s’offrait l’option de la mort pour les crimes qui méritent sévérité.  Or dans la société nécromantique que nous sommes appelés à devenir, condamnation à mort revient à condamnation à être relevé pour prendre part au labeur.  C’est une condamnation irrémissible à un esclavage perpétuel.  Ce me semble être une pire option.  Finalement, donc, j’ai opté pour la perpétuation de l’esclavage, afin de ne pas détruire l’espoir de l’affranchissement.  Je suppose que j’ai toujours été d’Olunmawifa plus que d’A’tunsa…  Et ce n’est pas mon Maître qui me contredirait.  Mais Dieux que je digresse !  Heureusement que Roderich ne me facture pas l’encre.  

La liberté du commerce sera encadrée.  Seuls moi, Meneo et Parwaaze nous sommes prononcés pour une liberté totale en la matière.  

L’immigration sera modérément encadrée, et un registre sera instauré.  Seuls moi, Parwaaze et Balqis nous étions prononcés pour une immigration libre.  

La liberté totale de culte, par contre, a été instaurée à l’unanimité.  Je suis certain que tous les Waasu Saarma des montagnes se réjouiront d’apprendre qu’ils seront les bienvenus dans l’Onde Noire…  
J’ai noté avec intérêt qu’à chaque décision, Parwaaze s’est rangée du côté de la liberté.  Cette constance m’a impressionné, et lui a acquis mon estime.  J’aurai, sans doute, beaucoup à apprendre d’elle.  

L’unanimité a aussi été réunie pour centraliser notre administration, encore que cette unanimité a requis quelques palabres.  

Finalement, un service militaire universel sera décrété.  

Quant à la transmission des savoir, son ordonnancement devra attendre que nous ayons nommé un Archonte du Séminaire.  J’espère que ça ne tardera pas : bien que j’apprécie Nerguï, cela me met légèrement mal à l’aise de lui confier toute éducation magique.  Mon opinion sur la nécromancie a certes évolué en bien, mais je reste attaché à la beauté d’autres magies.  

------

Je ne suis toujours pas certain d’avoir pris la bonne décision en approuvant l’expérimentation.  Certes, la condamnation du Doppelganger n’a rien à voir avec son état de Doppelganger ; elle est juste et fondée en droit, elle est proportionnelle au coup qu’il nous a porté.  Cela était d’ailleurs la condition indispensable qui permette à cette condamnation de ne pas ruiner nos chances d’établir à l’avenir quelque concorde avec ce peuple mussé en notre sein-même.  Mais ce qu’il subira, le supplice particulier qui lui sera infligé avant le terme…  cela est incontestablement motivé par sa nature, et je ne puis sereinement considérer que son traitement est empreint d’équité sans me mentir à moi-même et faire preuve d’hypocrisie.  J’espère que ce sort réservé au premier d’entre eux ne sera pas le germe d’un conflit plus large.

J’ai tourné le problème dans tous les sens.  La seule façon que j’ai trouvée de pouvoir continuer à me respecter est de considérer son supplice comme un sacrifice.  Il faut, il est d’une impérieuse nécessité morale que nous nous nourrissions de lui.  Ainsi, la nôtre cruauté ne sera pas perversité, mais le sanglant instrument de notre devenir commun.  Tout ce que nous pouvons apprendre, nous devons l’apprendre.  Nous devons comprendre leur fonctionnement.  En le comprenant, nous apprendrons comment les blesser, certes, mais aussi comment les soigner.  Quels sont leurs besoins ?  La merveilleuse plasticité de leur chair peut-elle leur permettre de guérir rapidement d’une blessure en la forçant à se refermer ?  Leur permet-elle de faire repousser un membre amputé ?  Sont-ils capables de rajeunir ?  Peut-on en trouver l’origine de leur plasticité dans quelque substance interne ?  Peut-on utiliser ce savoir pour hâter la cicatrisation des nôtres ?  Peuvent-ils maintenir ou altérer leur forme en étant inconscients ?  Sont-ils capables de transfiguration partielle, ne sélectionnant de leur original que ceux de ses aspects qu’il leur sied de revêtir ?  Peuvent-ils artificiellement augmenter leur force et leur endurance en se métamorphosant en athlète ?  Leur magie permettrait-elle de renforcer, si elle est comprise, l’art de transformation des druides ?  D’où leur vient leur capacité à lire les pensées ?  Du moins, à percevoir les intentions : il semble qu’ils n’aient pas accès aux pensées formulées…

Comment se reproduisent-ils ?  Sont-ils féconds tant en revêtant l’aspect de mâle que celui de femelle ?  Il pourrait être intéressant d’essayer de le faire se reproduire.  Probablement le Doppelganger accepterait-il volontiers quelques instants de volupté pour le soulager et lui faire oublier, un temps, la souffrance que nous lui infligerons.  Une esclave ou une prostituée pourrait peut-être accepter l’expérience, moyennant promesse d’affranchissement, et de ce que ses enfants seraient pupilles d’Ondanera ?  Nul doute que Parwaaze formerait excellemment l’enfant de telle union, si elle venait à être concrétisée.  
Bien sûr, point ne faut que nous excédions le degré de cruauté strictement nécessaire à notre but, aussi tâcherai-je de mettre mon savoir des simples et narcotiques, et ma magie, à disposition de Roderick afin d’alléger tant que faire se pourra la souffrance de notre victime.  Ce sera d’ailleurs aussi une façon de découvrir comment son corps réagit aux substances connues.

Je me demande si Roderick accepterait qu’à la toute fin, lorsque tous les examens auront été pratiqués, je dévore rituellement le cœur du Doppelganger pour parachever ainsi que se doit son sacrifice, puisque tel, je pense, il doit désormais être envisagé.


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMer 21 Nov - 23:35

Dans le feu et la foudre
Par Nergui, Archonte du Sépulcre

05/09/817 -Après la prise du camp Maadbien par les troupes Ondaneranes-

Cette victoire a un arrière-goût de cendres. Trop de morts sans aucun réel gain. Trop de destruction sans potentielle récupération. Mais je m’égare, je ne devrais pas me plaindre qu’on ait gagné la bataille ; même à ce prix, une victoire devrait être célébrée … Surtout à ce prix en fait … Je n’avais jamais participé à un combat de cette envergure. Surtout sans le support de mon sort d’invisibilité, je me suis senti incroyablement vulnérable … Je déteste cette sensation … Mais là encore je m’égare, je devrais plutôt commencé par le début, Tiberius m’a mieux appris que ça, ne jamais se laisser emporter par le chaos extérieur, et voilà que je suis en train de m’exciter sur mon carnet comme un gamin confronté à son premier cadavre. Je vais reprendre depuis le début.

On s’est rendu sur les lieux du camp du Despotat accompagné d’une compagnie comportant tous les hommes, soldats ou mercenaires, qu’on a pu rassembler avec l’aide de Meneo sans pour autant aller mendier auprès du Bashari ou laisser Ondanera sans aucune protection. L’objectif était en fait relativement simple, éliminer la menace potentielle que posait ce camp et ce faisant, prouver à nos « bienfaiteurs » du Sultanat qu’on est capable de se battre et d’agir par nous-même si nécessaire. Parwaaze avait envoyé quelques observateurs sur place, j’en ai fait de même (note : le type que j’ai envoyé a semblé particulièrement compétent, il va falloir que je trouve un moyen d’utiliser ça efficacement mais aussi que je le garde à l’œil), aussi on a rejoint nos espions aussi discrètement que possible. Le camp ennemi, s’il n’était pas très grand, était assez bien défendu, notamment avec l’utilisation de plusieurs engins de siège, des balistes. Mais le plus inquiétant, c’était la présence potentielle d’un mage de Maadba sur place en plus de l’Inquisiteur. Vu l’amour que ces connards portent aux pratiquants des arts nécromantiques, je me suis dis qu’il pourrait être utile de garder ce genre de détail à l’esprit. On s’est rassemblé un peu à l’écart du camp de l’Inquisiteur pour mettre au point notre plan d’attaque, une stratégie relativement simple qui comptait principalement sur la surprise : on a divisé notre force en trois groupes qui devaient attaquer sur trois fronts depuis la forêt, tandis que Nico utilisait sa magie pour amener le climat à s’en prendre violemment à nos ennemis. Pendant ce temps, Parwaaze, soutenue par mon sort d’Invisibilité devait s’infiltrer dans le camp pour provoquer le chaos à l’arrière de leurs lignes et éventuellement tenter d’assassiner une cible de valeur. Ne perdant pas davantage de temps, on a décidé d’attaquer avant de prendre le risque d’être découverts.

Tout s’est enchaîné très vite à partir de là, j’étais plus occupé à survivre qu’à prendre en notes tout ce que tout le monde faisait. Toujours est-il que la foudre a commencé à s’abattre de façon répétée sur le camp, provoquant le chaos, la stupéfaction et pas mal de dégâts, il faut bien l’avouer le druide sait se montrer redoutable de temps en temps. J’admet moi aussi avoir également lourdement agit avec ma propre magie de foudre, moins régulière certes que celle de Nico mais plus puissante. Et tout se serait parfaitement bien passé, si ce fils de pute de mage Maadbien n’avais pas commencé à balancer des boules de feu comme s’il jouait aux billes. Les balistes ont aussi fait pas mal de dégâts, mais rien de comparable. C’est qu’ils étaient plus d’une trentaine ces enculés, plus des chiens, plus des balistes … Comparés à la vingtaine d’homme qu’on avait amené, on était légèrement en infériorité numérique, mais la surprise aidant (et la puissance magique) on a réussi à vaincre.

On a eu sept morts de notre côté, mais on a pu éliminer plus d’une vingtaine d’entre eux, ainsi que les chiens et l’une des deux balistes. On a pu capturer les survivants mais surtout, l’Inquisiteur s’est rendu, ce qui nous offre des prisonniers de choix à utiliser voire à marchander si jamais. On a également pu piller une bonne partie de leur camp, récupérant les ressources qui pouvaient être récupérées, une bonne quantité d’or mais surtout deux objets magiques, des bottes semblant améliorer la vitesse de leur porteur et une épée capable de tout trancher sur une ligne d’une dizaine de mètres ainsi que quelques parchemins dont la moitié carbonisée par la foudre. Sous couvert d’une petite cérémonie funéraire pour nos défunts, j’ai réalisé un rituel qui devrait interrompre leur décomposition et m’assurer d’être le seul à pouvoir les réanimer si nécessaire ; j’ai également entrepris de les faire ramener à Ondanera, ils ne me seront d’aucune utilité à pourrir ici au milieu de nulle part … J’aurais bien ramené les corps des Maadbiens en même temps, mais je ne voyais ni comme les transporter, ni comment justifier ça auprès des autres, donc ils resteront là et serviront de nourriture aux charognards à la place.


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeDim 16 Déc - 23:14

La Nomarque Nefersut
Par Parwaaze, Archonte des Voix

Inventaire des biens récupérés au camp de Maadba:

  • Deux coffres contenant 1500 pièces d’or d’origine Maadbienne
  • Cinq tentes
  • [liste de mobilier des tentes]
  • Des armes et vêtements de fabrique Maadbienne suffisant à équiper 6 personnes
  • Matériel de forge portatif
  • Six chevaux
  • Une baliste légèrement abimée
  • Plusieurs artéfacts magiques (bottes de rapidité, épée enchantée, parchemins de sort, livre de sorts)


05/09/817

Une fois l’intensité de la bataille retombée et les premiers soins donnés aux survivants, je pu discuter avec la créature humanoïde ailée que j’avais libérée de sa cage. Il s’agissait d’un Erefin du nom de Venza, ayant servi de souffre-douleur au groupe pendant quelques jours. Il fut capturé blessé et séparé de son groupe après que celui-ci ait essuyé l’attaque de harpies dans les environs sur sa route de migration. Le pauvre être ne payait pas de mine, mais semblait prendre du réconfort dans mes prières adressées à la Dame pour lui permettre de retrouver sa famille.

08/09/817

Le retour est long et laborieux, les cadavres des morts étant tous ramenés pour leur permettre de passer sereinement dans l’autre monde selon leurs croyances. Le récit de cette bataille, première partie de la grande épopée Ondaneranne se tisse dans mon esprit sur le trajet, enrichi par les faits d’armes des guerriers qui m’entourent.

15/09/817

Notre arrivée est synonyme de liesse pour Ondanera, mais nous ne pouvons en profiter longtemps : la Nomarque décide finalement de nous accorder une audience.

Cet être vivant à limite des voiles entre les deux mondes est indescriptible. Son apparence parcheminée ne rend que plus visible l’éclat intense de son regard perçant, comme si elle savait déjà tout ce qui compose les êtres auxquels elle s’adresse. Plus impressionnante encore est sa patience, forgée par la certitude d’un être longévif que ses interlocuteurs ne posséderont jamais le temps pour amasser assez de connaissance pour lui nuire. Le concile, en particulier ses membres d’origine Nekheari, est fortement chamboulé par sa présence. Après tout, elle est à leurs yeux un être semi divin. Comment réagirais-je si j’étais face à face avec la un membre de la Famille ?

Elle nous incite à lui poser toutes nos questions, ce que nous faisons. Et ce faisant, elle semble en attendre encore d’autres… l’éclat de son regard trahit son amusement face à nos inhibitions.  

Elle nous dévoile l’ambition qu’elle a pour la cité : servir de point de rendez-vous annuel pour le versement du tribut du Sutanat au Califat. Une tâche difficile et pleine de promesse pour notre ville… qu’elle adjoint tout de même à celle de créer des routes rejoignant les deux royaumes pour leur permettre l’accès facile. De tels projets insurmontables ne peuvent émaner que d’une créature donc l’échelle de temps est le siècle et non pas le jour. Notre célébration fondatrice, la Cérémonie du Partage du 18 Aout, en sera l’apothéose.

Puis elle nous présente une deuxième mission, plus confidentielle, et légèrement irrévérencieuse pour son peuple. Elle veut de nous que nous infiltrions la sépulture d’un ancien paria de son peuple, et que nous lui en rapportions les restes. Sacrilège pour des gens qui vénèrent la mort plus que la vie ! Mais peut être là le signe d’un danger bien plus important qu’elle ne le laisse présager… Amun fut un ancien Nomarque, fidèle d’une princesse ayant défié son père et perdu sa bataille. Quels secrets se cachent dans cette histoire ? Voilà un conte maintenu secret qu’il ferait bon de dévoiler.

Cédant finalement à la curiosité, j’interrogeai Nefersut sur la disparition des Dieux. Elle me répondit que les Divins Adorateurs de son peuple en connaissaient la raison, et que certains êtres, des Prophètes, étaient capables de rentrer en contact avec les dieux… Des pistes intéressantes à creuser, ces informations m’incitent sérieusement à entreprendre le voyage vers le Sultanat. Que le dompteur des chevaux guide mes pas jusqu’à ces hommes !

En sortant de l’entretien, pendant que le concile reprend son souffle après l’atmosphère saturée de musc et d’épices de l’environnement de l’Adoratrice de Wereteket, celle-ci retiens Nerguï. Ce bref échange le laisse songeur, quelle tractation de nécromants la Nomarque a-t-elle pu lui proposer ?

Les informations apportées par la Nomarque ne laissent personne indifférent, et esquissent les contours d’un avenir… intéressant pour notre cité du bord du lac.


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeLun 14 Jan - 18:41

L'Egide de la propreté / Retour aux aventures !
Roderich Trödelmaus, Archonte de la Dîme

16/09/817

L'aménagement de la "salle des coffres" par mes subordonnés est terminée. Même si rudimentaire elle est bien organisée, avec un bureau correct et un emplacement pour les objets magiques et précieux. Tout ce qui a de la valeur y est rangé, le peu de choses qu'on a. Des épices etc... Pour le moment la grotte reste l'endroit le plus sûr. Farzina fait un inventaire complet de la fortune et des biens précieux d'Ondanera.

J'y ai retrouvé la pyramide du Magnifique et je me suis rappelé d'un certain cours, où on cet objet en particulier a été abordé. Il s'appelle l'Egide de la Cité, il aurait potentiellement plus de 1000 ans, aurait été créé par un fameux artisan magique, avec 4 autres objets similaires, pour bénir une cité. Ici l'Egide est celui de la propreté, il empêche les nuisibles comme rats et insectes de prospérer dans un certains rayon. Ce rayon augmenterai quand l'effet est cumulé avec celui d'un autre Egide. Les autres sont l'Egide de le Félicité, qui rend le peuple loyal, l'Egide de la Natalité, l'Egide de la Santé et l'Egide de la Mousson.
Après des analyses plus poussées, il me semble que le rayon de cet Egide seul pourrait couvrir tout un quartier. Avec les 5, une cité complètement développée. Il sert à combattre les bestioles qui peuvent porter des maladies. L'effet pourrait déjà être actif, on pourra surement voir une diminution des rats et asticots d'ici peu. Ce ne sera pas absolu malheureusement, mais une réduction d'au moins 80% est clairement envisageable. Un animal domestiqué pourra surement y résister...

Nergui vient demander un retrait des coffres, 500 pièces d'or pour acheter des parchemins et encres précieuses au sultanat, dans le but de travailler sur des parchemins magiques. Je lui accorde.

Je discute ensuite longuement avec Nico, laissant mon repas refroidir au profit d'une discussion forte intéressante sur sa culture cannibaliste  et ses rituels. Il voulait également voir à ce que son aide à divers moment puissent être évaluée en terme monétaire pour déduction de sa dette.

17/09/817

Nous lançons le grand plan de construction d'Ondanera (financé par le sultanat en partie, comme entendu), en construisant une forge qui s'est faite désirée. J'ai hâte de la voir à l'oeuvre, j'ai de plus en plus besoins de matériels en métal que j'ai du mal à trouver par moi même...
On construit aussi un cimetière, ça évitera surement pas mal de maladies, et d'autres aménagements (route etc...).

20/09/817

Nous partons enfin en expédition pour le Trépas de Sava, la crypte dans laquelle notre illustre Magistrat a perdu la vie. La crypte en question se trouve bizarrement au fond d'un trou au milieu d'une plaine. Elle regorge d'inscription et est taillée dans un pur style sultanien ancien.

On découvre qu'elle est dédié à un nomarque qui s'était rebellé contre le pharaon de son époque, rébellion menée par une certaine princesse. Le pharaon est illustré comme mettant un terme glorieux au soulèvement. Notre hôte a été enfermé vivant dans un sarcophage au plus profond du donjon. Ce châtiment nous montre bien l'importance de ce personnage, même dans la mort la plus horrible il a été honorée de la façon la plus grandiose...
Beaucoup de corps et de sarcophages dans cette crypte, et des signes d'intrusions passées, en tout cas à l'entrée, il ne reste pas grand chose à piller...


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeDim 10 Mar - 14:53

Le Tombeau d'Amûn
Par Iclōocatl, Archonte des Boisseaux

Le journal d'expédition Tombea10

21/09/818

Compte tenu de la confidentialité dont doit être entourée notre visite du Séjour d’Amûn, j’ai décidé de rédiger ces notes dans la langue et l’alphabet cauhthèques.  Si un autre Archonte a besoin d’une consultation ultérieure, il suffira de me demander une traduction, ou bien à Nerguï qui s’y connaît en magie linguistique.  

Le séjour d’Amûn est un endroit fascinant et une merveille d’architecture funéraire et de documentation historique, et je suis reconnaissant envers notre mandant de nous avoir accordé l’honneur de le visiter.  

Le Vestibule d’entrée a été saccagé par des pilleurs de tombe peu soucieux de préservation historique (je reconnais là la discourtoisie de Sava).  On y trouve des sarcophages éventrés, et quelques statues endommagées.  [croquis]

Le sol est constellé de pièces d’or, et les cadavres éventrés des pilleurs témoignent de ce que l’hospitalité des morts se mesure à l’aune de l’intégrité de mon défunt créancier.  
Derrière un panneau de pierre brisé qui devait former une sorte de porte coulissante à contrepoids, un escalier descend vers les profondeurs obscures de la tombe.  Après que Nerguï a revêtu le corps (pour le coup transformé en armure de cuir et d’os) d’un des pilleurs et relevé deux autres, nous nous y sommes risqués, accompagnés de trois gardes ondanerans, laissant à l’entrée le Capitaine et le reste de notre escorte afin de surveiller nos arrières (et, s’il échoyait, transmettre la nouvelle de notre trépas à notre foyer lacustre).  L’œil fin et le pied sûr de notre précieuse Parwaaze nous a gardé des pièges, du moins des pièges mécaniques, qui étaient surtout concentrés dans le troisième couloir, plus loin dans la sépulture.  Par contre, les râles bruyants et la hanche cliquetante d’un des zombies de Nerguï a compromis toute chance d’être discrets.  

Après le premier escalier, deux alcôves de part et d’autre du couloir.  S’y discernent des symboles depuis longtemps grattés, illisibles et effacés de la mémoire des pierres.  Puis, un second escalier.  Plafonds lisses.  Au fond, le couloir tourne une première fois à gauche.  Plus nous nous enfonçons, plus l’abondance du sang proclame la sauvagerie qui a eu lieu il y a peu.  D’autres ont tenté leur chance, depuis Sava.  Dans ce deuxième couloir, de nombreux bas-reliefs commencent de révéler le trésor culturel des lieux : des représentations de la personne inhumée ici.  La plupart ont été griffonnées.  

Le couloir tourne à nouveau à gauche, et après avoir évité les quelques plaques de pression qui auraient déclenché les pièges susmentionnés, nous tombons sur une magnifique fresque, la première qui semble avoir été protégée des dégradations, figurant une scène d’un autre temps : une pyramide, un homme qui donne des ordres, et des écritures.  Pendant que Nerguï se lançait dans un rituel pour comprendre le texte, nous avons eu notre premier contact avec les défunts : un chien est passé dans le couloir.  Il n’a pas manifesté d’hostilité claire, mais Parwaaze ne l’a pas convaincu avec un os (quelque chose me dit qu’il ne devait pas en manquer dans le coin).  Je n’avais pas envie de le blesser inutilement, aussi l’ai-je tancé d’un regard d’alpha afin qu’il nous laisse en paix.  Il est retourné plus loin, et peu après, nous avons senti une bourrasque désagréable, avec un remugle méphitique de magie mauvaise…  Quelque chose, par là, avait été mis en branle.

Parwaaze et moi avons commencé à déblayer, avec précautions, les décombres d’un éboulement assez récent (qui avaient été déjà partiellement dégagés, probablement par Sava, dont on ne pourra donc pas dire qu’il ait été complètement inutile).  
Nerguï a enfin terminé son rituel, et nous avons appris que ce tombeau n’accueillait pas qu’Amûn, mais aussi Djaou Trois, dont le très docte Roderick nous apprit qu’il fut architecte de très grand renom, Imyer des Monuments Royaux durant la Septième Dynastie nékhéarite – un poste des plus importants.  L’architecte fut enterré ici pour avoir construit la sépulture du Nomarque de Parva.  La magnifique fresque s’accompagnait d’un avertissement : « N’entrez pas ».  

La remarque dissuasive s’appliquait probablement à une porte dissimulée contre la fresque, derrière un autre panneau coulissant en pierre.  La force brute aurait probablement permis de dégager un passage, mais nous répugnions à endommager la sépulture inutilement, aussi avons-nous décidé de reporter à plus tard l’exploration de cette zone.  

Le couloir se poursuivait derrière les décombres, et un zombie de Nerguï, prudemment envoyé quelques pas avant nous, s’est pris une rafale de projectiles magiques, à laquelle il n’a pas survécu.  Sur-mort-vécu ?  C’est perturbant…  Bref, les projectiles venaient de protections magiques apposées sur les murs sous la forme de glyphes.  Les mêmes glyphes qui avaient été grattés sur tous les murs du tombeau jusqu’à présent.  Nous avons essayé, à notre tour, de les gratter à l’aide des lances des soldats.  Nerguï a même essayé de les effacer en manipulant par télékinésie une dague de Parwaaze.  Malheureusement pour nous, mais à la réflexion, heureusement pour la préservation de ce site, nous avons échoué à nous débarrasser manuellement de ces protections.  J’ai dû finalement utiliser ma magie pour neutraliser le pouvoir des glyphes, ce à quoi je répugnais car un tel usage ponctionnait des ressources que j’aurais préférer préserver pour l’affrontement que je sentais venir.  Heureusement, cela n’a pas eu de conséquences néfastes.  

Dans la dernière section du couloir, d’autres représentations d’Amûn le dépeignaient comme un mage puissant.  À vrai dire, Amûn apparaissait presque comme l’égal des Pharaons.  L’ont peut soupçonner que cette glorieuse ostentation soit l’indice d’une ambition démesurée, qui n’a pas dû plaire au Pharaon et a peut-être causé la chute du Nomarque.  

Alors que nous contemplions ces œuvres funèbres, le chien défunt est revenu nous voir, visiblement moins amène que la première fois.  Cette fois, j’ai dû me changer en loup et assumer un comportement d’alpha pour le renvoyer d’où il venait.  J’y suis allé peut-être un peu fort ; je n’aime pas brutaliser psychologiquement des animaux, mais en pareille occurrence, inspirer une terreur initiale permet parfois d’éviter d’exposer un adversaire à une violence physique évitable, ce qui est un résultat évidemment souhaitable.  

Nous étions arrivés à la fin du couloir, et il fallait à présent franchir une embrasure étroite et obscure pour poursuivre.  Aucun d’entre nous ne savait ce qui nous attendait au-delà, et pour être honnête, nous n’en menions pas large.  Aussi ai-je décidé de lécher la main des soldats qui nous accompagnaient et de leur sourire pour leur réchauffer le moral et les encourager.  Bizarrement, ça n’a pas eu l’effet escompté.  Parwaaze s’y prend décidément beaucoup mieux que moi avec les hommes.  Enfin, sauf avec ce pauvre forgeron, qui semble désespérément inconsolable, mais passons…  Je devrais peut-être donner à la garde des cours d’éthologie ?  Cela leur permettrait sûrement de moins se méprendre sur mes intentions, et aussi de mieux traiter leurs bêtes de monte et de bât.  Sans compter que c’est un sujet des plus intéressants, en soi.  Oui, il faut que je me souvienne de demander à Ménéo d’ajouter de tels cours à la formation martiale.  Nul doute que les rapports des soldats après leurs rencontres avec la faune locale seraient aussi beaucoup plus précis.  

Nous avons finalement rassemblé notre courage et franchi le seuil : il n’était de toute façon plus temps de reculer.  Très vite, nous avons senti que quelque chose n’allait pas.  Senti était bien le mot : l’air était saturé de poussière pestilentielle, à l’odeur dérangeante, douçâtre, corrosive, morbide, en un mot infecte.  Elle nous rentrait dans le thorax à chaque inspiration, nous essoufflait, nous emplissait de miasmes, nous oppressait les poumons, nous abrasait les bronches aussi sûrement que dans les montagnes, l’air glacé fait brûlante douleur le halètement de la proie pourchassée.  

Je n’ai pas, heureusement été très affecté, peut-être grâce à ma forme lupine ou à la quantité de spores qu’enfant j’ai inhalés dans la jungle.  Nerguï et Roderick, par contre, m’ont fait craindre pour leur santé, avec leur teint de cendre et leur souffle crissant et leurs mines fermées de souffrants stoïques.  Ils m’ont plus tard expliqué que ce phénomène portait un nom : les Vapeurs des Tombes. Ils ne connaissent pas son origine, ni ne savaient si elles étaient naturelles ou magiques, s’il s’agissait d’un champignon ou d’une exhalaison des produits d’embaumement.  Ce qu’ils savaient c’est que ces Vapeurs avaient la réputation d’annoncer la mort.  Et de mort, en effet, nous étions entourés.  

Nous pouvions le sentir, mais ne le voyions pas encore, cernés que nous étions par des ténèbres opaques, épaisses, fuligineuses, voraces de la lueur de nos torches, qui réduisait à quelques pieds à peine notre visibilité.  Cette obscurité ne pouvait s’expliquer par les seules Vapeurs, si denses fussent-elles.  Elle n’était pas absence de clarté, elle était présence oppressante et hostile d’autre chose.  

Ainsi privés de vue et d’olfaction, nous nous sommes avancés avec une extrême prudence, en comptant sur nos autres sens pour nous guider.  Quelque chose dans la texture des sons, une légère réverbération des crépitements de nos torches, l’éloignement des jappements du chien-mort de tout à l’heure, un léger écho, une résonnance particulière au cliquetis de ses griffes sur des dalles de pierre, ou à d’autres cliquetis, plus proches, plus discrets, à l’entour, tout ce paysage sonore semblait indiquer que nous avions pénétré dans un très vaste espace.  Nous n’allions pas tarder à en avoir confirmation.  

Soudain, une voix s’est élevée des profondeurs de l’obscurité.  Elle était puissante, mouvante ; il m’était impossible d’en localiser la source.  Et elle s’exprimait en nékhéari antique.  Nerguï, toujours sous l’effet de son enchantement linguistique, a traduit pour nous : « Qui ose pénétrer ma tombe ? »  L’on aurait pu espérer formule d’accueil plus amène.  
La voix s’éleva encore : « Quelle est cette langue que vous parlez ? », nous interpréta Nerguï.  Nous nous entre-regardâmes sans répondre, perplexes quant à l’attitude à adopter.  

La voix tonne alors, autoritaire, nous intimant de répondre, l’air et le sol résonnent de son injonction : « J’ai parlé.  J’attends une réponse. »  Nous sommes sonnés.  Les paroles étaient chargées d’une puissance qui était bien plus que purement sonore.  Et l’écho n’a pas fini d’en mourir que partout dans la salle, torches et braseros s’allument, et que l’obscurité reflue vers les hauteurs pour révéler une grande chambre funéraire.  Près de l’entrée, nous découvrons le cadavre desséché de Sava.  En dépit de notre inimitié, j’éprouve quelque réconfort à ne pas le voir profané par une mort-vie qu’il réprouverait sûrement.  Surtout que ça nous en ferait un de moins à combattre.  

Le long des murs, de part et d’autre de la salle dans le sens de la longueur, s’alignent une dizaine de tombes richement ornées, chacune surmontée d’un couvercle de pierre sculpté à l’image de son occupant.  À côté de chaque tombe, contre le mur, repose ce qui semble être une urne cinéraire…  Un vase canope ?  Ce détail allait s’avérer crucial plus tard.  
Au centre de la salle s’alignent des bassins d’eau croupie – je devrais plutôt dire des charniers tant ils sont encombrés d’ossements.  Et ce ne sont là que les os immobiles : ailleurs se tiennent des dépouilles intranquilles, squelettiques gardiens de céans.  (Combien étaient-ils ?  Quinze ?  Vingt ?  Dans le chaos qui allait suivre, nous ne prîmes pas le temps de dénombrer.  Trop, sûrement, était la réponse adaptée. )
Autour de ces charniers, des colonnes, qui s’élèvent haut vers un plafond encore enténébré.  Et au fond de la salle repose la plus grande tombe, environnée de richesses, transformée en autel sacrificiel où reposent des victimes récentes, qui ont visiblement subi quelque forme de magie.  

Élevant notre regard de cette dernière sépulture, nous découvrons notre hôte, qui flotte dans les airs.  Il s’agit, selon toute apparence, d’après la coupe de sa moustache et son teint, d’un homme de la Sérénissime, mort récemment.  La lumière tressaillante des braséros, qui l’éclaire par en-dessous, jette sur son visage des ombres dures, et fait ressortir de façon dérangeante le trou béant qui perce son cou.  Il ne devrait pas pouvoir parler…  et pourtant il se présente enfin :

« Je suis Amûn, Nomarque de Parva.  Vous, qui êtes-vous qui vous dressez devant moi ? »  
Je tente de retranscrire ici sa conversation avec Nerguï, l’intéressé amendera au besoin.  
« Je porte plusieurs noms, répond l’Archonte.  J’imagine que dans le cadre de cette conversation, vous pouvez m’appeler Nerguï.
— Sont-ce tes suivants ?
— Ils le sont, oui.  
— Alors lequel d’entre eux amènes-tu en sacrifice ?  
— Un sacrifice ?
— Oui.  
— Pardonne mon scepticisme, Puissant Nomarque, mais tu n’as pas l’apparence qui sied à ton rang.  
— Mon corps est inutile.  J’ai dépassé ce stade depuis longtemps.  
— Puissant Nomarque, tu as dit que ce corps, ton corps t’était désormais inutile…
— Parle, finis ta pensée.  
— Nous sommes venus ici dans un but précis : récupérer ton vase canope.  Tu n’en as donc plus besoin ? »
Amûn marque une hésitation.  À la mention du sacrifice, les gardes qui nous accompagnent se sont raidis ; leurs articulations blanchissent sur la poignée de leurs armes.  
« Tu as raison, finit par reprendre Amûn.  Que comptes-tu en faire ?  

— Te rendre les honneurs que tu aurais dû mériter.  
— Tes intentions me semblent suspectes.  Mais je n’ai rien à craindre de toi.  J’attends mon sacrifice.  Si tu y consens, tu peux le prendre.  
— Tu t’es, à vrai dire, déjà octroyé un sacrifice.  Il y a quelques mois de ça, nous avons envoyé des gens ici.  Tu les as tués.  
— Ils furent utiles, en effet.  C’est grâce à eux que je suis libre.  Mais ça reste insuffisant.  Donne-moi mon sacrifice et tu auras ce que tu veux. »

Nous avions toutes les raisons d’hésiter.  Qui était-il pour penser mériter un sacrifice, se pensait-il l’égal des Dieux ?  Nul doute que telle arrogance pourrait expliquer qu’il fût déchu.  Et par ailleurs, pouvions-nous nous fier à lui ?  Ou cherchait-il seulement à nous affaiblir et nous diviser pour nous déforcer ?  Nous ignorions tout de la magie malsaine qu’il avait mise en branle un peu plus tôt.  Pour ce que nous en savions, un sacrifice librement consenti pouvait tout aussi bien être la dernière chose qui lui manquait pour acquérir un pouvoir qui assurerait notre perte.  Alors que nous pondérions nos options, Amûn s’est soudain impatienté.  

« Vous manquez d’enthousiasme, constate-t-il.  Pas grave.  Tout était prêt, de toute façon. »  
Il se retourne alors vers les corps qu’il a sacrifiés.  L’obscurité malsaine qui s’était réfugiée dans les hauteurs coule sur les cadavres, se rassemble et s’agglomère, et prend forme.  En émerge un crâne grotesquement hypertrophié, environné de flammes violettes.  Un crâne-feu, nous apprend Nerguï, qui n’a pas l’air ravi.  Du tout.  Une créature dont j’apprendrais plus tard qu’elle naissait d’un mage sacrifié rituellement et qui est visiblement liée au feu.  « Occupe-t-en », ordonne laconiquement le Nomarque.  Et au même instant, tous les squelettes s’animent comme un seul homme – et d’ailleurs mus par la volonté d’un seul.  

Moi, Parwaaze, Nerguï et Roderick nous sommes précipités dans le couloir, ou j’ai repris forme humaine, dans l’espoir que le goulot d’étranglement ainsi créé nous donnerait quelque avantage.  J’ai allumé un brasier magique pour brûler du mort-vivant, Nerguï lève une main et un squelette est projeté contre le sol, se disloque, et puis…  le chaos.  Une sorte d’implosion a eu lieu, pas un appel d’air, mais un appel néanmoins, auquel nos chairs ont répondu.  J’ai résisté tant bien que mal, ainsi que Parwaaze, mais Nerguï et Roderick ainsi qu’un des gardes ont été happés dans la grande salle, atterrissant dangereusement près de mes flammes, valdinguant dans un squelette comme balle dans un jeu de quilles.  Plusieurs canopes ont explosé dans le mouvement, et autant de squelettes se sont disloqués.  

En un éclair, je comprends.  Je déplace mon brasier et sors ma fronde. Un mot d’Amûn et un des soldats se retrouve hébété, cesse de se défendre contre les squelettes qui l’assaillent.  Je brise d’un lancer un vase situé plus loin, et à mesure que la poussière qu’il contient s’en écoule, un autre des soldats d’os de disloque.  Les cris de Parwaaze, qui tire le soldat hébété, le secoue pour qu’il retrouve ses esprits.  Le zombie survivant de Nerguï qui leur vient en aide.  Je dois me concentrer sur mes flammes.  Le crâne hurle, Nerguï vient d’interrompre le sort qu’il s’apprêtait à lancer. Mes flammes lèchent les bandages d’embaumement d’un des squelettes, qui eût cru qu’ils fussent aussi bons combustibles.  Le squelette lâche son arme et tente de défaire les bandes ; c’est trop tard pour lui.  Entre nous passe une volée de projectiles magiques, et Nerguï a à peine le temps, dans un réflexe protecteur, d’ériger un bouclier pour arrêter les pointes qui l’auraient autrement transpercé ; le crâne-feu a visiblement peu goûté l’ingérence du mage.  Du coin de l’œil, j’aperçois Roderick qui, se relevant de l’implosion et saisi de fureur, enfonce une fiole d’acide dans la bouche d’un de nos assaillants avant de claquer sa mâchoire, puis, avant même que le squelette ait fini de s’effondrer, de lancer une autre fiole sur le crâne-feu, qui explose dans une gerbe de flammes violettes et éclabousse la moitié de son visage, lui arrachant un hurlement qui tient plus de la colère que de la douleur.  Une flèche de Parwaaze est plantée dans l’œil, dont la hampe brûle d’une flamme rouge sombre ; quand l’a-t-elle tirée ?  La voilà qui réarme déjà.  Glissant une nouvelle pierre contre le cuir et mon regard le long de la salle pour m’assurer que mon brasier fait toujours d’opportuns ravages, j’ajuste mon tir pour briser une nouvelle urne au moment où j’entends le claquement de la corde d’arc qui se détend.  Un de nos gardes, qui combat des squelettes hurle à côté du zombie allié.  De rage ?  de douleur ?  Et soudain son cri est soufflé par le vacarme, au moment où tout ce qui restait d’obscurité est consumé par un trait d’incandescence pure : la foudre !  La terrible foudre de Nerguï qui tonitrue à travers les colonnades, traverse le crâne-feu de part en part, entrant par l’orbite et sortant par l’occiput avant d’aller frapper Amûn de plein fouet.  Dans cette fulgurance, le crâne explose, ses échardes volent et dans une dernière volute, les flammes violettes s’éteignent.  Quand la ligne rouge et vive de la rémanence se résorbe un peu, j’aperçois Nerguï, qui s’était exposé pour lancer son coup de maître, attaqué par un squelette proche, et le tumulte du combat reprend.  

Une odeur de chair brûlée se répand dans la pièce : la peau d’Amûn grésille encore du coup porté, et fume, mais la liche n’a pas réagi, n’a pas cillé, n’a pas transigé.  Il n’a que faire de son corps d’emprunt.  Sous lui, l’eau croupie d’un des bassins entre en ébullition.  Je déplace mes flammes vers un squelette et place déjà une nouvelle pierre dans ma fronde, quand soudain les morts se figent puis semblent aspirés par une force irrésistible.  Une colonne d’eau s’élève sous Amûn, qui se mue en tornade.  Amûn rappelle à lui les siens et tous les os obéissent, même le zombie de Nerguï.  Le glapissement du chien est un crève-cœur.  Un terrible instant semble s’allonger vertigineusement, jusqu’à la rupture, alors que nous nous demandons quelle abomination va sortir de l’eau, mais le providentiel Nerguï, encore lui, a Vu Clair : d’un doigt tendu et d’un mot de pouvoir, impérieux, il met un terme au sort profane.  La tornade ralentit, l’eau s’affaisse dans une pluie saumâtre et un grand chamboulement d’os et de chair.  

Les squelettes sont pour l’heure incapacités, et par peur de porter au chien un coup fatal autant que par volonté d’attaquer directement Amûn, je décide de laisser aller mes flammes, et j’appelle la lumière lunaire.  Une colonne blafarde environne le Nomarque, dont le corps se met à brûler de flammes pâles, et par les craquelures de sa chair filtre une lueur bleue.  Encore une fois, il ne semble pas ressentir la moindre douleur, seulement de la colère pour l’affront de Nerguï.  Les squelettes se relèvent de bric et de broc, j’aperçois le chien piteux qui s’extrait du charnier, où notre alchimiste vient de déverser son acide, moins scrupuleux que moi à l’instant.  Une flèche parfaitement ajustée de Parwaaze se fiche entre les yeux d’Amûn et son corps brisé s’effondre enfin.  

Mais demeure l’aura bleue, floue dans ma colonne de pâleur.  Amûn est en colère, et son courroux nous atteint comme une vague froide.  Je le sens essayer de pénétrer mon esprit, mais je résiste.  Les autres n’ont pas cette chance.  Je vois le regard de Nerguï se faire fixe, écarquillé.  Sur le visage de Parwaaze se peint un masque de terreur.  Un garde hurle d’effroi, se cache le visage, tombe au sol inanimé.  Ils vieillissent, se flétrissent. Roderick contemple ses mains désormais ridées, crie de détresse, s’encourt vers le couloir comme pour fuir les ans qui se ruent vers lui.  Parwaaze, saisie de panique, se rue vers un canope, le soulève d’un grand ahan et le brise au sol ; son regard est celui d’une bête éperdue.  Je ferme mon poing sur ma pierre-soleil, que le ciel me guide, il faut que la radiance suffise, il le faut !  Je cours vers Parwaaze, pour la guérir de son effroi magique.  Nerguï, au sol, lève un bras, avec l’énergie du dernier espoir, celui qui fait que la bête blessée rue encore à l’hallali, envoie une volée de projectiles magiques.  La pupille de Parwaaze se rétrécit enfin, elle se retourne vers le fantôme toujours environné de mes flammes spectrales, et contemple avec moi une deuxième volée de projectiles envoyés par un Nerguï à bout de souffle, quand soudain…

Le calme.  L’aura bleue s’est dissipée, divisée en deux orbes.  Les squelettes restants sont plongés dans l’apathie.  Le chien gémit.  Un des gardes va s’occuper, tremblant et sanglotant, de son collègue évanoui.  Roderick revient, vieux, ébranlé, mais arraché enfin à la sienne terreur.  Les deux orbes s’en retournent dans un canope chacune, le premier orné d’un cœur, le second d’une tête.  Tous les squelettes qui restent encore debout semblent soudain léthargiques.  Je relâche un souffle que je n’avais pas réalisé retenir, et à côté de moi, j’entends Parwaaze faire de même.  

Entendant le chien gémir, je me rappelle m’être senti soulagé qu’il fût encore en mort-vie et, semblait-t-il, en possession de ses moyens, contrairement aux soldats d’os.  Je me suis dit que ce serait sans doute une bonne idée et un geste bienveillant après cette horreur, de lui donner un bout de la viande du zombie tombé de Nerguï, mais Roderick m’a clairement fait comprendre que ce n’était pas le moment de se consacrer à de telles questions.  L’alchimiste est effrayant, lorsqu’il est en colère.  

Nous avons enfin pu explorer la grande salle.  Aux murs, on notera la présence de nombreuses fresques quasiment intactes représentant la vie de jadis, dont l’ensemble constitue sans nul doute un document historique inestimable.  [Croquis] De très grande valeur également, est l’amoncellement de richesses autour de la tombe du Nomarque, mais aussi çà et là dans la salle.  Une inspection rapide des vases brisés lors du combat y révèle des runes, probablement sources de la mort-vie qui anime les gardiens de l’endroit.  Au fond de la grande salle à droite, une porte mène à une autre salle, beaucoup plus petite, où sont entreposées des caisses de nourriture momifiée, un coffre, des parchemins anciens qu’il faudra traiter avec la plus grande minutie et la plus grande délicatesse.  Dans cette chambre nous trouvons aussi un levier, assorti d’un autre avertissement de Djaou Trois : l’accès est fermé à jamais et il devrait en rester ainsi.  
Nos investigations des différents documents picturaux et textuels du tombeau, largement guidées par la magie linguistique de notre Archonte du Sépulcre, permettent de jeter certaine clarté sur l’histoire de l’endroit.  Les sarcophages qui s’alignent contre les murs sont ceux de notables, membres de la famille d’Amûn.  Lorsque le Nomarque fut déchu, plusieurs de ses proches et apparentés se sont donné la mort ou y ont été contraints avant d’être placés ici.  Le chien qui a miraculeusement échappé au fracas des armes et des magies n’est rien de moins que le fidèle compagnon du Nomarque, enterré avec icelui.  Il répond au nom de Ptolemy.  

Quelque chose finit alors par nous inquiéter.  Alors que nous pensions que la sénescence brutale cruellement infligée par notre adversaire s’effacerait progressivement après notre victoire, ce ne semble pas être le cas.  Nous nous penchons sur ce vieillissement, et il s’avère que non seulement il ne doive pas s’effacer, mais pire, qu’il soit en train de gagner permanence.  Je parviens à résorber les effets sur Roderick et sur le plus affecté des gardes, Parwaaze lui ayant, dans un admirable geste d’abnégation, concédé la préséance que son rang et son privilège lui aurait pu octroyer.  L’effort taxe évidemment mes ressources déjà lourdement grevées par le combat, et j’en ressors épuisé.  Avant de pouvoir terminer mon office, je dois donc prendre quelque repos.  À cette fin, je me prépare hâtivement une décoction somnifère, demande aux gardes de ne pas être dérangé (ce dont ils s’acquittent avec grande diligence), et m’isole dans un coin de l’entrée du tombeau afin de dormir quelques heures.  

À mon réveil, assez bien régénéré compte tenu de l’endroit, je peux enfin, et heureusement, soigner Parwaaze et les deux gardes qui restaient, et leur rendre ces années de vie dont ils avaient été spoliés.  Je découvre aussi que la mort a réclamé son dû et repris les gardiens squelettiques de l’endroit.  Ptolemy, quant à lui, est toujours mort-vif, relativement affectueux, et semble s’être pris d’amitié pour Nerguï, reconnaissant peut-être en lui une magie nécromantique et un charisme politique qui coulaient déjà dans les veines de son ancien maître.  
Mes compagnons ont été actifs et efficaces pendant mon sommeil, et ont déjà rassemblé la majeure partie de l’opulent trésor que renfermait l’endroit à l’entrée de la tombe, le but de la manœuvre étant de sécuriser cette prise avant de nous risquer à abaisser le levier dont nous espérons qu’il libèrera l’accès de la sépulture de l’Imyer, mais dont nous redoutons qu’il déclenche d’éventuelles fâcheuses contre-mesures.  Le temps venu, c’est évidemment au zombie de Nerguï que revient le périlleux honneur.  

Le levier abaissé, nous redescendons prudemment dans la tombe et constatons qu’aucun piège n’a été déclenché et que, comme espéré, un passage s’est ouvert à côté de la fresque représentant Djaou Trois devant une pyramide.  Derrière le panneau mentionné plus tôt, nous découvrons un couloir dont les parois ne sont malheureusement pas aussi bien préservées que dans le reste de la tombe.  Nous y engageant, nous rencontrons un fantôme du nom d’Hotta, considérablement plus jeune qu’Amûn, puisqu’il s’agit d’un pilleur de tombe piégé ici à la suite d’un écroulement survenu il y a un peu moins de deux siècles.  

Hotta est probablement la créature la plus déprimée et désespérée que j’aie pu rencontrer.  S’il n’était déjà mort, j’aurais craint qu’il puisse tenter d’attenter à ses jours.  Nous trouvons son cadavre recroquevillé dans un coin, tenant dans sa main une sorte de lampe à huile.  Un autre cadavre émerge d’un tas de gravats qui encombre le couloir.  En parlant avec le défunt (enfin, nous parlions ; lui soupirait, plutôt), nous découvrons que la lampe permet d’invoquer une créature magique, un « Djinn » nommé Jodaam le Bienveillant.  Accompagné de son épouse (l’autre cadavre), l’explorateur funéraire s’est introduit dans la tombe en dépit des conseils de ce Jodaam, et le lecteur avisé n’aura pas manqué d’apprécier la pertinence éclairée de leur décision.  L’amour conjugal ne dure qu’un temps, ai-je entendu dire en Sérnissime, et il semble que ce temps ne se compte pas en siècles ou ne s’étende pas au-delà du trépas : Hotta considère que le nom de sa conjointe n’a plus la moindre à importance à présent (s’en souvient-il seulement ?), aussi crains-je qu’elle doive demeurer innommée dans la présente chronique.  Hotta ne semble pas non plus vouloir être enterré en un lieu précis.  En fait, il ne semble pas vouloir grand-chose.  Si ce n’est, peut-être, que nous le laissions contempler le dernier séjour de Djaou Trois, à supposer que nous parvenions à ouvrir la porte magiquement scellée d’une rune qu’il ne parvient pas à franchir.  

Les bribes d’information que nous avons pu obtenir sur cette tragédie sont certes très lacunaires, mais il me semble qu’avant sa mort Hotta n’était pas aussi apathique et … éteint qu’aujourd’hui – au contraire, la prise de risque consentie semble l’indice d’une certaine combattivité.  J’avais déjà pu constater, avec les Nomarques que nous avons eu l’heur de rencontrer, que certains morts-vivants pouvaient préserver leur volonté et leur personnalité propres dans la mort.  L’explorateur semble démontrer qu’en outre, la personnalité puisse encore évoluer après celle-ci.  Plus j’en découvre, plus je me dis que la mort-vie est peut-être juste une forme de vie particulière, dans le prolongement naturel de la première vie.  À moins que les fantômes ne soient marqués comme au fer par la dernière émotion ressentie de leur vivant, dans le cas de Hotta : l’ennui ?  Il faudra que j’interroge Nerguï à ce sujet.  

Roderick a pratiqué une sorte de magie divinatoire – de la très belle magie, je trouve – sur la lampe enchantée et nous a appris qu’elle avait été créée à l’aide du sort « Souhait », lancé par un mage puissant, et qu’il ne s’agissait pas d’un objet unique mais que plusieurs autres lampes avaient été créées par ce sort.  L’esprit ou la chose que la lampe renferme est puissant, probablement une sorte d’élémentaire.  

Près du cadavre d’Hotta, dans une petite alcôve qui fait face à la porte de ce que nous devinons être la chambre funéraire de Djaou Trois, se trouve une sorte de vasque carrée, imprégnée de magie.  Autour de cette vasque diverses inscriptions presque effacées louent le glorieux architecte, créateur de plusieurs monuments importants.  Il est vaguement question de temps, mais les inscriptions sont pratiquement illisibles.  Le sort de compréhension de Roderick nous éclaire sur le fonctionnement de la vasque : remplie d’un mélange d’eau et de sable, elle ouvrirait une ou deux portes, sans doute celle qui lui fait face et l’autre, au fond du couloir, après un autre tas de gravats qui marque l’accès emprunté par les pilleurs de tombe.  Je puis avancer une hypothèse sur les inscriptions perdues : sable et eau sont deux fluides utilisés pour la mesure du temps, à l’intérieur d’un sablier ou d’une clepsydre.  Peut-être y avait-il là quelque énigme qu’un initié aurait aisément comprise, mais qui devait rester absconse pour les intrus ?  Hotta, en tout cas, dit avoir essayé de mettre plusieurs choses dans la vasque, sans succès.  

Restant attentifs à tout danger qui pourrait surgir de la chambre funéraire, nous versons le mélange.  Lorsque les battants s’ouvrent, ils révèlent un gardien magique, un Spectateur.  Il s’agit d’une sorte de grand œil flottant, environné de tentacules également oculées.  Je dois avouer qu’à ce stade nous étions las de combattre dans cette tombe, aussi avons-nous décidé de la faire brève : il y eut un cri ignoble de surprise et d’ire mêlées, interrompu par une volée de projectiles magiques, d’acier projeté, d’acide aspergé et d’incandescence lunaire.  Quand on y songe, il y a quelque chose d’absurdement tragique et dérisoire à la vie morne et vide de ce Spectateur.  Vingt-cinq siècles de longue et patiente attente, de silencieux et obscur néant, et quand enfin survient l’événement contre lequel la sentinelle était censé prémunir l’endroit, l’événement qui donne son sens à cette interminable mission, son échec est consommé en à peine le temps d’un clin d’œil.  D’yeux.  Bref…  Enjambant son cadavre, nous pénétrons dans la chambre funéraire de l’Imyer des Monuments Royaux, considérablement plus riche que celle d’Amûn, suivis d’Hotta qui, posant sur la porte ouverte et le Spectateur un regard las, aura pour lui cette mémorable oraison : « C’était donc si simple… »  

J’aurais espéré que de voir enfin ce qu’il voulait trouver avant sa mort apporterait quelque chose de conclusif au fantôme.  Il semble que ça ne soit malheureusement pas le cas.  Alors que nous exhumions avec précaution les trésors innombrables de ces deux dernières salles et lui montrions nos découvertes, Hotta semblait toujours insatisfait.  Je crains que cet événement ne serve qu’à rendre plus nets, par contraste, l’ennui et la vacuité qui le définissent et auxquels il semble condamné à devoir retourner après notre départ.  

Après avoir vidé ces deux salles, nous revenons encore à la grande chambre d’Amûn, pour ouvrir les sarcophages de ses proches et en récupérer les objets précieux.  Nous préférons éviter d’ouvrir le sarcophage d’Amûn lui-même, de peur de libérer quelque chose ou de permettre à un adversaire si redoutable de revenir encore nous hanter.  Je profite de ce dernier passage pour contempler encore les fresques, et pour prélever des échantillons dans les trois bassins d’eau croupie, dans l’espoir que cela nous permette de mieux comprendre les Vapeurs des Tombes, après quoi nous nous apprêtons enfin à quitter l’endroit.  

Après notre longue série d’infortunes, le succès total de cette expédition est immensément rassurant et satisfaisant.  Non seulement nous en revenons tous sains et saufs, mais encore les bras chargés d’un trésor incroyable.  Je prends quelques lignes pour décrire ici notre butin.  

Vingt mille pièces d’or, selon une estimation grossière, viendront renflouer le Trésor ondaneran, à quoi s’ajoutent des bijoux et joyaux pour une valeur estimée de 5000 autres pièces d’or.  À charge du culte de Cernardi d’inventorier cette somme colossale, et de déterminer celles qui, parmi ces pièces, ont une valeur numismatique ou historique largement supérieure à leur valeur nominale ou leur poids en métal précieux.  Nous avons aussi trouvé quatre joyaux magiques, que Parwaaze appelle Pierres d’Anosheeh, la Grand-Mère.  Il s’agirait d’étoiles tombées du ciel.  Deux d’entre elles sont des pierres d’Intuition, la troisième permet de s’affranchir du besoin de manger et de boire, la dernière est une pierre d’Agilité.  Outre les fioles d’eau croupie, nous trouvons également une potion rose qui s’avère être un philtre d’amour, une potion bleue qui, versée hors de sa fiole, prendra la forme d’une courte épée aussi vulnérante que l’on peut l’attendre de pareille arme, mais qui a l’inconvénient de ne pas permettre de parer, et enfin une potion verte qui munira les extrémités de qui la consomme des mêmes propriétés d’adhérence que celles que l’on trouve chez les insectes, les araignées, et chez certains lézards des roches et geckos de la jungle, leur permettant de se mouvoir sur des supports verticaux.  Nous trouvons également un talisman-scarabée, qui offre une protection contre la nécromancie, un casque de croisé des sables qui permet de voir clair à travers une tempête de sable, un fouet de bannissement, une puissante amulette synchronisable qui permet de maudire toutes les créatures dans un rayon de neuf mètres, au prix cependant d’une éprouvante bradycardie magique pour l’imprécateur.  Nous ramenons également le cadavre du Spectateur, la dépouille de Sava, la momie, richement ornée, de l’Imyer Djaou Trois, les vases canopes d’Amûn et de trois de ses gardiens squelettiques, la lampe de Jodaam, et une cassette contenant quatre yeux de Spectateur, sans oublier Ptolemy, désormais compagnon de Nerguï.  

Finalement, cet inventaire ne serait pas complet sans mention de l’autre aspect, moins pécuniaire et plus documentaire, de ce butin : un lot de parchemins anciens, d’une valeur historique proprement inestimable, parlant de la région aux temps jadis, parmi lesquels nous trouvons les Mémoires d’Amûn, où le Nomarque déchu prodigue aux générations futures des conseils de gestion.  Nous trouvons également des plans de constructions de l’illustre Imyer, révélant les emplacements de plusieurs monuments royaux érigés par lui, ainsi que des schémas de conception d’objets divers : potion d’amitié animale, anneau de nage, potion de souffle enflammé, et, dernière de cette liste mais non la moindre : poudre à éternuer.  Qui eût cru qu’un si important personnage soit aussi un espiègle farceur ?  Cela dit, on sait maintenant que l’Incandescente marche tout aussi bien, hein…


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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMer 10 Avr - 19:22

Manœuvres, tractations et diplomatie

par Nergui, Archonte du Sépulcre

24/09/818

Pourquoi faut-il toujours que les choses se finissent mal ? Je vais finir par croire qu’on est maudit à force. Tout allait bien. Nous avions fini d’explorer le tombeau d’Amun, et avions empaqueté la grande quantité de trésors et de richesses présentes sur place, de quoi nous remettre un peu après toutes les emmerdes qu’on a eu depuis notre installation, et nous étions sur le chemin du retour vers Ondanera quand nous sommes tombés sur eux.

Des espèces d’hybrides d’homme et de félins, vaguement similaires à des centaures dont la part équine aurait été remplacée par une partie féline. Plutôt bien armés et avec le port altier et prétentieux spécifique aux chats, ils sont venus nous voir et nous ont menacé. Ou plutôt ils nous auraient menacés s’ils avaient su que nous étions les dirigeants d’Ondanera, on a préféré jouer profil bas. Ils ont annoncé que leur maîtresse-reine-déesse, je n’ai pas bien compris de quoi il s’agissait si ce n’est qu’elle se faisait appeler Latia, était mécontente et souhaitait récupérer un bien qui lui avait été volé, et qui ressemblait à s’y méprendre à l’objet que Dhareef nous a fait récupérer pour nous protéger de l’essaim, merci Dhareef. Ou à défaut de récupérer l’objet, elle souhaitait être dédommagée en richesses équivalentes.

L’émissaire semblait persuadée qu’Ondanera était responsable, je ne sais pas comment, si c’est encore une histoire de pieuvre mystique capable de voir l’avenir, je vais péter un câble, je le sens. Toujours est-i-il qu’une dignitaire viendrait réclamer le dû d’ici trois lunes, une vice-reine nommée Latifa je crois, et que si le dû n’était pas payé sous une forme pécuniaire ou par la restitution de l’objet, ça serait la guerre qui attendrait Ondanera. J’ai envoyé un message au magnifique pour le « prévenir » et voir s’il a éventuellement des conseils pour nous.

Enfin de retour en ville, on transmet à un Nep-ra curieux une demande d’audience avec la Nomarque, ça ne presse pas mais il faudrait que ça soit fait avant son départ. Après une petite heure de repos, s’ensuit un conseil de la cité. Dhareef nous a répondu tout d’abord et sa réponse était … magique et peu discrète … Comme souvent avec lui. Rien de très intéressant en dehors du fait que cette Latia est à priori une sorte de sphinx qui se ferait révérer comme une reine, et que ses servants seraient hautement corruptibles. Bon à savoir ça. J’en ai profité pour transmettre à Dhareef que je passerais bien le voir dans un avenir proche, il m’a invité à venir avec une ou deux énigmes sous le coude pour lui.

Le reste du conseil se passe sans problèmes. On fait le détail de ce que nous avons fait et de ce qui s’est passé. Nico continue à être une grande source d’amusement pour tout le monde. Balqis est en train de finir la préparation du banquet d’accueil pour la délégation du Califat qui arrive bientôt, elle va réfléchir à la façon d’accueillir cette vice-reine à demi-chat par autre chose qu’un bol de lait disproportionné je suppose. On a reçu un message, une femme nehekarie, on est sensé la connaître mais je ne vois absolument pas de qui il s’agit, aurait rassemblé un groupe de réfugiés important pendant ses voyages et souhaiterait s’établir quelque part, potentiellement à Ondanera même, mais aussi disait-elle être prête à fonder une nouvelle communauté sous la gouvernance d’Ondanera. Une proposition intéressante à garder en tête.

25/09/818

La délégation du Califat est arrivée aujourd’hui et semble composé de plusieurs notables, un homme à cheval, potentiellement un militaire, qui semble diriger, il est accompagné d’une femme portant les atours d’Hadur, probablement une prêtresse, ainsi qu’un homme silencieux ne sortant pas de son palanquin. On laisse Parwaaze faire son travail de secrétaire-en-chef porte-parole du Concile pour accueillir la délégation.

Ils sont moins nombreux que ceux du Sultanat, mais il y a l’air d’y avoir une certaine rivalité entre eux. Le chef se présente comme Laysham Shunar qui parle au nom du Wali de Riyad, et il vient voir la ville dont on lui a tant vanté les mérites. Qui a vanté nos mérites ? Saaja m’aurait-elle fait mentir ?

Nous enchaînons rapidement avec le banquet d’accueil. Pas mal de mondanités. Quelque chose semble avoir particulièrement déplu à la prêtresse, je ne sais pas trop quoi. Une fois la soirée bien entamée, Shunar commence à nous énumérer les désirs du Califat et ce qu’il est prêt à offrir en retour. Il faudra faire construire un temple en l’honneur de leur divinité tutélaire, Hadur, ainsi qu’un quartier destiné aux ressortissants du Califat. Des routes devront être bâties entre Riyad et Ondanera, mais les détails de la discussion des frontières et des modalités devront être discuté à la table des négociations avec le Sultanat.

Enfin, en guise de « cadeau » de la part du Wali, un de leurs sages les plus éminents accompagne la délégation pour tester le sang des notables de la ville, afin de savoir si l’un d’entre nous à une infime portion de sang divin. On interrompt le banquet pour laisser place à la cérémonie du mystique. Très intéressant, ritualisé, et empreint de mystères, à base de sang et d’espèces de cendres, j’ai essayé de retenir les paroles du sage sans succès, je devrais bidouiller un truc si je veux reproduire cette cérémonie pour des crédules, mais c’est toujours intéressant d’assister à ce genre de rite. Quand au résultat du rite en lui-même, je ne peux pas m’empêcher d’être déçu. Bien sûr, c’est ridicule de penser que ce genre de choses aurait pu m’arriver, mais bon … Bref, ce genre de sentiments est idiot et préjudiciable, il faudra que je fasse attention à l’avenir, normalement c’est moi qui fais miroiter ce genre de lien spirituel imaginaire aux imbéciles, pas l’inverse. Le banquet s’est terminé sans problèmes.

26/09/818

Au lendemain, nous avons réuni le Concile d’Ondanera au complet, ainsi que les délégations du Sultanat et du Califat, afin d’entamer les négociations. Les tractations se sont, ma foi, bien passées dans l’ensemble.

Les deux puissances ont des prétentions et des demandes assez énormes mais semblent toutefois suffisamment raisonnables pour lâcher du leste quand c’est nécessaire.

Le Califat tout d’abord, en plus de l’édification de la route, du temple et du quartier qui va avec, souhaite la mise en place d’une colonie sur la route qui servira d’étape sur le trajet. Les revendications frontalières du Califat ne s’étendent pas au-delà de la grande chaîne de montagne à l’est, et le Wali est prêt à prendre à sa charge la construction de la route dans la partie revendiquée par le Califat. Nous avons décidé d’envoyer les courageux colons qui se sont proposés pour fonder la colonie demandée. Je trouverai intéressant de leur laisser un minimum d’autonomie, afin d’encourager des initiatives similaires dans l’avenir, j’y adjoindrait également un de mes acolytes en qualité de conseiller afin de garder un œil sur ce qui s’y passe. Ça servira également de motivation aux autres s’ils voient qu’ils peuvent obtenir des postes à responsabilités en s’illustrant à mes yeux.

Le Sultanat de son côté s’est très généreusement proposé de contribuer lui aussi à la création de la route qui devra lier Ondanera à Bahariya … Mais vu que la route passera par voie fluviale, cet investissement sera reporté sur la construction d’un fort situé à la confluence entre deux fleuves importants plus à l’ouest. Le fort doit officiellement protéger le lien commercial, mais son but officieux est surtout de nous engager dans leurs conflits avec le Despotat en ouvrant un front supplémentaire situé à l’est de leurs frontières. Le Sultanat n’a pas de revendication frontalière dont il nous a fait part, vu l’état de la guerre, ça se comprend. Ils ont également émis le souhait de nous voir ouvrir et administrer une enclave dans leurs frontières. J’ai profité d’un moment d’absence mentale de cette chère Khatesh pour arracher un positionnement que je pense un peu plus avantageux pour cette enclave.

S’en est suivie un léger débat sur quels projets commencer en premier, les deux puissances souhaitant passer avant l’autre. Nous avons donc décidé de suivre le vieil adage de mon père qui disait qu’un bon accord est un accord qui déplait à toutes les parties. Nous mènerons donc les deux projets de front. Et là-dessus, nous ajournions les négociations.

[Insérer ici une carte annotée de la zone avec les revendications et projets]

Peu après nous avons croisé Saaja parmi la délégation du Califat. Elle a effectivement été quémander de l’aide pour nous auprès du Wali, et il semble qu’elle en garde un assez mauvais souvenir. Il faudra songer à lui parler de tout ça quand les choses se seront calmées ici. Toujours est-il que je suis content de la revoir, son regard calculateur et sa moue narquoise m’ont un peu manqué je l’avoue. Nous l’avons recommandée pour le poste d’Archonte des Sceaux, un poste que j’en suis sûr lui plaira davantage que celui d’experte en poissons du précédent régime.

En parlant de poissons, il semblerait que des caravanes passant auprès des fleuves et rivières aient été plusieurs fois attaquées. La méthode ressemble aux sirènes.
Nous allons allez voir de quoi il est encore question exactement avec ce fichu Ranisat.


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Hadrios



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MessageSujet: Re: Le journal d'expédition   Le journal d'expédition I_icon_minitimeMer 10 Avr - 19:30

"Hé ! C'est mes reliques !"

par Roderich Trödelmaus, Archonte de la Dîme

26/09/818

Nous avons décidé de la marche à suivre pour la première étape de la construction des routes.

Vers le sultanat, à l'ouest, nous enverrons un de nos navires pour remonter la rivière jusqu'à l’embranchement où nous voulons construire le fort.
Cette expédition sera dirigée par le capitaine Demitrios. Elle comportera une cinquantaine de personnes.

Vers le califat, au sud-est, nous envoyons un des lieutenants de Meneo accompagnés d'une quinzaine d'hommes d"armes et une cinquantaine de civils. Ils vont rejoindre Tu-Teh-Nateb et cartographier les régions qu'ils traverseront.

Nico nous informe qu'il souhaiterait envoyer 2 de ses suivants avec chacune des expéditions, pour assurer la documentation et l'observation de la nature. J’espère des découvertes intéressantes de la part de ces gens...

Saaja nous informe de la progression de la mise en place d'une salle pour stocker les objets magiques et du recrutement de personnes pour la servir. Je ne vois pas pourquoi on devrait les sortir de la mine alors que c'est clairement l'endroit le plus sécurisé de toute la ville. Je sais que je suis le seul du conseil à ne pas faire confiance à Saaja, mais ça reste une dépense d'argent et de surface ridicule quand elle pourrait tout à fait s'aménager un bureau dans la mine !

Après ces inanités, l'attention du conseil est reportée sur la lampe que nous avions trouvé dans la crypte.
Après ouverture, il en sort de la fumée qui se transforme en une sorte de génie, tel que décrit dans certains contes écrits par le fameux auteur rumani Hezar Afsan. Il se présente comme étant Jodam le Bienveillant. Il nous annonce qu'il résidait dans la tombe depuis un voire 2 siècles, il se rappelle de l'homme qui le portait quand nous l'avons nous même trouvé.

Lui et ses frères (pas forcément de lien familiaux ?) dirigeaient un certain nombres de cités prospères dans les régions environnantes. L'un d'entre eux, Jesou l'Accompli, avait succombé et Jodam et les siens s'allièrent pour le vaincre. Ils tentèrent d'accomplir un rituel pour l'enfermer et réussirent, mais furent dupés et tous enfermés à leur tour, dans des lampes. Le nom d'accompli nous rappelle Hassessi et Jodam nous confie qu'il s'agissait d'un des siens, qui dirigeait la cité de l'éclairé, Kessalla, mais était loin de sa propre cité, Vanos, qui était en bord de mer et de montagne à la fois.

Nous abordons la question de Latia, qui était ancienne quand il était jeune. Elle aurait chaviré vers le mal après leurs emprisonnement. Il n'avait pas trop de contact avec. Darif le Magnifique était également ancien, il serait plus puissant que les rois djinns (le nom du petit groupe de Jodam) et potentiellement responsable de leur condition ampoulière... Peut être serait il interéssé par l'acquisition d'une de ses lampes ?

Evidemment, l'autre voleuse ne peut pas retenir ses mains de la lampe bien longtemps, avec l'aval des autres pour retourner l'écharde sous l'ongle. Je lui prie de bien vouloir noter autant que possible sur les informations qu'il voudra bien donner, elle compte discuter avec lui. J'espère qu'elle ne prendra pas mon opposition trop à coeur et nous apportera de vastes connaissances sur une époque trop peu connue.

Un des mes braves assistants m'accoste et m'informe qu'un groupe de campeur avait était attaqué par des sirènes alors qu'ils bivouaquaient au bord de l'eau. Leurs vivres ont été dérobés, leurs chariots emportés par les eaux et une pluie hautement localisée s'est abattue sur leur campement, laissant supposer qu'il ne s'agissait pas d'un phénomène météorologique naturel. Plusieurs camps seraient concernés par ces attaques.

29/09/818

Nous nous rendons au bord de notre lac por tenter de communiquer avec les sirènes. La sirène bleue de l'autre fois est présente et Parwaaze joue de la cythare pour attier son attention, avec succès. La sirène se joint à elle en chantant des chansons incroyablement sinistres. Nous discutons ensuite avec, et Nico leur offre de la nourriture qu'elle semble beaucoup apprécier. Elle dit s'appeler Leyli, et que notre présence semble les déranger. Elle nous rappelle également que nous devions enquêter sur la grande pile au centre du lac, comme elle serait envahit d'étranges hommes poissons (qui n'auraient supposément rien à voir avec des sirènes).

02/10/818

Nous rentrons ensuite à Ondanera pour nous préparer à aller sur l'île en question. L'erefin, Venza, nous dit qu'il pense que les siens seraient sur l'île, ou proche de cette île.
J'en profite pour apposer un verrou magique sur la mine, ayant récupéré les matériaux nécessaires récemment. Seuls moi et mes 3 acolytes supérieurs pourront ouvrir la porte, permettant une meilleure surveillance de nos ressources et me permettant de savoir exactement quand Saaja compte venir se servir dans nos réserves magiques.
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